Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

blog de glace

Le blog de GNGL, 30 ans d'aventure polaires

03fév. 2012

Une bouteille à la mer

Mars 1992, cela fait un peu plus d’un an que le régime soviétique s’est effondré ; un matin au courrier je reçois une lettre manuscrite en provenance de Magadan : « notre institut ornithologique ne reçoit plus aucun paiement du gouvernement, pour continuer à financer nos recherches, nous sommes prêts à accueillir des touristes… aidez-nous, vous ne le regretterez pas !… »
Et effectivement nous ne l’avons pas regretté : deux semaines plus tard, nous prenions l’avion pour Magadan, dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à cette fameuse lettre…
Premier choc, l’embarquement pour Magadan (il faut préciser qu’à l’époque, pratiquement aucun Occidental ne pouvait y aller librement ; si le système soviétique s’est effondré, les habitudes, elles, sont bien ancrées) ; à Moscou, nous nous retrouvons seuls Occidentaux, dans un aéroport sans indications, où tout paraît secret. Sur le tarmac, nous errons parmi une bonne centaine d’Antonov et d’Iliouchine alignés « au cordeau » sur quatre rangées, avant de retrouver notre avion. Durant les onze heures de vol qui s’ensuivent, le personnel de bord ne distribue qu’une petite tasse de thé, les Russes, eux, prennent l’avion comme nous le train dans les années 1950, déballant de grosses valises leur victuailles… nous, en bons habitués des vols occidentaux nous n’avons rien prévu, mais notre voisin de siège sort de son sac une grosse miche de pain et un énorme bocal de caviar rouge…

Après ces deux semaines de repérage, l’été suivant nous serons les premiers Occidentaux (et probablement toujours les seuls à l’heure actuelle), à descendre la Kolyma en kayak sur près de 1500km. Ce fleuve fut rendu célèbre par ses goulags, situés tout au long de son parcours qui traverse la Sibérie extrême-orientale pratiquement depuis la mer d’Okhost, au sud jusqu’à l’océan Arctique. Très peu de gens sur ce parcours, mais lorsque nous en rencontrons, quelles rencontres inoubliables et incroyables !!!

- Ainsi cette mamie, ancienne apparatchik du parti, qui visiblement est venue se perdre ici pour se faire oublier, débarquant un soir dans notre camp, un fusil en bandoulière et l’autre sous le bras, une bouteille de vodka dans chacune des deux poches de son pantalon, et dans la main, un énorme bout de lard gras…- qu’ils étaient bons, ce lard et cette vodka…- vingt ans plus tard, lorsque nous revoyons des participants, ils nous en reparlent encore !

- Ainsi ces militaires-pompiers, chargés de surveiller les éventuels feux de forêt, que nous croisons au détour d’un méandre et qui nous embarquent pour un tour d’hélico où, pour nous faire comprendre comment se conduit un hélico, n’hésitent pas à mettre, en plein vol, l’un d’entre nous aux commandes…

- Ainsi cette falaise, en plein dégel du permafrost, regorgeant d’ossements de mammouths où il n’y a même pas à se baisser pour les ramasser…, seul le poids et l’encombrement nous empêchent de nous charger !

- Ainsi la découverte de ce goulag, où tout semblait figé, comme s’il avait été abandonné juste avant notre arrivée, que d’émotions en arpentant le camp !

- Ainsi cette proposition d’aller pêcher le saumon, où en bons Occidentaux, nous nous pointons avec nos « petits lancers » et où, arrivés au bord de la rivière qui fait bien dix mètres de large, nous découvrons que les saumons qui remontent sont tellement nombreux que l’on pourrait traverser à pieds secs la rivière en leur marchant dessus !

Que de souvenirs de ce « far east », probablement comparable au far west dans les années 1920 !

