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blog de glace

Le blog de GNGL, 30 ans d'aventure polaires

Articles de janvier, 2012

31jan. 2012

Leurs premiers pas à l’agence : Dominique Albouy, responsable des voyages en Terre Polaire

Au moment où j’ai connu l’association de mon grand frère Jean-Luc j’avais déjà fait quelques voyages : îles Ioniennes en Grèce, les Maldives, une reconnaissance en Californie mexicaine, des week-ends en France… Puis grâce à Jean-Luc j’ai découvert les voyages de Grand Nord avec notamment de très belles randonnées en Kayak dans les mers chaudes. Et puis, un jour j’ai eu un déclic et je lui ai dit : « un jour si tu as besoin de quelqu’un, je suis là ! ». Ce jour arriva ! J’étais juste enceinte de 7 mois, mais qu’à cela ne tienne, je lui réponds : « attends-moi, j’accouche et j’arrive… » Je savais que c’était pour moi une chance unique, et le 2 Juillet 1990, j’arrivais à l’agence. On était 2 et demi (le demi c’était le comptable), et le 5 juillet, Jean-Luc partait avec un groupe en Terre de Baffin pour 6 semaines.
Ce premier été fut mémorable pour moi, la grande aventure commençait !

26jan. 2012

Retours du Festival

Toute l’équipe du film LA VOIE DU PÔLE tient à remercier Grand Nord Grand Large pour ce festival et surtout pour ce « Glaçon d’or 2012″. Sébastien Roubinet et Rodolphe André le savent bien, on s’est vraiment tous fait peur au moment de la décision d’abandon de l’expédition qui est tombée brutalement, très tôt, trop tôt, suite à un problème technique à bord! Mais personne n’a rien lâché, ni Seb et Rod qui devaient absolument rentrer et rejoindre les côtes par leur propres moyens, sans abandonner l’idée de faire un film malgré un moral en berne, ni l’équipe film. Ni la base arrière, gérée par Anne-Lise, la compagne de Seb, ou encore Hervé Le Goff qui lui se trouvait sur Tara. A ce moment-là, dans nos échanges téléphonique et mail avec l’équipe sur la glace, j’avais parfois l’impression de parler à deux naufragés. Je leur demandais de ne rien lâcher, pendant ce temps Mike Mc Crary de 70NORTH (notre logistique à Deadhorse) s’est décarcassé pour nous obtenir des autorisations de traverser la zone BP pour les récupérer, je réorientais le film à distance, je me demandais bien si tout cela allait servir ? Avec Nicolas Zunino, le producteur du Cinquième rêve, nous avons rapidement pris la décision de me renvoyer sur le terrain  ! Il fallait des tripes pour faire ça ! En un rien de temps, branle-bas de combat, il a été décidé qu’on sortirait coûte que coûte un film, et moi, je devais aller au plus vite faire un état des lieux de ce qu’il serait possible de monter avec les images ! Et voir dans quel état on allait récupérer tout ce petit monde. Un vrai travail d’équipe, en discutant avec Nicolas, ça a été le déclic,  en plein été, quand Paris somnole écrasée de chaleur, Séverine Cappa notre directrice de prod à bouclé les vols, Audrey Michard de MFP le matériel et je suis reparti en Alaska rejoindre Vincent Berthet (avec qui je travaille depuis des années ) retrouver nos potes et voir comment récupérer le bateau, le tout avec la bénédiction des chaînes nous disant « bon vent, à vous de jouer les gars! »

Et heureusement qu’on y est allé. Cet ultime tournage a permis d’assurer le film!

Il manquait des images ici et là, on s’est fait peur, on s’est battu jusqu’en montage parfois avec Alexis Barbier-Bouvet, mais au final, le film est là et bien là! Nos partenaires, le coproducteur MFP et les chaînes Planète + Thalassa, France Télévisons Thalassa et TV5MONDE sont fiers du résultat et partagent avec nous aujourd’hui ce prix pour la toute première sortie publique de ce film !

Quant à moi, gagner deux années de suite au Festival International du Film Polaire, c’est un immense honneur!!! Merci GNGL!

Thierry Robert

25jan. 2012

Retour en images sur le Festival Internationnal du Film Polaire de Lyon

13jan. 2012

Vivre en enfer

Collection Documentaire 4 x 52’

Episode 1 : Créatures du Sel et de l’Acide
Episode 2 : Créatures du Chaud
Episode 3 : Créatures du Froid
Episode 4 : Créatures du Noir

Une collection de
Thierry Berrod

Réalisation
Episodes 2 et 3 : Vincent Amouroux

Une coproduction
Arte France
Mona Lisa Production
CNRS Images
IRD Audiovisuel

Avec la participation de
Ushuaïa TV
RTBF
Universcience.tv – La Web TV d’Universcience
IPEV
IFREMER

Avec le soutien de
Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée
Région Rhône-Alpes
PROCIREP ANGOA

Il y a encore trente ans, les scientifiques pensaient que certains lieux sur terre étaient stériles. La vie y était tout simplement impossible comme elle est absente des autres planètes.

