Le blog de glace – Grand Nord Grand Large

Plus de 30 ans d'aventures polaires

26Mai. 2016

Interview de deux lauréats de la Bourse Expé 2016

Lauréats de la Bourse Expé 2016 (soutenues par Terdav), Alexandre Jacquet et Clément Lejealle on répondu à nos questions sur leur prochaine aventure en kayak dans les eaux glacés de l’Alaska.

Alexandre Jacquet et Clément Lejealle - ©www.coureurdesbois.fr

 Clément Lejealle et Alexandre Jacquet – ©www.coureurdesbois.fr

 

En quoi consiste votre projet ?

Le voyage démarre en kayak sur un lac situé au nord de la Colombie Britannique à environ 1.000 kilomètres de Vancouver. De là nous allons descendre une rivière qui nous mènera jusqu’à l’embouchure de l’océan. Une fois arrivés nous naviguerons vers le nord et passerons rapidement dans les eaux territoriales d’Alaska puis continuerons notre route le long de la côte (passage intérieur) pendant environ 800 kilomètres jusqu’à Juneau, la capitale. Le départ est prévu pour juillet et l’itinéraire devrait durer environ 50 jours.


Pourquoi l’Alaska ?

Après un voyage d’une année en vélo autour du Monde, on voulait trouver un autre projet, une itinérance autre que celle que l’on avait connue sur nos vélos. L’Alaska s’est proposé comme une évidence. C’est une région fabuleuse. Elle stimule notre imaginaire depuis l’enfance, que ce soit pour les fjords, les forêts, les montagnes, les trappeurs, les baleines, les ours… C’est un terrain de jeu inépuisable pour ceux qui aiment prendre l’air. Au départ on a spontanément choisi le canoë pour descendre une rivière puis on a fait une rando en kayak de mer dans le golfe du Saint Laurent (Québec) où on a rencontré des marsouins, des phoques, des baleines à bosse… On a trouvé ca exceptionnel donc on a voulu mêler un autre environnement. Aujourd’hui notre objectif est double : associer un défi sportif en réalisant près de 1000 km de kayak sur lac, rivière puis océan à un autre, celui de vivre en autonomie prolongée en interaction permanente avec la nature. La présence humaine sera quasi absente de la grande majorité des étendues que l’on va traverser.

Comment allez-vous faire ?

Pour manger nous voulons prendre le minimum de denrées (riz, pâtes…). Pour le reste nous emporterons deux cannes à pêche et nous espérons nous nourrir de poisson, voire si cela est possible d’un peu de cueillette. On a une petite expérience de la vie dans la nature mais aucune connaissance de la région. On compte s’appuyer sur des rencontres pour nous apprendre ce qu’on ne sait pas. Et la liste est longue… J L’idée est ensuite de partager le savoir acquis sur le terrain en réalisant des petites vidéos (allumer un feu sous la pluie, monter un abri, pêcher, cuisiner…).

Vous avez prévu de réaliser un film ?

Oui, on voudrait réaliser un film sur ces thèmes. On trouve intéressant de mettre en relief les détails du ©www.coureurdesbois.frquotidien que l’on ne voit jamais dans les films d’expé en plus du récit classique du voyage. Les meilleures vidéos seront insérées dans la globalité d’un film de 26 ou 52 minutes et les autres serviront à alimenter l’actualité de notre blog (coureurdesbois.fr) spécialisé dans les thèmes de l’aventure et de la vie en milieu naturel.

Quelles sont les plus grandes difficultés qui vous attendent ?

On devra faire face à deux grandes catégories. D’abord la progression en kayak qui nécessitera de gérer
des conditions météorologiques et de navigations souvent exigeantes. Il pleut beaucoup, la mer est froide, les niveaux de la rivière sont changeants, les courants puissants… En Alaska on est obligé de s’y confronter, on espère seulement que ce ne sera pas trop souvent. On a fait un stage de kayak pour optimiser la sécurité de ce point de vue là. Ensuite c’est la cohabitation avec la faune et plus précisément le grizzli qu’il faudra être prêt à gérer.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Pour commencer ils ne sont pas censés attaquer l’homme sans raison. A priori ils seront sortis de leur hibernation depuis quelques mois et par conséquent ils n’auront pas le ventre trop vide… Ensuite nous hisserons la nourriture dans les arbres loin du campement. Nous ne mangerons pas non plus à l’endroit où nous dormirons. En cas de rencontre un peu trop menaçante nous aurons au moins des bombes à ours (équivalent d’une bombe lacrymo au poivre) et probablement un système d’alarme autour du camp. Le but sera donc de ne pas les croiser même si paradoxalement ce serait bien d’en voir deux ou trois…mais de loin J !

