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Le blog de glace – Grand Nord Grand Large

Plus de 30 ans d'aventure polaires

Festival international du film Polaire

22fév. 2012

« La Voie du Pôle » sur Planete Thalassa

« La Voie du Pôle », qui a remporté le glaçon d’or 2012 au festival international du film polaire, sera diffusé en exclusivité sur Planète Thalassa à partir du 29 février à 20h40.


La voie du pôle (bande annonce) par Grand_Nord_Grand_Large

Voici toutes les dates et horaires de diffusion du doc :
Mercredi 29 février à 20h40
vendredi 02 mars à 22h30
Samedi 03 mars à 16h45
Lundi 05 mars à 07h50
Mercredi 07 mars à 13h30
Jeudi 08 mars à 17h45
Samedi 10 mars à 8h45
Mardi 13 mars à 9h30
Mercredi 14 mars à 17h45
Jeudi 15 mars à 23h30
Dimanche 18 mars à 08h45
Lundi 19 mars à 22h30
Dimanche 25 mars à 17h15
Dimanche 1er avril à 22h30

Voir le communiqué de Presse

26jan. 2012

Retours du Festival

Toute l’équipe du film LA VOIE DU PÔLE tient à remercier Grand Nord Grand Large pour ce festival et surtout pour ce « Glaçon d’or 2012″. Sébastien Roubinet et Rodolphe André le savent bien, on s’est vraiment tous fait peur au moment de la décision d’abandon de l’expédition qui est tombée brutalement, très tôt, trop tôt, suite à un problème technique à bord! Mais personne n’a rien lâché, ni Seb et Rod qui devaient absolument rentrer et rejoindre les côtes par leur propres moyens, sans abandonner l’idée de faire un film malgré un moral en berne, ni l’équipe film. Ni la base arrière, gérée par Anne-Lise, la compagne de Seb, ou encore Hervé Le Goff qui lui se trouvait sur Tara. A ce moment-là, dans nos échanges téléphonique et mail avec l’équipe sur la glace, j’avais parfois l’impression de parler à deux naufragés. Je leur demandais de ne rien lâcher, pendant ce temps Mike Mc Crary de 70NORTH (notre logistique à Deadhorse) s’est décarcassé pour nous obtenir des autorisations de traverser la zone BP pour les récupérer, je réorientais le film à distance, je me demandais bien si tout cela allait servir ? Avec Nicolas Zunino, le producteur du Cinquième rêve, nous avons rapidement pris la décision de me renvoyer sur le terrain  ! Il fallait des tripes pour faire ça ! En un rien de temps, branle-bas de combat, il a été décidé qu’on sortirait coûte que coûte un film, et moi, je devais aller au plus vite faire un état des lieux de ce qu’il serait possible de monter avec les images ! Et voir dans quel état on allait récupérer tout ce petit monde. Un vrai travail d’équipe, en discutant avec Nicolas, ça a été le déclic,  en plein été, quand Paris somnole écrasée de chaleur, Séverine Cappa notre directrice de prod à bouclé les vols, Audrey Michard de MFP le matériel et je suis reparti en Alaska rejoindre Vincent Berthet (avec qui je travaille depuis des années ) retrouver nos potes et voir comment récupérer le bateau, le tout avec la bénédiction des chaînes nous disant « bon vent, à vous de jouer les gars! »

Et heureusement qu’on y est allé. Cet ultime tournage a permis d’assurer le film!

Il manquait des images ici et là, on s’est fait peur, on s’est battu jusqu’en montage parfois avec Alexis Barbier-Bouvet, mais au final, le film est là et bien là! Nos partenaires, le coproducteur MFP et les chaînes Planète + Thalassa, France Télévisons Thalassa et TV5MONDE sont fiers du résultat et partagent avec nous aujourd’hui ce prix pour la toute première sortie publique de ce film !

Quant à moi, gagner deux années de suite au Festival International du Film Polaire, c’est un immense honneur!!! Merci GNGL!