Pourtant, certaines créatures sont parfaitement adaptées à des conditions de « vie » mortelles pour l’immense majorité des autres organismes. Les scientifiques les ont baptisés « extrêmophiles », qui aiment les conditions extrêmes. On les retrouve principalement dans les endroits les plus inhabitables de la planète :

- les grands lacs salés et les rivières acides : Lac Rose au Sénégal, marais salants en France, Lac Natron en Tanzanie, Lacs Mono et Owens aux Etats-Unis et rivière acide en Espagne
– les sources d’eau chaude : lac bouillonnant en Nouvelle-Zélande, parc Yellowstone aux Etats-Unis, ou fosse abyssale (Océans Pacifique et Atlantique)
- les glaciers et océans de l’Arctique et de l’Antarctique : moulins du Groenland, glaciers et fonds marins
- les grottes coupées du monde : Movilé en Roumanie, Postojna en Slovénie, Villa Luz au Mexique

Pour comprendre les secrets de l’évolution, les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des environnements aussi hostiles et dangereux pour nous.
Cette collection permet de suivre différents groupes de chercheurs à travers le monde, au cœurs des expéditions les plus extrêmes.

Cette série documentaire est un choc visuel, mélangeant de très nombreuses prises de vue aériennes Cineflex aux dernières technologies de prise de vue en microscopie optique et électronique.

Peu d’endroits sur terre bénéficient en effet de l’étrangeté, de la beauté et de la variété des paysages comme ceux où vivent les extrêmophiles.
La bizarrerie des couleurs, des formes et des comportements de ces micro-organismes en font également un univers particulièrement visuel au microscope ou en prise de vue aérienne.

Un zoom continu de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

CREATURES DU FROID
Épisode 3
Synopsis

Dans les environnements froids, les micro-organismes sont les rois. Ils sont à la base d’écosystèmes fragiles menacés par le réchauffement climatique.
Les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des milieux aussi instables et éphémères que sont la neige ou la glace.

Au Spitzberg, les plantes ont des poils et poussent en coussinets pour lutter contre le froid. Dans l’eau glacée des lacs d’altitude, des crustacés comme les daphnies pullulent et pondent des œufs hyper-résistants qui n’écloront que lorsque les conditions seront redevenues meilleures.
Sur le front du glacier, la température peut descendre à -30 degrés, pourtant on trouve des collemboles capables de sécréter un antigel.

L’Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland, est un des endroits les plus hostiles de la planète. La vie a trouvé refuge dans des trous à poussière. Ils peuvent geler ou s’évaporer à tout moment de la journée. Des conditions qui n’effraient pas le tardigrade, le superchampion de la résistance au froid. Il est capable d’entrer en état de cryptobiose, c’est-à-dire qu’il peut expulser quasiment toute l’eau de son corps et quasiment arrêter son métabolisme.

En Antarctique, les micro-algues poussent même sous la banquise. Avec le plancton, c’est un menu de choix pour le Krill. Cette petite crevette qui ne craint pas l’eau glacée est la clef de toute la chaîne alimentaire antarctique. C’est une ressource énergétique colossale pour les prédateurs des eaux australes, du manchot à la baleine en passant par le poisson des glaces.

Le poisson des glaces est un véritable extrêmophile. Son sang est devenu transparent et l’oxygène est directement filtré par ses énormes branchies. Il produit aussi des protéines qui jouent le rôle d’antigel.

Tous ces organismes et ces écosystèmes sont fragiles, on sait aujourd’hui qu’un degré d’élévation de la température moyenne sur l’ensemble de la planète correspond à une augmentation de 2 degrés au niveau des pôles. Les organismes adaptés au froid seront certainement les premiers sur la planète à subir lourdement les effets des variations climatiques actuelles.

DES IMAGES SPECTACULAIRES
Une première scientifique et technique

Des nouvelles technologies photographiques et cinématographiques

Les créatures des extrêmes ont rarement été filmées ou photographiées vivantes à de très forts grossissements. En fait, ces organismes sont très fragiles en dehors de leurs environnements habituels. D’autres perdent leurs couleurs naturelles dès qu’on les change d’habitat, comme certaines algues, rouges sang dans la glace du Groenland. Il a donc fallu amener les loupes binoculaires et les microscopes dans les lieux mêmes où les extrêmophiles vivent.
Nos microscopes ont ainsi été installés sur les glaces de l’Arctique, le sable de la vallée de la mort en Californie, ou encore à l’entrée des grottes toxiques de Movilé en Roumanie et de Villa Luz au Mexique.