Avec l’Institut de Magadan, nous ferons d’autres voyages à peine croyables…

Le printemps suivant, nous affrétons un Antonov 74 au départ de Moscou ; un biréacteur d’une trentaine de places rien que pour nous, pour aller dans la région de Chersky, sur le delta de la Kolyma. Là, nous restons deux semaines dans un camp tchoutche, partageant le mode de vie des autochtones, nous déplaçant avec le troupeau. Comme eux, nous mangeons toutes les trois heures du renne rien que du renne, à toutes les sauces, rien d’autre ; un jour pourtant, une des participante se réjouit : « regarde ces grosses nouilles farcies aux épinards, tu vois bien qu’ils ont autre chose que du renne ! » mais les nouilles aux épinards sont en fait des intestins de renne avec encore le lichen dans les boyaux !

Retour à la news letter

03fév. 2012

Rencontre extraordinaire

1989 : Voilà plus d’un mois que nous crapahutons dans la région de Pond Inlet tout au nord de la Terre de Baffin ; plus qu’un groupe et ça sera le retour vers l’Europe. Problème : ce groupe souhaite voir de la glace, beaucoup de glace, ils voulaient monter très nord pour être sur que « ça sera vraiment polaire… » or, de la glace, en cette fin août, Pond en est complètement dépourvu, pas le moindre glaçon, pour un peu on se croirait en Bretagne ! Nous décidons de redescendre plus au sud, dans la région de Broughton Island (à l’époque cette communauté n’a pas encore repris son nom ancestral, Qiqitarjuak), où la configuration de la côte fait une poche retenant toujours la glace.

En fait de la glace à Broughton il y en a encore beaucoup trop, pas question de sortir la moindre embarcation, mais le wildlife officer est optimiste : « maybe tomorrow ! En attendant vous pouvez visiter Ataata (mon père) il a un bateau ». C’est ainsi qu’ont commencé quinze années d’une collaboration sans faille. Pauloosie ce petit homme râblé au visage toujours souriant père de onze enfants, chasseur, sculpteur, pasteur, conteur, a su tout de suite nous faire découvrir sa culture et nous transmettre la passion qu’il avait pour son pays.

Il est né dans un igloo dans les années 1930, a tué son premier ours avant l’âge de quinze ans, a connu l’arrivée des premiers Qallunaq en avion, a vécu la délocalisation forcée dans les années 1950 et vit maintenant dans une maison avec tout le confort. Avec lui ce sont des centaines de personnes qui découvrirent sa culture et son pays, avec lui nous avons fait les 400 coups, l’hiver en traîneau : renouant avec le passé nous fûmes les premiers Qallunaq à rallier les communautés voisines (distantes de 250 et 500 km !) ; l’été en cabotage, découvrant les ours et les baleines. Invité une année en France, c’est avec kamiks et anorak inuit, qu’il débarqua à Roissy. Pauloosie nous a quitté en 2004, emportant avec lui toute une partie de sa culture.

Retour à la newsletter

02fév. 2012

30 ans d’aventures polaires

1982 : Prenez beaucoup de rigueur, une bonne dose d’inconscience, deux doigts d’insouciance et plein d’originalité… mélangez le tout au froid, voilà Grand Nord

« Tu devrais aller faire un tour au Groenland, dans le sud c’est vachement bien pour la rando, et puis c’est libre, aucune contrainte, pas de serpents, pas d’orages, et personne pour te dire là où tu ne dois pas mettre les pieds ! »

C’est un collègue de boulot, qui, connaissant notre aversion pour la foudre et les serpents, nous met le pied à l’étrier. Anciens fanas de spéléologie, mais n’y trouvant plus notre compte, nous cherchions une activité nouvelle. La petite annonce, dans le magasin de sport où nous bossions fait le reste : trois mois plus tard, nous étions à la tête d’une dizaine de gaillards et gaillardes, prêts à en découdre avec le Groenland ; l’association Grand Nord était née !

Grand Nord Grand large viendra tout naturellement trois ans plus tard, lorsque nous commencerons à proposer des randos en kayak en été dans les régions polaires, et dans les mers chaudes le reste de l’année.

2012 : trente ans plus tard, Grand Nord Grand Large, est devenu LA référence, en matière de voyages polaires. Cela n’est certainement pas dû au hasard ; jamais, oh grand jamais, même aux pires moments nous n’avons répondu aux sirènes de vendre du n’importe quoi à tout prix. Les GNGL qui composent notre équipe ont toujours été, et sont toujours, des gens de terrain, ayant une bonne connaissance des mondes polaires et sachant vous conseiller LE voyage, qu’il soit d’une vie ou de simples vacances.

