Il ne manquait plus que cela ! On sait que le réchauffement de l’atmosphère a entraîné celui des océans et a fragilisé la banquise ; on sait que l’océan, n’en pouvant plus d’absorber le CO2, s’acidifie. Attendez-vous encore à pire : il perd son oxygène !

Sérieusement : les Nuits Polaires, c’est bien joli, mais elles n’arrêtent pas le temps. Elles ne vont pas non plus suspendre mes chroniques sur le réchauffement des Pôles. Peut-être savez vous que le GIEC a publié ses conclusions sur l’état des banquises et des glaciers dans le monde, suite aux deux années de recherches approfondies qui s’achèvent (année polaire internationale). Au cours de printemps, quand nous aurons un peu plus de recul, je vous présenterai un bilan de la situation, avant l’arrivée des données de 2009. C’est un autre « problème » que je voudrais évoquer aujourd’hui. ocean Les scientifiques parlent de déplétion en oxygène. Ma confiance dans les modèles informatiques de prédiction des évolutions climatiques a beau être toute relative, il n’empêche que les résultats font réfléchir. Selon un programme fort complexe mis au point par les Danois, et qui prend en compte les principaux paramètres climatiques et océaniques relevés depuis 1765, nous devons nous attendre à un appauvrissement en oxygène très conséquent de nombreuses zones océaniques. (Sources : Danish Centre for Earth System Science – DCESS ). Pourquoi ? Parce que les eaux étant plus chaudes, elles circulent plus difficilement. Manque de brassage, en quelque sorte. C’est une question de circulation verticale : cette dernière, alanguie par la chaleur, n’envoie plus au fond des océans l’oxygène nécessaire. Nécessaire à quoi ? A la vie, tout simplement. Cette prévision d’un « appauvrissement en oxygène sévère et à long terme» conduirait à une extension conséquente de ce que les scientifiques appellent les régions suboxiques. Entendez, les volumes d’océan ne contenant pas suffisamment d’oxygène pour autoriser le maintien des vertébrés à branchie. Il restera bien des petites bêtes capables de s’adapter, mais les poissons, très gourmands en oxygène, inutile d’y songer. Leur domaine d’extension devrait donc se réduire considérablement dans les décennies ou les siècles à venir, y compris sur les plateaux continentaux (d’un facteur de 3 à 7, selon le même modèle). On appelle ça la « ressource halieutique », déjà réputée mal en point. Décidément, on ne sait plus bien où il va faire bon respirer – même pas au fond de l’eau – ni ce qu’on va manger. Tout cela, bien entendu, trouve sa cause profonde dans nos rejets monstrueux de GES (gaz à effets de serre) ; lesquels gaz, rappelons-le, étaient stockés sous forme liquide dans les couches géologiques de la Terre depuis des millions d’années, et n’avaient pas demandé à se retrouver expulsés dans l’atmosphère du jour au lendemain. Enfin, bref. On récolte ce que l’on sème. On vous l’avait bien dit qu’il fallait pédaler, manger de la salade, construire en bois, porter un bonnet de nuit, voyager en train et favoriser les productions locales ! On vous l’avait bien dit qu’il ne fallait plus toucher à cette cochonnerie de pétrole. Alors voilà. Oups ! J’oubliais : la déplétion massive en oxygène des océans serait la véritable cause des vagues d’extinction des espèces, y compris la plus importante, il y a 250 millions d’années. Articles en rapport sur le Blog de glace : Le testament des manchots Quatre-vidéos-pour-tout-comprendre-sur-le-bouleversement-des-océans Un bilan 2008 pas vraiment prometteur Un éléphant qui ne trompe pas

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