D’autre part, ces organismes ont été également filmés, certains pour la première fois en microscopie électronique ou au micro-scanner. Ces techniques nous permettent d’approcher des détails insoupçonnés, de faire des gros plans sur certains organes ou certaines parties du corps de façon totalement inédite. L’objectif de ces images uniques est de montrer les secrets, les particularités anatomiques, et d’expliquer leurs formidables capacités d’adaptation tout en sublimant leur beauté plastique.

Mais le microscope électronique confirme aussi que certains organes ont totalement disparu, comme les yeux de la nèpe de Movilé.

Pour obtenir ces extraordinaires agrandissements avec une netteté sur tous les différents plans, la microscopie électronique à balayage utilise les électrons au même titre que la microscopie optique utilise les photons pour former une image. La différence est que les électrons sont si petits qu’ils peuvent atteindre les moindres reliefs et donc révéler les détails, là où les particules de lumière auraient du mal à accéder. Les images obtenues sont en noir et blanc, puis elles sont colorisées à l’ordinateur.

Un procédé breveté

Bien que la photographie au microscope électronique existe depuis de nombreuses années, il a fallu attendre 1998 pour voir le premier film avec des insectes et des acariens vivants, réalisé avec le brevet déposé par Thierry Berrod et Mona Lisa Production, grâce à une nouvelle génération de microscopes électroniques environnementaux développés par FEI. Mona Lisa Production est régulièrement consultée par la BBC, National Geographic, car elle est la seule société à maîtriser ces techniques qu’elle continue de perfectionner au fil des années.

Pour la première fois un micro-scanner à été utilisé sur des créatures de l’extrême afin de les montrer en transparence.
Cette innovation a permis de voir un monde inédit.

Les entrailles des créatures de l’Extrême visibles avec le Micro-Scanner

Une question reste en suspens : quelles sont les adaptations de certains de ses animaux pour vivre dans ces Enfers ?

La réponse est cachée sous leur peau ou sous leur cuticule…
Seule la technique du micro-scanner nous permet de voir le foie démesuré du protée qui transforme la nourriture en super carburant.
De même lorsqu’on observe un poisson des glaces pris dans la glace, on s’aperçoit que ses entrailles sont indemnes contrairement aux viscères d’un poisson normal qui sont transpercées par des cristaux.

Ces techniques sont donc non seulement intéressantes par leur esthétique souvent étonnantes mais aussi par l’avancée scientifique évidente de leur lecture.

DES CONDITIONS DE TOURNAGE EXTRÊMES

Si les Extrêmophiles sont parfaitement adaptés aux conditions les plus extrêmes de la planète, nos organismes et nos matériels de tournage ne le sont pas.

Lors de ces 2 ans et demi de tournage, nous avons affronté des températures avoisinant plus 50°C et moins 25°C. Certaines expéditions ont nécessité de transporter 1,4 Tonne de matériel pour pouvoir vivre et dormir plusieurs semaines de façon autonome isolé au milieu des glaces du Groenland…

Certains d’entre nous ont perdu 8 kilos par tournage, d’autres ont dû attendre les rares rotations bateau pendant plusieurs semaines ou décaler leur retour à cause d’une tempête de neige interdisant l’héliportage.

13jan. 2012

3 questions à frédéric jouve, caméraman et réalisateur du film « L’ALLÉE DES GLACES »,

Pour ce film « L’ALLÉE DES GLACES », comment est venue cette idée ?
Réponse :  » Il s’agit avant tout d’une rencontre avec Olivier Pitras que j’avais invité lors d’une émission de radio sur RTL sur laquelle j’officiais en tant que Directeur des Programmes. Une amitié est née entre passionnés de la mer et de la navigation. Quelques mois plus tard Olivier me demande si je suis libre pour l’aider à convoyer Southern Star, son bateau, à Tromso depuis le Spitzberg. Etant moi même skipper, Olivier m’offre un poste de chef de quart à son bord et me permet de découvrir l’archipel du Svalbard avant de rentrer en Norvège continentale. A partir de ce moment là, je ne le sais pas encore mais la passion du Grand Nord vient de naitre.

A bord Olivier évoque son envie de découvrir le Scoresbysund au Groenland. Quelques mois plus tard, nous nous retrouvons avec Olivier à Paris et nous reprenons notre discussion concernant le Scoresbysund et nous tombons d’accord pour finalement tenter quelque chose de plus osé pour un voilier : explorer les côtes les plus au Nord possible. Va t-on réussir à traverser les mâchoires des banquises dérivantes ? C’est tout l’enjeu du film.