Thierry Robert

25jan. 2012

Retour en images sur le Festival Internationnal du Film Polaire de Lyon

13jan. 2012

Vivre en enfer

Collection Documentaire 4 x 52’

Episode 1 : Créatures du Sel et de l’Acide
Episode 2 : Créatures du Chaud
Episode 3 : Créatures du Froid
Episode 4 : Créatures du Noir

Une collection de
Thierry Berrod

Réalisation
Episodes 2 et 3 : Vincent Amouroux

Une coproduction
Arte France
Mona Lisa Production
CNRS Images
IRD Audiovisuel

Avec la participation de
Ushuaïa TV
RTBF
Universcience.tv – La Web TV d’Universcience
IPEV
IFREMER

Avec le soutien de
Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée
Région Rhône-Alpes
PROCIREP ANGOA

Il y a encore trente ans, les scientifiques pensaient que certains lieux sur terre étaient stériles. La vie y était tout simplement impossible comme elle est absente des autres planètes.

Pourtant, certaines créatures sont parfaitement adaptées à des conditions de « vie » mortelles pour l’immense majorité des autres organismes. Les scientifiques les ont baptisés « extrêmophiles », qui aiment les conditions extrêmes. On les retrouve principalement dans les endroits les plus inhabitables de la planète :

- les grands lacs salés et les rivières acides : Lac Rose au Sénégal, marais salants en France, Lac Natron en Tanzanie, Lacs Mono et Owens aux Etats-Unis et rivière acide en Espagne
– les sources d’eau chaude : lac bouillonnant en Nouvelle-Zélande, parc Yellowstone aux Etats-Unis, ou fosse abyssale (Océans Pacifique et Atlantique)
- les glaciers et océans de l’Arctique et de l’Antarctique : moulins du Groenland, glaciers et fonds marins
- les grottes coupées du monde : Movilé en Roumanie, Postojna en Slovénie, Villa Luz au Mexique

Pour comprendre les secrets de l’évolution, les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des environnements aussi hostiles et dangereux pour nous.
Cette collection permet de suivre différents groupes de chercheurs à travers le monde, au cœurs des expéditions les plus extrêmes.

Cette série documentaire est un choc visuel, mélangeant de très nombreuses prises de vue aériennes Cineflex aux dernières technologies de prise de vue en microscopie optique et électronique.

Peu d’endroits sur terre bénéficient en effet de l’étrangeté, de la beauté et de la variété des paysages comme ceux où vivent les extrêmophiles.
La bizarrerie des couleurs, des formes et des comportements de ces micro-organismes en font également un univers particulièrement visuel au microscope ou en prise de vue aérienne.

Un zoom continu de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

CREATURES DU FROID
Épisode 3
Synopsis

Dans les environnements froids, les micro-organismes sont les rois. Ils sont à la base d’écosystèmes fragiles menacés par le réchauffement climatique.
Les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des milieux aussi instables et éphémères que sont la neige ou la glace.

Au Spitzberg, les plantes ont des poils et poussent en coussinets pour lutter contre le froid. Dans l’eau glacée des lacs d’altitude, des crustacés comme les daphnies pullulent et pondent des œufs hyper-résistants qui n’écloront que lorsque les conditions seront redevenues meilleures.
Sur le front du glacier, la température peut descendre à -30 degrés, pourtant on trouve des collemboles capables de sécréter un antigel.

L’Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland, est un des endroits les plus hostiles de la planète. La vie a trouvé refuge dans des trous à poussière. Ils peuvent geler ou s’évaporer à tout moment de la journée. Des conditions qui n’effraient pas le tardigrade, le superchampion de la résistance au froid. Il est capable d’entrer en état de cryptobiose, c’est-à-dire qu’il peut expulser quasiment toute l’eau de son corps et quasiment arrêter son métabolisme.

En Antarctique, les micro-algues poussent même sous la banquise. Avec le plancton, c’est un menu de choix pour le Krill. Cette petite crevette qui ne craint pas l’eau glacée est la clef de toute la chaîne alimentaire antarctique. C’est une ressource énergétique colossale pour les prédateurs des eaux australes, du manchot à la baleine en passant par le poisson des glaces.