Morceaux choisis.

26jan. 2012

Retours du Festival

Toute l’équipe du film LA VOIE DU PÔLE tient à remercier Grand Nord Grand Large pour ce festival et surtout pour ce « Glaçon d’or 2012″. Sébastien Roubinet et Rodolphe André le savent bien, on s’est vraiment tous fait peur au moment de la décision d’abandon de l’expédition qui est tombée brutalement, très tôt, trop tôt, suite à un problème technique à bord! Mais personne n’a rien lâché, ni Seb et Rod qui devaient absolument rentrer et rejoindre les côtes par leur propres moyens, sans abandonner l’idée de faire un film malgré un moral en berne, ni l’équipe film. Ni la base arrière, gérée par Anne-Lise, la compagne de Seb, ou encore Hervé Le Goff qui lui se trouvait sur Tara. A ce moment-là, dans nos échanges téléphonique et mail avec l’équipe sur la glace, j’avais parfois l’impression de parler à deux naufragés. Je leur demandais de ne rien lâcher, pendant ce temps Mike Mc Crary de 70NORTH (notre logistique à Deadhorse) s’est décarcassé pour nous obtenir des autorisations de traverser la zone BP pour les récupérer, je réorientais le film à distance, je me demandais bien si tout cela allait servir ? Avec Nicolas Zunino, le producteur du Cinquième rêve, nous avons rapidement pris la décision de me renvoyer sur le terrain  ! Il fallait des tripes pour faire ça ! En un rien de temps, branle-bas de combat, il a été décidé qu’on sortirait coûte que coûte un film, et moi, je devais aller au plus vite faire un état des lieux de ce qu’il serait possible de monter avec les images ! Et voir dans quel état on allait récupérer tout ce petit monde. Un vrai travail d’équipe, en discutant avec Nicolas, ça a été le déclic,  en plein été, quand Paris somnole écrasée de chaleur, Séverine Cappa notre directrice de prod à bouclé les vols, Audrey Michard de MFP le matériel et je suis reparti en Alaska rejoindre Vincent Berthet (avec qui je travaille depuis des années ) retrouver nos potes et voir comment récupérer le bateau, le tout avec la bénédiction des chaînes nous disant « bon vent, à vous de jouer les gars! »

Et heureusement qu’on y est allé. Cet ultime tournage a permis d’assurer le film!

Il manquait des images ici et là, on s’est fait peur, on s’est battu jusqu’en montage parfois avec Alexis Barbier-Bouvet, mais au final, le film est là et bien là! Nos partenaires, le coproducteur MFP et les chaînes Planète + Thalassa, France Télévisons Thalassa et TV5MONDE sont fiers du résultat et partagent avec nous aujourd’hui ce prix pour la toute première sortie publique de ce film !

Quant à moi, gagner deux années de suite au Festival International du Film Polaire, c’est un immense honneur!!! Merci GNGL!

Thierry Robert

25jan. 2012

Retour en images sur le Festival Internationnal du Film Polaire de Lyon

13jan. 2012

Vivre en enfer

Collection Documentaire 4 x 52’

Episode 1 : Créatures du Sel et de l’Acide
Episode 2 : Créatures du Chaud
Episode 3 : Créatures du Froid
Episode 4 : Créatures du Noir

Une collection de
Thierry Berrod

Réalisation
Episodes 2 et 3 : Vincent Amouroux

Une coproduction
Arte France
Mona Lisa Production
CNRS Images
IRD Audiovisuel

Avec la participation de
Ushuaïa TV
RTBF
Universcience.tv – La Web TV d’Universcience
IPEV
IFREMER

Avec le soutien de
Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée
Région Rhône-Alpes
PROCIREP ANGOA

Il y a encore trente ans, les scientifiques pensaient que certains lieux sur terre étaient stériles. La vie y était tout simplement impossible comme elle est absente des autres planètes.