Banco ! me dit Olivier et il se met à la recherche des équipiers capables de nous suivre dans cette formidable aventure humaine. Ce film est une véritable histoire où le public embarque avec nous à bord du voilier polaire Southern Star lui permettant de vivre notre expédition en temps réel comme s’il faisait partie de l’équipage. C’est un documentaire filmé en totale immersion.

Vous êtes satisfait du résultat ?
Réponse : Plus que satisfait ! L’ALLÉE DES GLACES nous embarque immédiatement dans son histoire, que vous soyez marin ou terrien, grand voyageur ou urbain, c’est un documentaire fait pour toutes et tous. Vous aurez l’occasion de voir des images rarissimes comme le Keiser Franz Joseph Fjord qui est le point le plus Nord que nous ayons pu atteindre compte tenu de la quantité de glace présente ou encore un ours polaire perché sur une baleine en plein festin mais aussi des morses, des phoques et des paysages époustouflants de montagnes vieilles de plus de 400 millions d’années aux couleurs incroyables, des baleines à bosses comme si vous pouviez les toucher, des Icebergs de la taille d’immeubles, la traversée de trois ceintures de glaces et l’arrivée d’une tempête qui a fait des ravages aux Etats-Unis auparavant et qui nous frappera en pleine nuit …

Avez vous des anecdotes marquantes lors du déroulement de l’expédition ?
Réponse : Oui bien sûr, naviguer dans une région où peu de gens vont, mal hydrographiée, avec beaucoup de glace, particulièrement cette année, laisse une grande part aux impondérables. Nous avons dû par exemple longer la banquise sur 180 kilomètres supplémentaires pour accéder à la côte par rapport aux cartes disponibles. Ce n’est pas rien, imaginez une sortie d’autoroute prévue à Lyon et finalement il faut pousser jusqu’à Avignon, ça change les plans !

Une autre anecdote ou imprévu c’est quand il a fallu dégager du fjord Scoresbysund au plus vite alors qu’il semblait à priori pouvoir nous offrir un abri sûr. En fait la glace en a décidé autrement, elle descendait quatre fois plus vite que d’habitude et menacait de fermer le fjord pour l’hiver. Nous avons dû à la hâte nous préparer à retourner en Norvège avant la date et surtout en nous jetant dans du mauvais temps, pas d’autre choix.

Nous avons aussi adoré notre rencontre avec les enfants et les habitants du village le plus isolé du Groenland à Ittoqqortoormiit ainsi que notre face à face avec un Ours polaire lors de la traversée d’une banquise dérivante…

11jan. 2012

Thierry Robert réalisateur

44 ans, marié, deux enfants. Thierry Robert est un réalisateur qui possède une grande connaissance de tous les terrains d’aventure à travers le monde. Profondément humaniste, il s’engage depuis des années aux côtés d’expéditions : Pôle Nord magnétique en 1997 avec Arnaud Tortel. Puis il signe avec lui le film « La Grande Traversée » (Gédéon Programmes) en 2000 qui remporte 7 Prix internationaux.