Le poisson des glaces est un véritable extrêmophile. Son sang est devenu transparent et l’oxygène est directement filtré par ses énormes branchies. Il produit aussi des protéines qui jouent le rôle d’antigel.

Tous ces organismes et ces écosystèmes sont fragiles, on sait aujourd’hui qu’un degré d’élévation de la température moyenne sur l’ensemble de la planète correspond à une augmentation de 2 degrés au niveau des pôles. Les organismes adaptés au froid seront certainement les premiers sur la planète à subir lourdement les effets des variations climatiques actuelles.

DES IMAGES SPECTACULAIRES
Une première scientifique et technique

Des nouvelles technologies photographiques et cinématographiques

Les créatures des extrêmes ont rarement été filmées ou photographiées vivantes à de très forts grossissements. En fait, ces organismes sont très fragiles en dehors de leurs environnements habituels. D’autres perdent leurs couleurs naturelles dès qu’on les change d’habitat, comme certaines algues, rouges sang dans la glace du Groenland. Il a donc fallu amener les loupes binoculaires et les microscopes dans les lieux mêmes où les extrêmophiles vivent.
Nos microscopes ont ainsi été installés sur les glaces de l’Arctique, le sable de la vallée de la mort en Californie, ou encore à l’entrée des grottes toxiques de Movilé en Roumanie et de Villa Luz au Mexique.

D’autre part, ces organismes ont été également filmés, certains pour la première fois en microscopie électronique ou au micro-scanner. Ces techniques nous permettent d’approcher des détails insoupçonnés, de faire des gros plans sur certains organes ou certaines parties du corps de façon totalement inédite. L’objectif de ces images uniques est de montrer les secrets, les particularités anatomiques, et d’expliquer leurs formidables capacités d’adaptation tout en sublimant leur beauté plastique.

Mais le microscope électronique confirme aussi que certains organes ont totalement disparu, comme les yeux de la nèpe de Movilé.

Pour obtenir ces extraordinaires agrandissements avec une netteté sur tous les différents plans, la microscopie électronique à balayage utilise les électrons au même titre que la microscopie optique utilise les photons pour former une image. La différence est que les électrons sont si petits qu’ils peuvent atteindre les moindres reliefs et donc révéler les détails, là où les particules de lumière auraient du mal à accéder. Les images obtenues sont en noir et blanc, puis elles sont colorisées à l’ordinateur.

Un procédé breveté

Bien que la photographie au microscope électronique existe depuis de nombreuses années, il a fallu attendre 1998 pour voir le premier film avec des insectes et des acariens vivants, réalisé avec le brevet déposé par Thierry Berrod et Mona Lisa Production, grâce à une nouvelle génération de microscopes électroniques environnementaux développés par FEI. Mona Lisa Production est régulièrement consultée par la BBC, National Geographic, car elle est la seule société à maîtriser ces techniques qu’elle continue de perfectionner au fil des années.

Pour la première fois un micro-scanner à été utilisé sur des créatures de l’extrême afin de les montrer en transparence.
Cette innovation a permis de voir un monde inédit.

Les entrailles des créatures de l’Extrême visibles avec le Micro-Scanner

Une question reste en suspens : quelles sont les adaptations de certains de ses animaux pour vivre dans ces Enfers ?

La réponse est cachée sous leur peau ou sous leur cuticule…
Seule la technique du micro-scanner nous permet de voir le foie démesuré du protée qui transforme la nourriture en super carburant.
De même lorsqu’on observe un poisson des glaces pris dans la glace, on s’aperçoit que ses entrailles sont indemnes contrairement aux viscères d’un poisson normal qui sont transpercées par des cristaux.

Ces techniques sont donc non seulement intéressantes par leur esthétique souvent étonnantes mais aussi par l’avancée scientifique évidente de leur lecture.

DES CONDITIONS DE TOURNAGE EXTRÊMES

Si les Extrêmophiles sont parfaitement adaptés aux conditions les plus extrêmes de la planète, nos organismes et nos matériels de tournage ne le sont pas.

