ours traceL’info provient de l’AFP. À quelques jours d’une importante réunion des cinq pays riverains de l’océan Arctique (Etats-Unis, Canada, Russie, Norvège, Danemark), le Fonds mondial pour la nature (WWF) a appelé ces pays à se montrer exemplaires dans la lutte contre le changement climatique, principale menace pesant sur l’animal emblématique de l’Arctique.

Des appels au respect de la nature, ça ne coûte rien d’en lancer, surtout pour une organisation dont c’est le rôle. Qu’ils soient entendus, c’est tout autre chose. Surtout que le cas de l’ours polaire n’est pas encore aussi dramatique qu’on tend à le montrer : la disparition de la banquise pluriannuelle polaire est presque même une bonne nouvelle pour le prédateur qui chasse uniquement sur la banquise annuelle fine (1 mètre d’épaisseur environ) dans laquelle le phoque peut entretenir des trous de respiration. Son aire de répartition se déplacera donc au nord, avec la disparition assez probable de la population de la baie d’Hudson. Et puis, si on ne veut pas que les ours meurent de faim, il suffit de leur donner à manger en été, comme les vautours fauve réintroduits dans nos montagnes ! Une carcasse de petit rorqual nourrira une dizaine d’animaux pendant les mois de disette : juin à octobre. D’accord, ça casse un peu le mythe… Cependant, si l’on agite le spectre de la disparition de l’ours, c’est surtout pour alerter de tout ce qui s’éteint autour de lui (et aussi en nous-mêmes) et qu’on ne remarque pas. Pour moi qui suis amené à fréquenter le terrain polaire, je préfère quand il n’y a pas trop d’ours… Au jour d’aujourd’hui, il y en a encore beaucoup, bien plus que de tigres au Bengale ! Et croyez bien que ça ne me rassure pas… Enfin, voici le communiqué de l’Agence France Presse : ourslong Oslo (AFP – 12/03/09) – WWF a sommé les états abritant l’ours polaire de jouer un rôle moteur dans la réduction des émissions de gaz a effet de serre au nom des obligations prises pour la survie du plantigrade. « C’est l’homme qui a créé le problème, c’est a lui de le résoudre », a déclare Rasmus Hansson, secrétaire général de WWF Norvège, lors d’une rencontre avec la presse. « Certains de ces pays sont aussi très importants dans la politique internationale sur le changement climatique », a-t-il dit. Selon des estimations de l’Institut d’études géologiques américain (USGS) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature, les deux tiers des 20 a 25.000 ours polaires vivant aujourd’hui risquent de disparaître du fait du réchauffement planétaire d’ici 50 ans. Les pays abritant des ours polaires se réuniront de mardi a jeudi a Tromsö (nord de la Norvège) pour réfléchir a la protection de l’animal face aux menaces apparues depuis 1973, date de signature d’un accord de conservation entre les cinq Etats, à une époque où la seule menace connue était la chasse. « Personne ne pensait au changement climatique à cette époque », a souligne Thor Larsen, un chercheur qui avait participé à la négociation de l’accord. M. Hansson a relevé que la réunion de suivi de Tromsö aurait lieu à « un moment extrêmement important », en amont de la conférence de Copenhague prévue entre le 7 et le 18 décembre pour trouver un accord post-Kyoto sur le changement climatique. « Aux Etats-Unis, Barack Obama a envoyé des signaux complètement différents de ceux de l’administration précédente sur le climat », a souligné M. Hansson, qui dit espérer que cette inflexion serait visible a Tromsö. Selon certaines estimations, la banquise, le terrain de chasse de l’ours, pourrait complètement disparaître dans l’Arctique en été dès 2020. « Pas de banquise, ça veut dire pas d’ours polaires. C’est aussi simple que cela », a déclaré l’Américain Geoff York, un ancien de l’USGS, aujourd’hui spécialiste des ours pour WWF. Selon lui, il n’est pas trop tard pour agir. « Nous savons que les ours polaires ont survécu à des périodes de réchauffement dans le passé. Nous ne savons pas comment mais si on leur donne assez d’espace, ils s’adapteront autant que cela est possible », a-t-il dit. « Mais le problème des activités pétrolières, minières et militaires, et celui du transport maritime ne se posaient pas pendant ces périodes de réchauffement », a-t-il ajouté, plaidant pour la retenue dans tous ces domaines.

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