Il travaille pour les principales maisons de productions documentaires françaises, principalement avec France Télévisions et chaînes TV internationales. Il réalise le film « Voyage Au Tibet Interdit » (Bonne Pioche) Grand Prix du festival de Montréal en 2004. Puis c’est « L’Odyssée Climatique du Southern Star » une grande enquête de terrain multi primée à travers 4 films 52 min, tournés sur 1 an avec le navigateur Olivier Pitras. On le retrouve sur la série « Carnets de plongée » ou encore « Rendez-vous en Terre Inconnue » au Niger avec Pierre Palmade.
Dernièrement il retrouve le monde de l’aventure avec son film « On a marché sous le Pôle » (Docside, France Télévision, National Geographic) qui récolte 11 prix, dont 7 Grand prix !
Des films engagés aussi. Il tourne dans « Tibet, le mensonge Chinois » pour Bernard Debord et Cinétévé, avec le Dalaï Lama. Mais aussi des oeuvres comme : « Cayar, face au défi de l’océan », un film sur le développement durable en Afrique de l’Ouest, en co-réalisation avec Alé Seck et « Oyapock, le fleuve partagé », sorte de voyage télévisuel sur les populations qui peuplent les berges de ce fleuve en pleine Amazonie. Dans un autre registre, il met en scène le film « K.O Debout » avec Têtes Raides ou encore « Quitter la route » long-métrage sur la tournée en Inde du groupe de rock français Matmatah et le choc culturel auquel les musiciens sont confrontés (Universal). Plus récemment, il signe « Ouaga Paradiso », un documentaire percutant dans le milieu du cinéma au Burkina Faso.
Un film sur le souffle et la rage qui animent ces cinéastes africains pour aller au bout de leurs rêves!
J’ai rencontré Arnaud Tortel lors de sa première expédition en solitaire au Pôle Nord Magnétique en 1997. Avec lui, j’ai fait mes premières armes en milieu polaire par –40°c aux alentours de la mythique Resolute Bay (Nunavut), à l’époque encore dans les Northwest Territories. Quand Arnaud est reparti en 2000 avec Rodolphe André pour la traversée complète de la calotte glaciaire de Sibérie jusqu’au Canada en autonomie complète, il m’a tout naturellement proposé de réaliser « La Grande Traversée » ! C’est « Le film »  qui a lancé ma carrière de réalisateur « polaire » avec le succès qu’il a connu en festivals, 7 Grand Prix dans les plus grands festivals internationaux, dont New York.
C’est drôle, car l’histoire de ce film me poursuit encore aujourd’hui, plus de 10 ans après. Il y a 4 ou 5 ans, Arnaud et moi étions invités à une soirée organisée à Paris par un des producteurs avec qui nous travaillons beaucoup, Gédéon Programmes. Laurent Chalet  vient discuter avec nous ! On lui parle de son tournage en Antarctique et de ses images somptueuses et lui nous lâche :  « Un de mes films polaires préférés, c’est celui avec ces 2 gars qui traversent la calotte… Les ours qui les attaquent, leurs femmes, l’accident d’un des deux… »


Pas possible, il se fiche de nous ! Arnaud Tortel et moi nous regardons en souriant, comprenant au bout d’un moment qu’il ne se moquait pas du tout ! Il avait vu le film à la télé et n’avait pas reconnu Arnaud sans sa barbe englacée, quant à moi… Comment pouvait-il savoir qui nous étions ! Oui, cette aventure nous a profondément marqué. Aujourd’hui encore, Arnaud et moi échafaudons régulièrement de nouveaux plans pour repartir dans l’Arctique ! C’est comme cela que nous étions au Spitzberg en avril dernier pour y tourner des images de nuit lors de ses entraînements pour sa prochaine tentative en Arctique.
Olivier Pitras, le navigateur polaire, qu’on ne présente plus, est lui aussi venu me trouver en 2008 alors qu’il lançait son expédition Around North America à la voile. Nous en avons tiré 4 films de 52 min, une grande enquête de terrain sur le climat L’Odyssée Climatique du Southern Star primée aussi à de nombreuses reprises. 2 de ces films ont lieus en intégralité dans la zone polaire, Islande, Groenland, puis passage du Nord-Ouest.


Suis-je devenu un « spécialiste » du film polaire ? Ghislain Bardout est venu me trouver en 2009, et il m’a immédiatement parlé de La Grande Traversée, la référence ! Ce qui m’a  amené à réaliser « On a Marché Sous le Pôle », avec le succès qu’on lui connaît, 11 Grands Prix de par le monde. Le film vient de partir en tournée en salle dans 30 pays y compris USA, Canada dans le fameux Banff World Tour.
C’est comme ça aussi que Rodolphe André, (co-équipier d’Arnaud lors de La Grande Traversée) avec qui je suis aussi resté très ami, m’a demandé de travailler sur la nouvelle expédition de Sébastien Roubinet « La Voie du pôle » à laquelle il participait cet été sur le catamaran char à glace Ti’babouche. Tentative de traversée de l’océan Arctique à la voile d’Alaska jusqu’au Spitzberg, via le pôle. Un périple de 3000 kms. Ce film dont le montage est pratiquement terminé, remporte déjà un franc succès auprès des responsables de chaînes de télévisions partenaires. Alors la voie du pôle, la seule voie possible ?

 