Lors de ces 2 ans et demi de tournage, nous avons affronté des températures avoisinant plus 50°C et moins 25°C. Certaines expéditions ont nécessité de transporter 1,4 Tonne de matériel pour pouvoir vivre et dormir plusieurs semaines de façon autonome isolé au milieu des glaces du Groenland…

Certains d’entre nous ont perdu 8 kilos par tournage, d’autres ont dû attendre les rares rotations bateau pendant plusieurs semaines ou décaler leur retour à cause d’une tempête de neige interdisant l’héliportage.

13jan. 2012

3 questions à frédéric jouve, caméraman et réalisateur du film « L’ALLÉE DES GLACES »,

Pour ce film « L’ALLÉE DES GLACES », comment est venue cette idée ?
Réponse :  » Il s’agit avant tout d’une rencontre avec Olivier Pitras que j’avais invité lors d’une émission de radio sur RTL sur laquelle j’officiais en tant que Directeur des Programmes. Une amitié est née entre passionnés de la mer et de la navigation. Quelques mois plus tard Olivier me demande si je suis libre pour l’aider à convoyer Southern Star, son bateau, à Tromso depuis le Spitzberg. Etant moi même skipper, Olivier m’offre un poste de chef de quart à son bord et me permet de découvrir l’archipel du Svalbard avant de rentrer en Norvège continentale. A partir de ce moment là, je ne le sais pas encore mais la passion du Grand Nord vient de naitre.

A bord Olivier évoque son envie de découvrir le Scoresbysund au Groenland. Quelques mois plus tard, nous nous retrouvons avec Olivier à Paris et nous reprenons notre discussion concernant le Scoresbysund et nous tombons d’accord pour finalement tenter quelque chose de plus osé pour un voilier : explorer les côtes les plus au Nord possible. Va t-on réussir à traverser les mâchoires des banquises dérivantes ? C’est tout l’enjeu du film.

Banco ! me dit Olivier et il se met à la recherche des équipiers capables de nous suivre dans cette formidable aventure humaine. Ce film est une véritable histoire où le public embarque avec nous à bord du voilier polaire Southern Star lui permettant de vivre notre expédition en temps réel comme s’il faisait partie de l’équipage. C’est un documentaire filmé en totale immersion.

Vous êtes satisfait du résultat ?
Réponse : Plus que satisfait ! L’ALLÉE DES GLACES nous embarque immédiatement dans son histoire, que vous soyez marin ou terrien, grand voyageur ou urbain, c’est un documentaire fait pour toutes et tous. Vous aurez l’occasion de voir des images rarissimes comme le Keiser Franz Joseph Fjord qui est le point le plus Nord que nous ayons pu atteindre compte tenu de la quantité de glace présente ou encore un ours polaire perché sur une baleine en plein festin mais aussi des morses, des phoques et des paysages époustouflants de montagnes vieilles de plus de 400 millions d’années aux couleurs incroyables, des baleines à bosses comme si vous pouviez les toucher, des Icebergs de la taille d’immeubles, la traversée de trois ceintures de glaces et l’arrivée d’une tempête qui a fait des ravages aux Etats-Unis auparavant et qui nous frappera en pleine nuit …

Avez vous des anecdotes marquantes lors du déroulement de l’expédition ?
Réponse : Oui bien sûr, naviguer dans une région où peu de gens vont, mal hydrographiée, avec beaucoup de glace, particulièrement cette année, laisse une grande part aux impondérables. Nous avons dû par exemple longer la banquise sur 180 kilomètres supplémentaires pour accéder à la côte par rapport aux cartes disponibles. Ce n’est pas rien, imaginez une sortie d’autoroute prévue à Lyon et finalement il faut pousser jusqu’à Avignon, ça change les plans !

Une autre anecdote ou imprévu c’est quand il a fallu dégager du fjord Scoresbysund au plus vite alors qu’il semblait à priori pouvoir nous offrir un abri sûr. En fait la glace en a décidé autrement, elle descendait quatre fois plus vite que d’habitude et menacait de fermer le fjord pour l’hiver. Nous avons dû à la hâte nous préparer à retourner en Norvège avant la date et surtout en nous jetant dans du mauvais temps, pas d’autre choix.