Pourtant, certaines créatures sont parfaitement adaptées à des conditions de « vie » mortelles pour l’immense majorité des autres organismes. Les scientifiques les ont baptisés « extrêmophiles », qui aiment les conditions extrêmes. On les retrouve principalement dans les endroits les plus inhabitables de la planète :

- les grands lacs salés et les rivières acides : Lac Rose au Sénégal, marais salants en France, Lac Natron en Tanzanie, Lacs Mono et Owens aux Etats-Unis et rivière acide en Espagne
– les sources d’eau chaude : lac bouillonnant en Nouvelle-Zélande, parc Yellowstone aux Etats-Unis, ou fosse abyssale (Océans Pacifique et Atlantique)
- les glaciers et océans de l’Arctique et de l’Antarctique : moulins du Groenland, glaciers et fonds marins
- les grottes coupées du monde : Movilé en Roumanie, Postojna en Slovénie, Villa Luz au Mexique

Pour comprendre les secrets de l’évolution, les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des environnements aussi hostiles et dangereux pour nous.
Cette collection permet de suivre différents groupes de chercheurs à travers le monde, au cœurs des expéditions les plus extrêmes.

Cette série documentaire est un choc visuel, mélangeant de très nombreuses prises de vue aériennes Cineflex aux dernières technologies de prise de vue en microscopie optique et électronique.

Peu d’endroits sur terre bénéficient en effet de l’étrangeté, de la beauté et de la variété des paysages comme ceux où vivent les extrêmophiles.
La bizarrerie des couleurs, des formes et des comportements de ces micro-organismes en font également un univers particulièrement visuel au microscope ou en prise de vue aérienne.

Un zoom continu de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

CREATURES DU FROID
Épisode 3
Synopsis

Dans les environnements froids, les micro-organismes sont les rois. Ils sont à la base d’écosystèmes fragiles menacés par le réchauffement climatique.
Les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des milieux aussi instables et éphémères que sont la neige ou la glace.

Au Spitzberg, les plantes ont des poils et poussent en coussinets pour lutter contre le froid. Dans l’eau glacée des lacs d’altitude, des crustacés comme les daphnies pullulent et pondent des œufs hyper-résistants qui n’écloront que lorsque les conditions seront redevenues meilleures.
Sur le front du glacier, la température peut descendre à -30 degrés, pourtant on trouve des collemboles capables de sécréter un antigel.

L’Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland, est un des endroits les plus hostiles de la planète. La vie a trouvé refuge dans des trous à poussière. Ils peuvent geler ou s’évaporer à tout moment de la journée. Des conditions qui n’effraient pas le tardigrade, le superchampion de la résistance au froid. Il est capable d’entrer en état de cryptobiose, c’est-à-dire qu’il peut expulser quasiment toute l’eau de son corps et quasiment arrêter son métabolisme.

En Antarctique, les micro-algues poussent même sous la banquise. Avec le plancton, c’est un menu de choix pour le Krill. Cette petite crevette qui ne craint pas l’eau glacée est la clef de toute la chaîne alimentaire antarctique. C’est une ressource énergétique colossale pour les prédateurs des eaux australes, du manchot à la baleine en passant par le poisson des glaces.

Le poisson des glaces est un véritable extrêmophile. Son sang est devenu transparent et l’oxygène est directement filtré par ses énormes branchies. Il produit aussi des protéines qui jouent le rôle d’antigel.

Tous ces organismes et ces écosystèmes sont fragiles, on sait aujourd’hui qu’un degré d’élévation de la température moyenne sur l’ensemble de la planète correspond à une augmentation de 2 degrés au niveau des pôles. Les organismes adaptés au froid seront certainement les premiers sur la planète à subir lourdement les effets des variations climatiques actuelles.

DES IMAGES SPECTACULAIRES
Une première scientifique et technique

Des nouvelles technologies photographiques et cinématographiques

Les créatures des extrêmes ont rarement été filmées ou photographiées vivantes à de très forts grossissements. En fait, ces organismes sont très fragiles en dehors de leurs environnements habituels. D’autres perdent leurs couleurs naturelles dès qu’on les change d’habitat, comme certaines algues, rouges sang dans la glace du Groenland. Il a donc fallu amener les loupes binoculaires et les microscopes dans les lieux mêmes où les extrêmophiles vivent.
Nos microscopes ont ainsi été installés sur les glaces de l’Arctique, le sable de la vallée de la mort en Californie, ou encore à l’entrée des grottes toxiques de Movilé en Roumanie et de Villa Luz au Mexique.