11jan. 2012

Ne vous fiez Jamais totalement aux critiques de cinéma

L’histoire est simple, tragique.
Quelques semaines avant la sortie en salle de Kabloonak, en 1994, est paru sur tous les écrans de France et de Navarre, un très grand navet hollywoodien sensé représenter le monde esquimau. La critique est unanime et porte au nue ce film (qui ne mérite même pas d’être cité !)
Mais le public qui s’est rendu en masse pour voir le navet n’est pas dupe, et quand quelques semaines plus tard, parait à son tour Kabloonak, il ne se laisse pas avoir une deuxième fois, boude le film (pour qui, en plus, la critique est encore unanime: Kabloonak est descendu en flèche !)
Résultat: Kabloonak est un fiasco financier, Claude Massot, qui a investi plusieurs années de sa vie, et une grande partie de ses économies, pour réaliser ce film, est en pleine dépression; il se suicide peu de temps après.
La boite de prod disparait, le film est saisi, et devient pratiquement introuvable, au point que, lorsque nous décidons de réunir les deux films, Nanook of the North et Kabloonak, dans une projection unique au Musée de l’Homme, pour les dix ans de la disparition de Claude Massot, le vide juridique est total: impossible d’avoir des autorisations de projeter.
Nous décidons malgré tout de maintenir la projection. La veille, je retrouve grâce à internet, les enfants de Claude Massot qui seront présents à cette soirée ; le pianiste Eric Leguen, qui a été pendant des années , le pianiste attitré de la famille Mélies, est un vieil ami des années spéléo, où nous avons usé bien des combinaisons… il me propose de projeter Nanook of the Norh, comme à la « belle époque », accompagné au piano..
.La soirée est mémorable, des 250 personnes, présentes ce soir là au Musée de l’Homme, beaucoup en repartiront la « larme à l’oeil »!
Depuis la « renaissance » de Kabloonak, presque une décennie s’est encore écoulée, le « navet » est tombé dans l’oubli… Kabloonak quant à lu, à rejoint « les Noces de Palo (Knud Rasmussen, 1933), de La saga des Inuit (5 films
de Jean Malaurie, 2007) et Atanarjuat (Zacharias Kunuk, 2001) qui ensembles constituent le patrimoine des grands
films ethnographiques polaires.

Kabloonak est maintenant vendu avec Nanok of the north (version 1927, sonorisée en anglais) (lien vers livres polaires) ; prochainement  devrait s’y ajouter une deuxième version, celle de 1922. (muette), accompagnée au piano (in live) par Erc Leuguen.

Jean Luc Albouy

11jan. 2012

A propos de « under the pole » 3 mots de Thierry robert

C’est vrai que le film « On a Marché sous le Pôle » (qui a reçu 11 Prix dans les festivals Internationaux, glaçon d’Or 2011) a beaucoup été diffusé en télé et vu maintenant par la plupart d’entre vous, amoureux des films polaires, mais le voir sur grand écran, en Haute Définition, est une toute autre expérience! On est comme aspiré dans l’image, ça donne vraiment la sensation d’être embarqué dans l’expédition Deepsea Under The Pole et sous les glaces, on réalise vraiment la dimension de ces plongées! C’est quand même un autre monde, surtout lorsqu’on sait le mixage que ce film a reçu, Un mix très dynamique, digne du cinéma par Philippe Vaidie, un des cadors de France Télévisions. Et le public ne s’y trompe pas !. A voir absolument sur grand écran, même si vous croyez l’avoir déjà vu, il s’agit d’une toute autre expérience ! D’ailleurs ce n’est pas pour rien que ce film est en tournée en salle dans 30 pays (USA, Canada compris) dans le Banff World Tour, il s’y prête totalement ! »

En savoir plus sur Thierry Robert

11jan. 2012

La Voie du Pôle: première tentative de traversée de l’Arctique d’Est en Ouest

Pour la première fois de l’histoire: deux Français, Sébastien Roubinet et Rodolphe André, se sont attaqués depuis deux semaines à une traversée intégrale de la banquise arctique d’Est en Ouest, entre l’Alaska et le Spitzberg (Norvège).

C’est sans conteste le plus étonnant voyage au monde entrepris cet été. Sébastien Roubinet, 36 ans, flirte avec l’Arctique depuis 2007 quand il fut le premier navigateur à franchir à la voile le Passage du Nord-Ouest, entre Pacifique et Atlantique, à bord de Babouche, un petit catamaran de 7,50 m, construit par ses soins.

Le 14 juillet, c’est à bord de Ti Babouche, un nouveau prototype hybride conçu également par lui -catamaran de 5 m de long et 2,40 m de large, équipé de deux flotteurs gonflables sur skis, d’un mât et de deux voiles, à la fois bateau, char à glace et traîneau- qu’il a quitté en compagnie de Rodolphe André, 37 ans, la Pointe Barrow au nord de l’Alaska et mis le cap sur le Pôle Nord géographique.
La distance entre la côte d’Alaska et le Spitzberg, principale île de l’archipel du Svalbard, est de quelque 3.000 km, que les deux aventuriers espèrent couvrir en deux mois. »C’est un défi technologique et sportif », explique Sébastien Roubinet, joint mercredi sur l’océan blanc par téléphone satellite. « En juillet-août, la banquise est en pleine débâcle avec une alternance d’eau et de glace.
Notre embarcation ultra légère est à même de voguer et de glisser sur la glace, poussée par le vent ou tractée comme une grosse pulka. »
Ti Babouche pèse 150 kg à vide et 400 kg en charge. Les deux flotteurs sont en kevlar, reliés par un cockpit dont le toit est constitué de panneaux solaires. Le mât et les skis rétractables sont en carbone.