Nous avons aussi adoré notre rencontre avec les enfants et les habitants du village le plus isolé du Groenland à Ittoqqortoormiit ainsi que notre face à face avec un Ours polaire lors de la traversée d’une banquise dérivante…

11jan. 2012

Ne vous fiez Jamais totalement aux critiques de cinéma

L’histoire est simple, tragique.
Quelques semaines avant la sortie en salle de Kabloonak, en 1994, est paru sur tous les écrans de France et de Navarre, un très grand navet hollywoodien sensé représenter le monde esquimau. La critique est unanime et porte au nue ce film (qui ne mérite même pas d’être cité !)
Mais le public qui s’est rendu en masse pour voir le navet n’est pas dupe, et quand quelques semaines plus tard, parait à son tour Kabloonak, il ne se laisse pas avoir une deuxième fois, boude le film (pour qui, en plus, la critique est encore unanime: Kabloonak est descendu en flèche !)
Résultat: Kabloonak est un fiasco financier, Claude Massot, qui a investi plusieurs années de sa vie, et une grande partie de ses économies, pour réaliser ce film, est en pleine dépression; il se suicide peu de temps après.
La boite de prod disparait, le film est saisi, et devient pratiquement introuvable, au point que, lorsque nous décidons de réunir les deux films, Nanook of the North et Kabloonak, dans une projection unique au Musée de l’Homme, pour les dix ans de la disparition de Claude Massot, le vide juridique est total: impossible d’avoir des autorisations de projeter.
Nous décidons malgré tout de maintenir la projection. La veille, je retrouve grâce à internet, les enfants de Claude Massot qui seront présents à cette soirée ; le pianiste Eric Leguen, qui a été pendant des années , le pianiste attitré de la famille Mélies, est un vieil ami des années spéléo, où nous avons usé bien des combinaisons… il me propose de projeter Nanook of the Norh, comme à la « belle époque », accompagné au piano..
.La soirée est mémorable, des 250 personnes, présentes ce soir là au Musée de l’Homme, beaucoup en repartiront la « larme à l’oeil »!
Depuis la « renaissance » de Kabloonak, presque une décennie s’est encore écoulée, le « navet » est tombé dans l’oubli… Kabloonak quant à lu, à rejoint « les Noces de Palo (Knud Rasmussen, 1933), de La saga des Inuit (5 films
de Jean Malaurie, 2007) et Atanarjuat (Zacharias Kunuk, 2001) qui ensembles constituent le patrimoine des grands
films ethnographiques polaires.

Kabloonak est maintenant vendu avec Nanok of the north (version 1927, sonorisée en anglais) (lien vers livres polaires) ; prochainement  devrait s’y ajouter une deuxième version, celle de 1922. (muette), accompagnée au piano (in live) par Erc Leuguen.

Jean Luc Albouy

11jan. 2012

A propos de « under the pole » 3 mots de Thierry robert

C’est vrai que le film « On a Marché sous le Pôle » (qui a reçu 11 Prix dans les festivals Internationaux, glaçon d’Or 2011) a beaucoup été diffusé en télé et vu maintenant par la plupart d’entre vous, amoureux des films polaires, mais le voir sur grand écran, en Haute Définition, est une toute autre expérience! On est comme aspiré dans l’image, ça donne vraiment la sensation d’être embarqué dans l’expédition Deepsea Under The Pole et sous les glaces, on réalise vraiment la dimension de ces plongées! C’est quand même un autre monde, surtout lorsqu’on sait le mixage que ce film a reçu, Un mix très dynamique, digne du cinéma par Philippe Vaidie, un des cadors de France Télévisions. Et le public ne s’y trompe pas !. A voir absolument sur grand écran, même si vous croyez l’avoir déjà vu, il s’agit d’une toute autre expérience ! D’ailleurs ce n’est pas pour rien que ce film est en tournée en salle dans 30 pays (USA, Canada compris) dans le Banff World Tour, il s’y prête totalement ! »

En savoir plus sur Thierry Robert

06jan. 2012

« Huis Clos Islandais » un film réalisé par Philippe Sauve,

productions Slava et H.S.R.A. 29 minutes, 2011

SYNOPSIS
Georges Nicolas, non-voyant depuis 1995, tente la traversée de l’Islande à pied, en compagnie de Philippe Sauve. Des champs de laves éjectées des volcans au pied du plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, en passant par les désolants territoires des Highlands, Georges marche en butant sur chacun des cailloux jalonnant son chemin et ne distinguant du pays traversé qu’un décor en noir et blanc.

