(c) Kristof Chemineau

Marie Foucard, responsable des croisières Grand Nord Grand Large, a toujours été fascinée par le monde particulier du Grand Sud. C’est avec le regard d’une navigatrice-écrivain qu’elle nous emmène pour une fabuleuse odyssée d’Ushuaïa au Cap-Vert, en passant par la Géorgie du Sud, l’archipel Tristan Da Cunha et les îles de Sainte-Hélène et d’Ascension.

Que peut-on espérer apercevoir au cours d’un tel itinéraire ?

 

Cette route permet de faire escale dans des îles de l’Atlantique sud qui ont un intérêt faunique exceptionnel avec un nombre important d’espèces endémiques, doublé d’un arrière-plan historique singulier. De plus, ces îles ne sont accessibles que par la mer : elles sont très peu visitées car le tourisme ne les a pas réellement touchées. Qui dit peu de visiteurs dit peu de nuisibles: ainsi la faune est encore préservée et peu farouche.

Au cours de la traversée, l’environnement se voudra contrasté. C’est tout l’intérêt de cette croisière : on ne voit pas les mêmes choses que l’on emprunte les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants ou les zones tropicales. Vous pourrez par exemple apercevoir toute sorte d’albatros (hurleurs, à tête grise…) et de pétrels. En Géorgie du Sud, vous observerez les principales colonies de manchots royaux de l’Antarctique. Et côté cétacés, le voyage pourra s’accompagner de rorquals de bryde, baleines à bosse, cachalots et dauphins tâchetés pantropicaux.

 

Quelle est l’histoire de ces îles si isolées ?

 

L’archipel de Tristan a la spécificité d’être le territoire le plus éloigné du monde, situé à 2800 km du continent le plus proche. Il est presque uniquement peuplé de descendants de naufragés qui sont arrivés sur l’île au cours du XIXe siècle (on dit qu’il existe 7 uniques noms de famille sur l’île.) En 1961, l’éruption volcanique du Queen Mary’s Peak fait fuir la population au Royaume-Uni. Un an plus tard, une expédition organisée pour évaluer les dégâts sur la faune et la flore constate que l’éruption s’est arrêtée à seulement 300 mètres de la colonie. La majorité des Tristanais regagnent alors leur île, ayant des difficultés à s’adapter à la société de consommation anglaise.

L’île de Sainte-Hélène est essentiellement connue comme lieu d’exil de Napoléon de 1815 à sa mort le 5 mai 1821. Il y est enterré près d’une source, dans la vallée du Géranium. Dix-neuf ans plus tard, il sera inhumé aux Invalides à Paris.

Île Gough - Atlantique sud

 

Pendant les escales, comment sont accueillis les passagers sur ces îles lointaines ?

 

L’accueil est riche car pour les insulaires, un bateau qui fait halte est toujours un événement. Ces îles ne sont souvent ravitaillées qu’une fois par mois, les habitants en profitent donc pour se mobiliser et se rendre disponibles.

 

Les étapes en mer sont longues (environ 1 semaine) : comment vit-on à bord ?

 

Cette croisière est typiquement ce que l’on appelle du « slow travel » : on prend davantage son temps que  sur une croisière classique puisque le voyage dure 34 jours. On dispose d’une certaine douceur de vivre, d’autant que le nombre de passagers est restreint sur ce type de bateau. On peut réellement se déconnecter, humer l’air du bout du monde, lire un livre sur le pont avec une tasse de thé et observer les paysages évoluer au fur et à mesure de la traversée.

 Odyssée Atlantique - Île Tristan Da Cunha