Ours et crêtes de glace infranchissables

Dès le départ, les deux hommes ont dû se mettre au diapason des rigoureuses conditions climatiques et du relief chaotique, sans cesse en mouvement, de la banquise d’été.

« Nous avons affronté, dans un premier temps, d’immenses champs de vieille glace très difficiles à traverser, avec des crêtes de compression comme autant d’obstacles infranchissables qu’il fallait contourner au prix d’efforts éreintants, en tractant le bateau », raconte Sébastien.
La banquise s’est ensuite aplanie, alternant les plaques de glace « carrossables » et des étendues d’eau de fonte navigables, plus ou moins profondes.

« La température oscille autour de 0°C. Nous avançons dans un paysage improbable, noyé dans le brouillard, où le soleil permanent de l’été boréal diffuse avec peine ses rayons diaphanes au travers de la masse cotonneuse. Le vent n’est pas ou peu au rendez-vous. Nous passons plus de temps à tracter qu’à glisser ou voguer », narre le navigateur.

Les deux hommes font halte tous les soirs pour bivouaquer.

C’est souvent l’heure des visites du seigneur des lieux, l’ours polaire.
« Nous en avons croisé une dizaine depuis le départ. Il s’approchent plus ou moins près de nous. Nous avons eu quelques frayeurs. Hier, une femelle et ses petits a chargé et s’est arrêtée à un mètre de notre campement. Il a fallu faire partir les pétards pour la faire fuir… », explique Sébastien.

Une autre fois, c’est une baleine, évoluant sous la fine couche de glace, qui est venue lâcher son puissant souffle à proximité de Ti Babouche.

La science embarquée
Cette aventure arctique inédite se double d’une expédition scientifique mesurant en continu, à l’aide d’un sondeur électromagnétique, l’épaisseur de la banquise d’été, dont la fonte s’accélère depuis une trentaine d’année, avec d’importantes conséquences sur l’évolution du climat mondial.

Les mesures ainsi relevées « sur le terrain », viendront compléter celles effectuées par le tout nouveau satellite Cryosat II, lancé au printemps 2010 mais opérationnel depuis le début de l’expédition « La Voie du Pôle ».

Sur le mème thème, vous pouvez suive en ce moment la tentative du Tour du Cap Horn par Yvan Bourgnon et Sébastien Roubinet

06jan. 2012

« Huis Clos Islandais » un film réalisé par Philippe Sauve,

productions Slava et H.S.R.A. 29 minutes, 2011

SYNOPSIS
Georges Nicolas, non-voyant depuis 1995, tente la traversée de l’Islande à pied, en compagnie de Philippe Sauve. Des champs de laves éjectées des volcans au pied du plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, en passant par les désolants territoires des Highlands, Georges marche en butant sur chacun des cailloux jalonnant son chemin et ne distinguant du pays traversé qu’un décor en noir et blanc.

PORTRAIT – GEORGES NICOLAS et PHILIPPE SAUVE
Georges Nicolas est l’auteur d’un raid à chien de traîneau en Laponie finlandaise et le fondateur de l’association Handicap Sport Raid Aventure qui permet à des personnes mal voyantes de pratiquer des sports extrêmes : escalade, parapente… Il se consacre aujourd’hui à la préparation de plusieurs expéditions. Philippe Sauve voyage depuis près de 20 ans. Membre de la Société des Explorateurs Français, conférencier et réalisateur, il vit aujourd’hui dans le Var.