Pour le reste de la faune?                          

On espère observer la faune aquatique très présente dans les eaux froides du golfe notamment des ©www.coureurdesbois.frbaleines, des dauphins, des orques, des phoques, des lions de mer… L’avantage de faire du kayak toute la journée sans un bruit est la probabilité de les voir de très près. Même si comme les grizzlis il y a une petite appréhension à voir passer une masse de 30 mètres et 200 tonnes sous nos petites embarcations.

Comment préparez-vous ce voyage ?

Nous sommes en contact avec des guides locaux pour les questions de navigation, de transports du matériel et la préparation à la « vie sauvage ». Nous cherchons des habitants là-bas qui pourraient nous montrer les choses essentielles à connaître. Autrement nous achèterons notre kayak là-bas pour limiter les frais de transport. Nous sommes aussi lauréats de la bourse Expé dont Terres d’aventure fait partie et sommes en train de solliciter d’autres partenaires. Tout cela s’annonce très bien.

 

23Mai. 2016

Voyagez responsable

Responsable par passion

foucard1« Nous sommes tous des amoureux des régions polaires. Il est donc logique, naturel, que nous organisions des voyages respectueux de cet équilibre fragile, des séjours qui permettent d’aider à la conservation des régions visitées « , explique Marie Foucard, responsable des croisières.

« Grand Nord Grand Large est membre de l’association IAATO (Association internationale des tours opérateurs en Antarctique, créée en 1991) qui a notamment défini un code de conduite du visiteur antarctique, et de l’association AECO (Association des organisateurs de croisières expéditions en Arctique). Les préoccupations principales de ces deux associations sont d’ordre environnemental et de sécurité. Les travaux menés par ses membres sont axés sur l’évolution des impacts cumulatifs possibles des visiteurs, les normes des navires, le sauvetage et, donnée très importante, le nombre maximum de passagers sur les sites de débarquement.

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20Mai. 2016

Grand Nord Grand Large soutient Watever

Trois questions à Anaëlle, spécialiste des croisières, qui parraine l’association :

Qu’est-ce que Watever ?

« Créée en 2010, Watever – conjonction entre WATER et EVER, est une association dont l’objet est l’assistance aux populations défavorisées vivant sur les rives des océans et des grands fleuves. L’association est composée de professionnels de la mer, du transport et du développement.

Watever

Où œuvre l’association ?

Elle intervient principalement au Bangladesh, pays le plus menacé par les effets des changements climatiques et deuxième plus grand delta de la planète. Sa population est extrêmement dépendante de l’eau qui l’environne pour subvenir à ses besoins quotidiens. Les bateaux utilisés sont régulièrement endommagés, conduisant à des catastrophes telles que des noyades. Watever met en place un programme de surveillance et d’assistance aux personnes en danger. Elle mène également un projet de développement d’un matériau bio-composite/bambou adapté à la charpenterie de marine et a créé un centre de formation pour la construction navale.

© Agence Zeppelin pour Watever

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17Mai. 2016

Into the BAM, plongée au cœur de la Sibérie

© 2015 Association White Circle. All rights reserved.

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Fraîchement revenus de leur expédition sibérienne, nos quatre amis de White Circle (Rémi Loubet, François Kern, Nacho Olmedo et Thibaut Lacombe) vous invites dans leur cabane de fortune.

 

Nous sommes partis au cours de l’hiver 2016 pour une expédition originale : 6000km à bord du mythique transsibérien de Moscou aux confins de la Sibérie, 5 jours de progression sur une rivière gelée pour gagner l’intérieur du massif du Kodar et enfin 3 semaines de vie en cabane et de ski sur les sommets alentours. Un voyage riche des rencontres avec les Evenks, éleveurs nomades de rennes, avec Vladimir le trappeur, de la mémoire vive du Goulag, des montagnes magiques et des copains. Difficile aussi d’oublier les journées passées au sein des Chara Sands (56.8650095/118.18439484), désert de sable blond niché au cœur de la taïga sur fond de montagnes enneigées.

 

La petite cabane au fond du massif de Kodar.