PORTRAIT – GEORGES NICOLAS et PHILIPPE SAUVE
Georges Nicolas est l’auteur d’un raid à chien de traîneau en Laponie finlandaise et le fondateur de l’association Handicap Sport Raid Aventure qui permet à des personnes mal voyantes de pratiquer des sports extrêmes : escalade, parapente… Il se consacre aujourd’hui à la préparation de plusieurs expéditions. Philippe Sauve voyage depuis près de 20 ans. Membre de la Société des Explorateurs Français, conférencier et réalisateur, il vit aujourd’hui dans le Var.

LA TRAVERSEE DE L’ISLANDE A PIED AVEC GEORGES NICOLAS, NON-VOYANT
Imaginez que vous marchez sur une route et que vous n’entendez que le son d’une canne blanche qui frappe le goudron. Imaginez que vous êtes parti traverser un pays : l’Islande, mais que de ce voyage vous ne verrez rien, ni le ciel ni la terre, aucun visage, aucun paysage. Cette maladie rare, nommée choroïdite multifocale bilatérale, évolutive, vous a rendu aveugle, et bientôt c’est à votre ouïe qu’elle s’en prendra. Ainsi, vous ne percevrez plus que dans le lointain les heurts de votre canne sur le bitume, le chant des torrents des cascades ou le son du vent fouettant votre visage. Que vous restera-t-il alors pour apprécier l’univers qui vous entoure ? Georges Nicolas est allé chercher la réponse à cette question au bout d’un effort surhumain, butant sur chacun des cailloux jalonnant son chemin, ne distinguant du pays traversé qu’un décor en noir et blanc.
Georges marche agrippé à mon bras comme il tient le harnais de sa chienne guide Thémis. Nous n’avons pas pu l’emmener avec nous pour cette expédition, car l’Islande met en quarantaine, aux frais des propriétaires, tout animal étranger. Je deviens les yeux de mon compagnon.
Je lui indique les obstacles du terrain et lui décris les zones visitées. Nous quittons la ville départ de notre voyage, nommée Husavik. L’air marin du port des pêcheurs islandais, venu de l’océan des baleines, où se confondent l’Atlantique Nord et la mer Arctique, s’attenue sur la route qui mène à l’intérieur des terres. Nous empruntons la piste F26 qui traverse l’Islande du Nord au Sud, sur près de 300 kilomètres.
Des champs de laves éjectées des volcans au pied du plus grand glacier d’Europe, le Vatnajökull, en passant par les désolants territoires des Highlands où ne peuvent survivre que les cailloux, lieux où se sont déroulés les entraînements des cosmonautes en partance pour la lune, nous marchons comme deux sherpas mal entraînés, portant une charge de 20 kilogrammes : le poids de notre autonomie constituée de nourritures lyophilisées et de l’équipement de campement.
L’automne n’a pas de feuilles à rougir en ces régions dépourvues de végétation. L’hiver y installe dés septembre son froid polaire. Les rivières des glaciers ne coulent plus assez pour remplir nos bouteilles. Nous puisons dans des marres croupissantes l’élément vital et le purifions avec l’aide de pastilles magiques, désinfectantes, appelées micro-pures.
Si au début de la marche la main de Georges agrippée à mon bras me déséquilibre, elle devient en quelques jours un véritable soutien. Nous faisons à présent corps dans notre avancée improbable. L’humour prend souvent le pas sur la fatigue : « Tu as de la chance de ne pas voir les immensités qu’il nous reste à franchir ! » dis-je à mon ami.
Je m’épuise psychologiquement en surveillant les cailloux placés sur le chemin de Georges, tandis qu’il s’épuise parce qu’il ne voit rien du chaos sous ses pieds. Au point qu’au sommet d’un col à 700 mètres, abrités des vents violents derrière un bloc, nous comprenons que la marche doit cesser. Après des crevasses au pied provoquées par le frottement de ses chaussures, voilà qu’une vilaine entorse à la cheville empêche mon équipier d’effectuer les 25 kilomètres journaliers. Ce n’est donc pas le manque de vision qui fait obstacle à notre avancée, ni même notre condition physique qui se renforce depuis notre départ, mais la solidité de nos pieds. « Maintenant, me dit Georges, tu voyages avec un aveugle boiteux ! »
Quelques jours de repos s’avèrent nécessaires. Cela nous oblige à abandonner l’idée de notre projet initial de traverser le pays à pied dans sa totalité. Mais qu’importent les distances accomplies. L’essentiel n’est-il pas ce voyage peu banal, vécu ensemble, avec nos deux perceptions différentes de ce drôle d’univers alentour, que nous pouvons partager. Cette différence de perception nous donne parfois l’impression de vivre cette aventure chacun de notre côté, comme si la non voyance de Georges nous séparait de mille lieux. Nous demeurons pourtant étroitement liés pour nous extraire ensemble des dunes lunaires.
Au bout de la piste F26, atteinte finalement grâce à l’aide d’un couple d’Islandais à bord de leur 4×4, la canne blanche de Georges reprend son toc-toc lancinant sur l’asphalte d’une route rectiligne qui mène à la mer du sud. Au pied des volcans Hekla et Eyjafjallajökull, en perpétuelle activité, ou sous les fumeroles des sources d’eau chaude, nous continuons d’avancer malgré les douleurs de l’entorse, et parvenons enfin à accomplir nos derniers kilomètres. ( près de 150 )
20 jours après notre départ, et le franchissement d’une vaste plage, le chahut des vagues inspire la fin du voyage. Au sommet d’une butte se profile à l’horizon la bande éblouissante de la mer agitée. Georges se tient à sa canne. A la senteur des effluves marins, il ne peut s’empêcher d’éclater en sanglots, tant l’effort pour atteindre ce but a été éprouvant.
Je lui demande alors : « Depuis que tu as perdu la vue en 1995, qu’est-ce qui t’aide à avancer ? » Il me répond : « Je continue de vivre et marche pour mes amis, ma famille, ma femme et ma petite-fille dont je ne connais pas le visage. Elle sera toujours une ombre… »