D’autre part, ces organismes ont été également filmés, certains pour la première fois en microscopie électronique ou au micro-scanner. Ces techniques nous permettent d’approcher des détails insoupçonnés, de faire des gros plans sur certains organes ou certaines parties du corps de façon totalement inédite. L’objectif de ces images uniques est de montrer les secrets, les particularités anatomiques, et d’expliquer leurs formidables capacités d’adaptation tout en sublimant leur beauté plastique.

Mais le microscope électronique confirme aussi que certains organes ont totalement disparu, comme les yeux de la nèpe de Movilé.

Pour obtenir ces extraordinaires agrandissements avec une netteté sur tous les différents plans, la microscopie électronique à balayage utilise les électrons au même titre que la microscopie optique utilise les photons pour former une image. La différence est que les électrons sont si petits qu’ils peuvent atteindre les moindres reliefs et donc révéler les détails, là où les particules de lumière auraient du mal à accéder. Les images obtenues sont en noir et blanc, puis elles sont colorisées à l’ordinateur.

Un procédé breveté

Bien que la photographie au microscope électronique existe depuis de nombreuses années, il a fallu attendre 1998 pour voir le premier film avec des insectes et des acariens vivants, réalisé avec le brevet déposé par Thierry Berrod et Mona Lisa Production, grâce à une nouvelle génération de microscopes électroniques environnementaux développés par FEI. Mona Lisa Production est régulièrement consultée par la BBC, National Geographic, car elle est la seule société à maîtriser ces techniques qu’elle continue de perfectionner au fil des années.

Pour la première fois un micro-scanner à été utilisé sur des créatures de l’extrême afin de les montrer en transparence.
Cette innovation a permis de voir un monde inédit.

Les entrailles des créatures de l’Extrême visibles avec le Micro-Scanner

Une question reste en suspens : quelles sont les adaptations de certains de ses animaux pour vivre dans ces Enfers ?

La réponse est cachée sous leur peau ou sous leur cuticule…
Seule la technique du micro-scanner nous permet de voir le foie démesuré du protée qui transforme la nourriture en super carburant.
De même lorsqu’on observe un poisson des glaces pris dans la glace, on s’aperçoit que ses entrailles sont indemnes contrairement aux viscères d’un poisson normal qui sont transpercées par des cristaux.

Ces techniques sont donc non seulement intéressantes par leur esthétique souvent étonnantes mais aussi par l’avancée scientifique évidente de leur lecture.

DES CONDITIONS DE TOURNAGE EXTRÊMES

Si les Extrêmophiles sont parfaitement adaptés aux conditions les plus extrêmes de la planète, nos organismes et nos matériels de tournage ne le sont pas.

Lors de ces 2 ans et demi de tournage, nous avons affronté des températures avoisinant plus 50°C et moins 25°C. Certaines expéditions ont nécessité de transporter 1,4 Tonne de matériel pour pouvoir vivre et dormir plusieurs semaines de façon autonome isolé au milieu des glaces du Groenland…

Certains d’entre nous ont perdu 8 kilos par tournage, d’autres ont dû attendre les rares rotations bateau pendant plusieurs semaines ou décaler leur retour à cause d’une tempête de neige interdisant l’héliportage.

13jan. 2012

3 questions à frédéric jouve, caméraman et réalisateur du film « L’ALLÉE DES GLACES »,

Pour ce film « L’ALLÉE DES GLACES », comment est venue cette idée ?
Réponse :  » Il s’agit avant tout d’une rencontre avec Olivier Pitras que j’avais invité lors d’une émission de radio sur RTL sur laquelle j’officiais en tant que Directeur des Programmes. Une amitié est née entre passionnés de la mer et de la navigation. Quelques mois plus tard Olivier me demande si je suis libre pour l’aider à convoyer Southern Star, son bateau, à Tromso depuis le Spitzberg. Etant moi même skipper, Olivier m’offre un poste de chef de quart à son bord et me permet de découvrir l’archipel du Svalbard avant de rentrer en Norvège continentale. A partir de ce moment là, je ne le sais pas encore mais la passion du Grand Nord vient de naitre.