 

© 2015 Association White Circle. All rights reserved.

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La neige tombe et transforme les alentours de notre cabane (56.92571478/ 117.64928341) en une mosaïque d’aplats fades, de nuances de gris sans reliefs d’où émergent ça et là de hauts mélèzes sombres. La chaleur relative de notre abri nous fait prendre les hurlements du vent qui se coule entre les branches nues des arbres pour un doux susurrement. A l’intérieur, notre poêle rayonne et nous aussi.

Cette cabane est le point final de notre voyage escargot à travers la Sibérie : des milliers de kilomètres de bouleaux, de plaines mornes et de soleils pâles à travers les vitres du Transsibérien puis les montagnes et une lente progression (entrée de la vallée : 56.8871474/ 117.9756546) accompagnée de nos pulkas, tantôt sur une rivière gelée, tantôt sur une ancienne piste taillée dans les taillis denses de pins et de mélèzes. Nous ne l’avions pas prévu ni même espéré mais cet abri de bonne fortune sera le nôtre pour les prochaines semaines, notre point de départ pour découvrir les vallées, les sommets et les hommes du massif du Kodar.
Cette cabane est aussi un fantasme qui fait se rencontrer entre ses planches de mélèzes Sylvain Tesson, Jack London, Michel Tournier, des idées de bonheurs isolés, de réflexions hors du temps.

Pour boire, nous devrons faire fondre de la glace cassée sur la rivière gelée, pour nous réchauffer, le bois dense des arbres de la taïga semble être une ressource illimitée, et pour manger… petite concession à la modernité, nous n’aurons qu’à réchauffer un des 300 plats lyophilisés apportés. Et la lecture, brouillée par nos souffles embrumés, le matin, le soir et tout au long des journées où le soleil reste derrière le ciel.
Cependant, même s’il serait doux de se laisser glisser tout entier dans ce fantasme de solitude arrosée de vodka au fond des bois, les sommets suspendus au dessus de la cabane nous proposent d’autres chapitres à cette histoire : du ski dans les couloirs sombres, du ski sur les faces éclairées, du ski sur les contre-pentes molles, du ski dans des nuages de neiges soulevées, du ski dans des nuages de flocons qui tombent… enfin du ski !

 

Une terre de glace

 

© 2015 Association White Circle. All rights reserved.

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Les flocons scintillent faiblement en tombant devant un soleil fatigué. S’équiper dans cet environnement silencieux et glacé demande encore plus de motivation que de temps. Lorsque nous mettons nos chaussures aux pieds, que nous collons nos peaux de phoque aux semelles de nos skis, le thermomètre est encore bloqué à -30°C, faute de ne pouvoir descendre plus bas.
Un torrent figé nous conduit jusqu’à la conclusion de la vallée principale de Sakoukan au dessus de laquelle s’élève une montagne sans nom prise dans un voile épais et mobile. Nous apercevons, débutant à son pied et s’évaporant peu après, un couloir large de quelques mètres formé par deux falaises de granits. A l’entame du couloir, nous croisons un lagopède qui oppose au vent et au grésille son plumage blanc horripilé. Je me trompe peut être mais je crois distinguer dans son sourcil noir soulevé et dans son bec à peine entrouvert comme un rictus, une moue dubitative, légèrement moqueuse.
Nous continuons notre chemin, d’abord en conversions puis crampons aux pieds. La neige est profonde dans le couloir et c’est en brasse coulée que nous rejoignons son sommet, un col égaré dans une face immense.
Dans les 4 points de suspension qui suivent, il y a tout le bonheur de glisser, de rebondir à ski dans une neige qui s’envole, de s’oublier un instant, de se voir plus grand qu’on est en réalité, petits points immobiles au cœur de quelques reliefs de la grande Russie : ….

 

Loin en aval, notre cabane apparaît comme une tâche noire au milieu de la taïga clairsemée. Nous n’avons plus alors qu’à nous laisser emporter jusqu’à elle et nous laisser envelopper de sa chaleur. Peut être Vladimir le chasseur sera-t-il là, nous gâtant une fois de plus de plus de pain, de viande et de bière ?

© 2015 Association White Circle. All rights reserved.

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13Mai. 2016

Un homme des neiges arrive ! Portrait de Victor

VictorPetit, j’ai eu la chance d’être trimballé dans un porte bébé de parents voyageurs, amoureux des terres polaires.