Philippe Sauve

05jan. 2012

Le Pêcheur par Viatcheslav Semionov

Les 20 et 21 janvier prochain, le Festival International du Film Polaire présentera Le Pêcheur (Balyksyt) un film inédit, réalisé par le Iakoute Viatcheslav Semionov.

L’histoire est simple et touchante : en pays sakha, au coeur de la forêt sibérienne, un vieux pêcheur vit sur la rive d’un lac oublié. Fuyant les hommes, tel un ermite, il loue chaque jour les esprits pour la nourriture que la nature lui donne. Un jour, alors qu’il relève ses nasses, il aperçoit la tête d’un homme qui dépasse de l’eau. D’abord terrifié par la vision de cette tête coupée, il se rend compte que l’homme est vivant. Il décide de lui venir en aide…

Le film touche par sa sensibilité et son esthétisme. Même après avoir regardé le film trois fois, le spectateur découvre les clefs des métaphores liées aux éléments de la nature et savamment maîtrisées par le réalisateur. Interrogé sur sa passion du cinéma, Viatcheslav Semionov répond :
“Je suis né dans un village évenk de la région d’Aldan en Iakoutie. J’ai commencé à m’intéresser à l’image par le biais de la photographie : mon frère avait un appareil photo et je l’accompagnais partout. J’ai terminé les cours de cinéma de Naoumov à Moscou. Mes films de fiction s’inspirent des auteurs iakoutes dont j’aime mettre les oeuvres en image.
A travers mes films, j’aime montrer la diversité de la Iakoutie : celle de ses paysages, la montagne, la toundra… et celle de ses habitants. Pour les peuples du Nord, la règle est de s’entraider car un homme seul ne peut survivre aux conditions extrêmes de notre hiver polaire. Le quotidien de ces peuples est menacé et je considère comme ma mission de les filmer.
Malgré l’athéisme dans lequel il a été élevé au XXe siècle, le peuple sakha a conservé le sentiment que les esprits sont présents autour de nous et que dans la nature tout a une âme. Pourtant, aujourd’hui, l’être humain enfant de la nature, même en Iakoutie, a rompu la relation privilégiée qu’il avait avec son environnement. Le héros de mon film Balyksyt chérit la nature qui l’entoure et continue de vivre comme nos ancêtres. L’aigle-pêcheur qui incarne le double de mon héros est une métaphore de la préciosité de ses êtres qui savent vivre en harmonie avec la nature : comme ce pêcheur solitaire, l’aigle pêcheur est une espèce en voie de disparition…”