A bord Olivier évoque son envie de découvrir le Scoresbysund au Groenland. Quelques mois plus tard, nous nous retrouvons avec Olivier à Paris et nous reprenons notre discussion concernant le Scoresbysund et nous tombons d’accord pour finalement tenter quelque chose de plus osé pour un voilier : explorer les côtes les plus au Nord possible. Va t-on réussir à traverser les mâchoires des banquises dérivantes ? C’est tout l’enjeu du film.

Banco ! me dit Olivier et il se met à la recherche des équipiers capables de nous suivre dans cette formidable aventure humaine. Ce film est une véritable histoire où le public embarque avec nous à bord du voilier polaire Southern Star lui permettant de vivre notre expédition en temps réel comme s’il faisait partie de l’équipage. C’est un documentaire filmé en totale immersion.

Vous êtes satisfait du résultat ?
Réponse : Plus que satisfait ! L’ALLÉE DES GLACES nous embarque immédiatement dans son histoire, que vous soyez marin ou terrien, grand voyageur ou urbain, c’est un documentaire fait pour toutes et tous. Vous aurez l’occasion de voir des images rarissimes comme le Keiser Franz Joseph Fjord qui est le point le plus Nord que nous ayons pu atteindre compte tenu de la quantité de glace présente ou encore un ours polaire perché sur une baleine en plein festin mais aussi des morses, des phoques et des paysages époustouflants de montagnes vieilles de plus de 400 millions d’années aux couleurs incroyables, des baleines à bosses comme si vous pouviez les toucher, des Icebergs de la taille d’immeubles, la traversée de trois ceintures de glaces et l’arrivée d’une tempête qui a fait des ravages aux Etats-Unis auparavant et qui nous frappera en pleine nuit …

Avez vous des anecdotes marquantes lors du déroulement de l’expédition ?
Réponse : Oui bien sûr, naviguer dans une région où peu de gens vont, mal hydrographiée, avec beaucoup de glace, particulièrement cette année, laisse une grande part aux impondérables. Nous avons dû par exemple longer la banquise sur 180 kilomètres supplémentaires pour accéder à la côte par rapport aux cartes disponibles. Ce n’est pas rien, imaginez une sortie d’autoroute prévue à Lyon et finalement il faut pousser jusqu’à Avignon, ça change les plans !

Une autre anecdote ou imprévu c’est quand il a fallu dégager du fjord Scoresbysund au plus vite alors qu’il semblait à priori pouvoir nous offrir un abri sûr. En fait la glace en a décidé autrement, elle descendait quatre fois plus vite que d’habitude et menacait de fermer le fjord pour l’hiver. Nous avons dû à la hâte nous préparer à retourner en Norvège avant la date et surtout en nous jetant dans du mauvais temps, pas d’autre choix.

Nous avons aussi adoré notre rencontre avec les enfants et les habitants du village le plus isolé du Groenland à Ittoqqortoormiit ainsi que notre face à face avec un Ours polaire lors de la traversée d’une banquise dérivante…

11jan. 2012

Thierry Robert réalisateur

44 ans, marié, deux enfants. Thierry Robert est un réalisateur qui possède une grande connaissance de tous les terrains d’aventure à travers le monde. Profondément humaniste, il s’engage depuis des années aux côtés d’expéditions : Pôle Nord magnétique en 1997 avec Arnaud Tortel. Puis il signe avec lui le film « La Grande Traversée » (Gédéon Programmes) en 2000 qui remporte 7 Prix internationaux.


