De retour d’Antarctique, Aymeric, conseiller voyages chez Grand Nord Grand Large, revient pour nous sur cette expérience inédite à bord du Plancius.

 

Etape en Patagonie

 

Après plusieurs heures de vol et une très belle escale à Buenos Aires, l’impatience commence à se lire sur tous les visages. Le désir d’enfin rejoindre la Terre de Feu et de débuter l’aventure vers le continent Antarctique est palpable. Quelques minutes avant d’atterrir, nous apercevons la chaîne des Andes à travers le hublot. Les sourires s’esquissent déjà et nous réalisons que ce voyage est bien réel. Au petit matin, l’exploration de la Patagonie peut commencer.  Nous voilà partis pour entamer une belle balade dans le parc national de Lapataia. Nous découvrons de magnifiques lacs et des paysages à couper le souffle, semblables à certains paysages nord-canadiens.

 

 

De retour à Ushuaïa, nous prenons le temps de découvrir cette ville isolée à la pointe du continent, qui a le mérite de ne laisser personne indifférent, en bien comme en mal. Nous traversons une ville en pleine expansion, mais qui garde malgré cela un certain charme et une ambiance assez paisible. Je vous conseille de vous arrêter dans l’un des nombreux restaurants que compte le centre-ville (soit deux rues), vous ne serez pas déçus par l’araignée de mer ou l’agneau grillé !

 

Embarquement pour l’Antarctique

 

17h, l’heure d’embarquer ! Nous nous dirigeons vers le port et pénétrons dans la zone portuaire où est amarré le Plancius. Voici donc le bateau qui doit nous emmener là où peu de gens ont eu la chance d’aller… Céline et Gérard, nos guides francophones, nous accueillent et nous présentent ce qui sera notre nouvelle maison pour les 10 prochains jours. Le briefing de sécurité terminé, nous larguons les amarres et voyons le port d’Ushuaïa s’éloigner. Une otarie et quelques sternes accompagnent notre sortie du canal Beagle. Nous voici partis pour affronter le mythique passage du Drake, connu pour ses vents violents et son instabilité climatique. Nous craignons tous une forte mer mais le commandant se veut rassurant.

 

Le passage du Drake

 

Au fur et à mesure que nous progressons, le mouvement de houle s’accentue. C’est déjà l’heure du coucher, et l’excitation d’être en route vers l’Antarctique rend le sommeil difficile. Au réveil, les mouvements du bateau nous obligent à rester prudents et à toujours conserver une main au mur pour ne pas perdre l’équilibre. Comme nous l’imaginions, certaines personnes commencent à avoir le mal de mer, mais les médicaments les soulagent rapidement.

 

 

La traversée du Drake dure deux jours. Pendant ce temps, des conférences sont organisées à bord pour appréhender l’arrivée sur le continent, notamment à propos du code de conduite en Antarctique. Nous en apprenons également beaucoup sur les baleines de l’océan Austral et sur les techniques de photographie pour espérer revenir avec des clichés bien cadrés. Nous participons aussi au rituel de l’inspection des vêtements que nous porterons pour nous rendre à terre. En effet, il est impératif de vérifier que nous n’apportons pas, sans le savoir, des germes provenant de nos régions respectives. Le but étant d’avoir un impact minimum sur les lieux que nous allons visiter.

 

 

L’Antarctique : où la nature a tous les pouvoirs

 

Nous voilà arrivés, à en juger par la multitude d’icebergs autour de nous. Nous pouvons déjà distinguer notre première étape, l’île de Cuverville. Débarqués sur un zodiac, nous observons l’un des plus beaux spectacles que j’ai eu l’occasion de voir : une vingtaine de baleines à bosse gravitent autour de nous ! Nous les approchons de si près que nous sentons sur notre visage les embruns provenant du souffle d’air qu’elles recrachent. L’une d’entre d’elles se rapproche même jusqu’à passer en dessous de notre embarcation et ressortir de l’autre côté. Un court instant pendant lequel nous avons tous retenu notre souffle !

 

 

L’après-midi, nous effectuons une sortie en zodiac à Neko Harbour. En chemin, nous sommes témoins d’une scène unique : les otaries nagent avec les orques au lieu de les fuir. A bord, une scientifique nous explique ne jamais avoir observé ce comportement auparavant. Nous nous sentons d’autant plus privilégiés d’avoir assisté à ce spectacle unique.

 

Dans la baie de Neko

 

Le lendemain est une étape un peu particulière car c’est la première fois que nous posons réellement le pied sur le continent Antarctique. Le silence des lieux est à plusieurs reprises interrompu par les craquements du glacier semblable aux bruits de coups de feu. Nous ressentons à ce moment la puissance du glacier. Quelques minutes plus tard, un bruit différent nous interpelle : un immense morceau de glace se détache du glacier sous nos yeux. Nous venons d’assister à un vêlage.

 

 

Puis le chef d’expédition propose aux intéressés de tenter rapidement un petit bain dans l’eau glacée. Une vingtaine de courageux se jettent littéralement à l’eau (qui est à cet endroit à –o,3 degrés).

Dans l’après-midi, nous partons pour une excursion dans la baie Paradis. Elle porte très bien son nom car les paysages y sont majestueux. Nous zigzaguons à travers les icebergs et nous retrouvons devant plusieurs magnifiques fronts glaciaires. Nous éteignons le moteur du zodiac et laissons le silence envahir le canot. Les seuls bruits à perturber ce silence sont les clapotis de l’eau autour de nous.

 

Canal Lemaire et Port Charcot

 

Nous atteignons finalement le port où Charcot a hiverné lors de son expédition. C’est le point le plus au sud de notre voyage. Nous débarquons sur cette île remplie d’histoire et y rencontrons une multitude de manchots papou, mais aussi quelques phoques et otaries lovés sur les icebergs aux abords de la plage. Par chance, nous rencontrons également un manchot Adelie et deux manchots à jugulaires.

 

 

Dernier jour à Melchior

 

Notre dernière étape sera l’archipel de Melchior qui se trouve beaucoup plus au nord. Nous partons avec les zodiacs pour faire le tour de l’île le Kappa, approchant de très près d’immenses icebergs de la taille d’immeubles de 10 étages.

Dans l’après-midi, le Plancius entame sa remontée vers Ushuaïa. Pendant la traversée, nous assistons à la mise à l’eau d’une balise scientifique qui permettra de faire des relevés et analyses sur l’eau dans cette zone du Drake. Au même moment, un dauphin sablier fait son apparition et commence à jouer dans les vagues du bateau pendant plusieurs minutes comme pour nous dire au revoir.

Ushuaïa en vue ! La fin du voyage n’a jamais été aussi proche. Nous prenons petit à petit conscience du privilège que nous avons eu de faire partie de cette belle aventure sur ce continent encore si difficile d’accès. Nous rentrons en France avec des images plein la tête, en sachant qu’il sera difficile de retranscrire ce voyage…