La projection de ce film sera l’occasion de découvrir le Grand Nord sibérien sous un nouveau jour, loin des stéréotypes qui en font le pays du goulag et des neiges éternelles.

La République Sakha (Iakoutie) s’étend dans l’Extrême-Orient russe sur un territoire équivalent aux 2/3 de l’Europe. Si le pays est riche en ressources naturelles, une grande partie de la population continue de vivre de l’élevage, de la pêche et de la chasse dans la taïga, la toundra et les montagnes. Les Sakhas (ou Iakoutes) représentent environ 350.000 sur les 950.000 habitants, dont beaucoup vivent aujourd’hui dans les treize villes de Iakoutie. Dans ce pays dont l’activité économique est essentiellement fondée sur l’élevage et l’industrie minière, le cinéma est un art nouveau qui se développe lentement grâce à l’enthousiasme de réalisateurs passionnés. A travers leurs oeuvres, ils montrent toutes les facettes d’une Iakoutie qui se nourrit des traditions des ancêtres pour construire l’avenir des générations futures.

Balyksyt est sous-titré et distribué par BOREALIA (www.borealia.eu)

04jan. 2012

Interview du Taranaute Vincent Hilaire

En 2007-2008, j’ai embarqué  comme correspondant d’expédition à bord de la goélette Tara, dans le cadre de l’expédition « Tara Arctic ». En charge des reportages à bord pour « alimenter » le site internet des expéditions, j’ai vécu ainsi ma première nuit polaire.
Au cours des tournages, les dix équipiers prisonniers volontaires de la banquise, vivaient ensemble pour la majeure partie leur première grande aventure. Dans les rushs des tournages réalisés pour le site et les films scientifiques, j’ai pu capturer de nombreuses situations drôles et cocasses. Souvent parce que les « Taranautes », ces « polaires » prisonniers de cette glacionef, étaient totalement décomplexés devant la caméra profitant naturellement des ces instants uniques, aussi parce qu’ils étaient quelquefois en quête de moments de décompression dans ce huis clos polaire. La caméra était alors un regard complice qui prolongeait le mien.

« Strange Community » est donc  une parodie, une approche décalée et volontairement humoristique de notre épopée polaire. Du quotidien  d’une expédition scientifique.  Les sons, les scènes enregistrées et même les interviews ont été détournées de leur sens originel, appuyé par un commentaire qui montre  l’incompréhension dans laquelle cette expédition plonge le narrateur. Le montage et le choix des musiques et des sons très particuliers en assurent  l’alchimie finale. Le morceau d’accordéon a été enregistrée à bord de Tara, il est interprété par Samuel Audrain, qui était aussi le chef mécanicien du bord.
Il faut savoir enfin que pour ce film tourné et monté à bord, le choix de l’anglais s’est imposé pour permettre à l’équipage international d’accepter aussi l’idée de ce projet et sa réalisation. Il m’a fallu à peu près un mois en dehors des tâches quotidiennes du bord pour monter cet OCNI (objet cinématographique non identifié). C’est avant tout un clin d’œil décalé, un moment qui se veut différent des films scientifiques, artistiques ou documentaires qu’on voit le plus souvent sur les aventures polaires.
C’est enfin l’occasion de montrer aussi, avec un peu plus d’intimité, la vie quotidienne sur la banquise d’une communauté éphémère de femmes et d’hommes.

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