Il travaille pour les principales maisons de productions documentaires françaises, principalement avec France Télévisions et chaînes TV internationales. Il réalise le film « Voyage Au Tibet Interdit » (Bonne Pioche) Grand Prix du festival de Montréal en 2004. Puis c’est « L’Odyssée Climatique du Southern Star » une grande enquête de terrain multi primée à travers 4 films 52 min, tournés sur 1 an avec le navigateur Olivier Pitras. On le retrouve sur la série « Carnets de plongée » ou encore « Rendez-vous en Terre Inconnue » au Niger avec Pierre Palmade.
Dernièrement il retrouve le monde de l’aventure avec son film « On a marché sous le Pôle » (Docside, France Télévision, National Geographic) qui récolte 11 prix, dont 7 Grand prix !
Des films engagés aussi. Il tourne dans « Tibet, le mensonge Chinois » pour Bernard Debord et Cinétévé, avec le Dalaï Lama. Mais aussi des oeuvres comme : « Cayar, face au défi de l’océan », un film sur le développement durable en Afrique de l’Ouest, en co-réalisation avec Alé Seck et « Oyapock, le fleuve partagé », sorte de voyage télévisuel sur les populations qui peuplent les berges de ce fleuve en pleine Amazonie. Dans un autre registre, il met en scène le film « K.O Debout » avec Têtes Raides ou encore « Quitter la route » long-métrage sur la tournée en Inde du groupe de rock français Matmatah et le choc culturel auquel les musiciens sont confrontés (Universal). Plus récemment, il signe « Ouaga Paradiso », un documentaire percutant dans le milieu du cinéma au Burkina Faso.
Un film sur le souffle et la rage qui animent ces cinéastes africains pour aller au bout de leurs rêves!
J’ai rencontré Arnaud Tortel lors de sa première expédition en solitaire au Pôle Nord Magnétique en 1997. Avec lui, j’ai fait mes premières armes en milieu polaire par –40°c aux alentours de la mythique Resolute Bay (Nunavut), à l’époque encore dans les Northwest Territories. Quand Arnaud est reparti en 2000 avec Rodolphe André pour la traversée complète de la calotte glaciaire de Sibérie jusqu’au Canada en autonomie complète, il m’a tout naturellement proposé de réaliser « La Grande Traversée » ! C’est « Le film »  qui a lancé ma carrière de réalisateur « polaire » avec le succès qu’il a connu en festivals, 7 Grand Prix dans les plus grands festivals internationaux, dont New York.
C’est drôle, car l’histoire de ce film me poursuit encore aujourd’hui, plus de 10 ans après. Il y a 4 ou 5 ans, Arnaud et moi étions invités à une soirée organisée à Paris par un des producteurs avec qui nous travaillons beaucoup, Gédéon Programmes. Laurent Chalet  vient discuter avec nous ! On lui parle de son tournage en Antarctique et de ses images somptueuses et lui nous lâche :  « Un de mes films polaires préférés, c’est celui avec ces 2 gars qui traversent la calotte… Les ours qui les attaquent, leurs femmes, l’accident d’un des deux… »


Pas possible, il se fiche de nous ! Arnaud Tortel et moi nous regardons en souriant, comprenant au bout d’un moment qu’il ne se moquait pas du tout ! Il avait vu le film à la télé et n’avait pas reconnu Arnaud sans sa barbe englacée, quant à moi… Comment pouvait-il savoir qui nous étions ! Oui, cette aventure nous a profondément marqué. Aujourd’hui encore, Arnaud et moi échafaudons régulièrement de nouveaux plans pour repartir dans l’Arctique ! C’est comme cela que nous étions au Spitzberg en avril dernier pour y tourner des images de nuit lors de ses entraînements pour sa prochaine tentative en Arctique.
Olivier Pitras, le navigateur polaire, qu’on ne présente plus, est lui aussi venu me trouver en 2008 alors qu’il lançait son expédition Around North America à la voile. Nous en avons tiré 4 films de 52 min, une grande enquête de terrain sur le climat L’Odyssée Climatique du Southern Star primée aussi à de nombreuses reprises. 2 de ces films ont lieus en intégralité dans la zone polaire, Islande, Groenland, puis passage du Nord-Ouest.