LA TRAVERSEE DE L’ISLANDE A PIED AVEC GEORGES NICOLAS, NON-VOYANT
Imaginez que vous marchez sur une route et que vous n’entendez que le son d’une canne blanche qui frappe le goudron. Imaginez que vous êtes parti traverser un pays : l’Islande, mais que de ce voyage vous ne verrez rien, ni le ciel ni la terre, aucun visage, aucun paysage. Cette maladie rare, nommée choroïdite multifocale bilatérale, évolutive, vous a rendu aveugle, et bientôt c’est à votre ouïe qu’elle s’en prendra. Ainsi, vous ne percevrez plus que dans le lointain les heurts de votre canne sur le bitume, le chant des torrents des cascades ou le son du vent fouettant votre visage. Que vous restera-t-il alors pour apprécier l’univers qui vous entoure ? Georges Nicolas est allé chercher la réponse à cette question au bout d’un effort surhumain, butant sur chacun des cailloux jalonnant son chemin, ne distinguant du pays traversé qu’un décor en noir et blanc.
Georges marche agrippé à mon bras comme il tient le harnais de sa chienne guide Thémis. Nous n’avons pas pu l’emmener avec nous pour cette expédition, car l’Islande met en quarantaine, aux frais des propriétaires, tout animal étranger. Je deviens les yeux de mon compagnon.
Je lui indique les obstacles du terrain et lui décris les zones visitées. Nous quittons la ville départ de notre voyage, nommée Husavik. L’air marin du port des pêcheurs islandais, venu de l’océan des baleines, où se confondent l’Atlantique Nord et la mer Arctique, s’attenue sur la route qui mène à l’intérieur des terres. Nous empruntons la piste F26 qui traverse l’Islande du Nord au Sud, sur près de 300 kilomètres.
Des champs de laves éjectées des volcans au pied du plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, en passant par les désolants territoires des Highlands où ne peuvent survivre que les cailloux, lieux où se sont déroulés les entraînements des cosmonautes en partance pour la lune, nous marchons comme deux sherpas mal entraînés, portant une charge de 20 kilogrammes : le poids de notre autonomie constituée de nourritures lyophilisées et de l’équipement de campement.
L’automne n’a pas de feuilles à rougir en ces régions dépourvues de végétation. L’hiver y installe dés septembre son froid polaire. Les rivières des glaciers ne coulent plus assez pour remplir nos bouteilles. Nous puisons dans des marres croupissantes l’élément vital et le purifions avec l’aide de pastilles magiques, désinfectantes, appelées micro-pures.
Si au début de la marche la main de Georges agrippée à mon bras me déséquilibre, elle devient en quelques jours un véritable soutien. Nous faisons à présent corps dans notre avancée improbable. L’humour prend souvent le pas sur la fatigue : « Tu as de la chance de ne pas voir les immensités qu’il nous reste à franchir ! » dis-je à mon ami.
Je m’épuise psychologiquement en surveillant les cailloux placés sur le chemin de Georges, tandis qu’il s’épuise parce qu’il ne voit rien du chaos sous ses pieds. Au point qu’au sommet d’un col à 700 mètres, abrités des vents violents derrière un bloc, nous comprenons que la marche doit cesser. Après des crevasses au pied provoquées par le frottement de ses chaussures, voilà qu’une vilaine entorse à la cheville empêche mon équipier d’effectuer les 25 kilomètres journaliers. Ce n’est donc pas le manque de vision qui fait obstacle à notre avancée, ni même notre condition physique qui se renforce depuis notre départ, mais la solidité de nos pieds. « Maintenant, me dit Georges, tu voyages avec un aveugle boiteux ! »
Quelques jours de repos s’avèrent nécessaires. Cela nous oblige à abandonner l’idée de notre projet initial de traverser le pays à pied dans sa totalité. Mais qu’importent les distances accomplies. L’essentiel n’est-il pas ce voyage peu banal, vécu ensemble, avec nos deux perceptions différentes de ce drôle d’univers alentour, que nous pouvons partager. Cette différence de perception nous donne parfois l’impression de vivre cette aventure chacun de notre côté, comme si la non voyance de Georges nous séparait de mille lieux. Nous demeurons pourtant étroitement liés pour nous extraire ensemble des dunes lunaires.
Au bout de la piste F26, atteinte finalement grâce à l’aide d’un couple d’Islandais à bord de leur 4×4, la canne blanche de Georges reprend son toc-toc lancinant sur l’asphalte d’une route rectiligne qui mène à la mer du sud. Au pied des volcans Hekla et Eyjafjallajökull, en perpétuelle activité, ou sous les fumeroles des sources d’eau chaude, nous continuons d’avancer malgré les douleurs de l’entorse, et parvenons enfin à accomplir nos derniers kilomètres. ( près de 150 )
20 jours après notre départ, et le franchissement d’une vaste plage, le chahut des vagues inspire la fin du voyage. Au sommet d’une butte se profile à l’horizon la bande éblouissante de la mer agitée. Georges se tient à sa canne. A la senteur des effluves marins, il ne peut s’empêcher d’éclater en sanglots, tant l’effort pour atteindre ce but a été éprouvant.
Je lui demande alors : « Depuis que tu as perdu la vue en 1995, qu’est-ce qui t’aide à avancer ? » Il me répond : « Je continue de vivre et marche pour mes amis, ma famille, ma femme et ma petite-fille dont je ne connais pas le visage. Elle sera toujours une ombre… »

Philippe Sauve