En grandissant, l’attirance pour ces régions s’est développée : je laisse mes premières traces de ski de fond en Finlande et expérimente la conduite d’un traîneau à chien (par ce biais, j’apprends d’ailleurs à éviter les arbres pour chuter dans la neige profonde, au grand plaisir de mon attelage narquois…). Lire la suite…

09Mai. 2016

L’exposition immersive Antarctica !

Les Lyonnais ont bien de la chance ! Et si vous n’êtes de pas de région, un détour par Lyon s’impose, car l’Antarctique s’installe dans la ville jusqu’à la fin de l’année avec « l’exposition immersive du musée des Confluences » : Antarctica.

Expo Antarctica

Antarctica_affiche
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04Mai. 2016

Portrait d’un photographe du froid : Vincent Munier

Vincent MunierVincent Munier est photographe animalier, spécialiste des images réalisées dans des conditions hivernales. Son père lui a appris dès l’enfance à respecter la quiétude du monde animal, tout en l’initiant à la photographie. Il aime la sérénité des grands espaces, la nature est sa première source d’inspiration.
Passionné et passionnant, il a reçu de nombreux prix d’excellence, comme le BBC Wildlife Photographer of the year et le Eric Hosking Award. Le grand public l’a découvert lors de la parution de son livre Blanc Nature, qui a rencontré un franc succès.
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26Avr. 2016

Marken : régate printanière en mer du Nord

Les Klipperrak de Marken 

« Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague,
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues,
Et de vagues rochers que les marées dépassent,
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse. » Jacques Brel

©Anaëlle Salmon - Les Klipperrak de Marken

©Anaëlle Salmon – Les Klipperrak de Marken

Wattenmeer, Markermeer, Ijsslmer… ces noms sortis d’ailleurs, ne vous parlent peut-être pas, et pourtant ils invitent au voyage. Au nord des Pays-Bas, de l’Allemagne et du Danemark, des passionnés de voile se rencontrent à Marken. A l’honneur, le Klipperrak hollandais, un style de bateau qui ressemble à nos vieux gréements. Dans ces zones où la marée est importante, certains d’entre eux sont à fond plat ce qui leur procure une allure bien particulière avec leurs dérives latérales en bois.

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06Avr. 2016

L’expo photo « L’appel du froid » à Paris

Des voyages qui mènent à « L’appel du froid »

Michel Rawicki EXPO "L'appel du froide"

De l’Antarctique au Groenland, en passant par la Sibérie, l’Alaska ou encore le Svalbard, la découverte des pôles a métamorphosé le parcours photographique de Michel Rawicki.Michel Rawicki
Michel commence à voyager au début des années 1990. Au fil de ses périples, il s’intéresse d’abord au monde des glaces, un monde de transformation et d’impermanence. Il se rapproche ensuite de la faune qui l’habite, un monde brut qui ramène l’homme à l’essentiel, à la simple lutte pour la survie. Habitées par une démarche esthétique et graphique, les photographies de Michel prennent naturellement une dimension éthique et contemplative, changeant peu à peu le regard de l’auteur et son approche de ce métier nature sensible.

La photographie dans les régions polaires lui permet de se lancer dans un double voyage; il est intérieur par la solitude de son entreprise ; mais il reste animé par la nécessité de témoigner, de partager sa vision de « l’appel du froid » dans un échange émerveillé. Le projet sur les grilles du Jardin du Luxembourg est le début d’une nouvelle aventure, qui permettra à Michel Rawicki d’exposer vingt ans de travail et plus de trente voyages dans cet univers blanc. Michel souhaite par cette exposition faire partager son amour des pôles, faire prendre conscience que la préservation de cette immensité fragile nous concerne tous au quotidien. Un message positif et lumineux dans un XXIe siècle traversé de tensions.

Plus d’info sur l’expo « L’appel du froid »

 

25Mar. 2016

5 conseils pour photographier des ours

© Tourism British Columbia - ours Grizzli - Colombie Britannique - Canada

Solveig, notre iconographe, partage ses bons conseils pour que tous les ours vous disent facilement « cheese » 😉

• Choisissez vos conditions de prise de vue en fonction de votre tempérament: pistez l’ours avec un guide (sensation d’aventure garantie !) ou guettez-le plus tranquillement depuis un affût.
• Dans les deux cas, respectez bien les règles de sécurité : ne vous approchez pas de l’animal et nourrissez-le encore moins car le coup de patte reste proche.
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