Suis-je devenu un « spécialiste » du film polaire ? Ghislain Bardout est venu me trouver en 2009, et il m’a immédiatement parlé de La Grande Traversée, la référence ! Ce qui m’a  amené à réaliser « On a Marché Sous le Pôle », avec le succès qu’on lui connaît, 11 Grands Prix de par le monde. Le film vient de partir en tournée en salle dans 30 pays y compris USA, Canada dans le fameux Banff World Tour.
C’est comme ça aussi que Rodolphe André, (co-équipier d’Arnaud lors de La Grande Traversée) avec qui je suis aussi resté très ami, m’a demandé de travailler sur la nouvelle expédition de Sébastien Roubinet « La Voie du pôle » à laquelle il participait cet été sur le catamaran char à glace Ti’babouche. Tentative de traversée de l’océan Arctique à la voile d’Alaska jusqu’au Spitzberg, via le pôle. Un périple de 3000 kms. Ce film dont le montage est pratiquement terminé, remporte déjà un franc succès auprès des responsables de chaînes de télévisions partenaires. Alors la voie du pôle, la seule voie possible ?

 

11jan. 2012

Ne vous fiez Jamais totalement aux critiques de cinéma

L’histoire est simple, tragique.
Quelques semaines avant la sortie en salle de Kabloonak, en 1994, est paru sur tous les écrans de France et de Navarre, un très grand navet hollywoodien sensé représenter le monde esquimau. La critique est unanime et porte au nue ce film (qui ne mérite même pas d’être cité !)
Mais le public qui s’est rendu en masse pour voir le navet n’est pas dupe, et quand quelques semaines plus tard, parait à son tour Kabloonak, il ne se laisse pas avoir une deuxième fois, boude le film (pour qui, en plus, la critique est encore unanime: Kabloonak est descendu en flèche !)
Résultat: Kabloonak est un fiasco financier, Claude Massot, qui a investi plusieurs années de sa vie, et une grande partie de ses économies, pour réaliser ce film, est en pleine dépression; il se suicide peu de temps après.
La boite de prod disparait, le film est saisi, et devient pratiquement introuvable, au point que, lorsque nous décidons de réunir les deux films, Nanook of the North et Kabloonak, dans une projection unique au Musée de l’Homme, pour les dix ans de la disparition de Claude Massot, le vide juridique est total: impossible d’avoir des autorisations de projeter.
Nous décidons malgré tout de maintenir la projection. La veille, je retrouve grâce à internet, les enfants de Claude Massot qui seront présents à cette soirée ; le pianiste Eric Leguen, qui a été pendant des années , le pianiste attitré de la famille Mélies, est un vieil ami des années spéléo, où nous avons usé bien des combinaisons… il me propose de projeter Nanook of the Norh, comme à la « belle époque », accompagné au piano..
.La soirée est mémorable, des 250 personnes, présentes ce soir là au Musée de l’Homme, beaucoup en repartiront la « larme à l’oeil »!
Depuis la « renaissance » de Kabloonak, presque une décennie s’est encore écoulée, le « navet » est tombé dans l’oubli… Kabloonak quant à lu, à rejoint « les Noces de Palo (Knud Rasmussen, 1933), de La saga des Inuit (5 films
de Jean Malaurie, 2007) et Atanarjuat (Zacharias Kunuk, 2001) aui ensembles constituent le patrimoine des grands
films ethnographiques polaires.

Jean Luc Albouy

11jan. 2012

A propos de « under the pole » 3 mots de Thierry robert

C’est vrai que le film « On a Marché sous le Pôle » (qui a reçu 11 Prix dans les festivals Internationaux, glaçon d’Or 2011) a beaucoup été diffusé en télé et vu maintenant par la plupart d’entre vous, amoureux des films polaires, mais le voir sur grand écran, en Haute Définition, est une toute autre expérience! On est comme aspiré dans l’image, ça donne vraiment la sensation d’être embarqué dans l’expédition Deepsea Under The Pole et sous les glaces, on réalise vraiment la dimension de ces plongées! C’est quand même un autre monde, surtout lorsqu’on sait le mixage que ce film a reçu, Un mix très dynamique, digne du cinéma par Philippe Vaidie, un des cadors de France Télévisions. Et le public ne s’y trompe pas !. A voir absolument sur grand écran, même si vous croyez l’avoir déjà vu, il s’agit d’une toute autre expérience ! D’ailleurs ce n’est pas pour rien que ce film est en tournée en salle dans 30 pays (USA, Canada compris) dans le Banff World Tour, il s’y prête totalement ! »

En savoir plus sur Thierry Robert