Nicholas Stern, vous vous souvenez ? Cet économiste anglais qui, en 2006, a chiffré le coût économique du réchauffement climatique. Voilà que l’homme s’est fait de nouveau entendre la semaine dernière à l’occasion d’un congrès à Copenhague. Justement, j’y étais ! Pas au congrès, mais à Copenhague, où je prêchais non pas devant une assemblée de scientifiques, mais devant les enfants de cycle 3 du lycée français de la capitale danoise…

Oui, il faut commencer tôt… J’espère que ces petites bouilles grandiront avec une petite étoile au fond du cœur, qu’elles rêveront de banquise et d’ours polaire, et seront les artisans d’un réel changement de société. Car il y a urgence, et notre modèle est périmé. Pas besoin de s’appeler Nicholas Stern pour s’en apercevoir. Pour moi, la meilleure nouvelle de l’année, c’est la crise économique qui pousse à faire attention à son portefeuille et donc à consommer un peu moins. On attend avec impatience le retour de l’inflation sur les produits pétroliers ! Les évolutions technologiques et sociétales se faisant attendre, il va falloir compter sur le système D… Quant aux arguments de notre économiste anglais préféré, les voici présentés dans le communiqué de l’AFP ci-dessous : Copenhague (AFP) – Les conséquences économiques du réchauffement climatique ont été sous-estimées, a averti jeudi à Copenhague l’économiste Nicholas Stern, exhortant les experts du climat à dire plus haut et plus fort la catastrophe humanitaire à venir en l’absence d’une réaction vigoureuse. Il y a eu « beaucoup d’information scientifique sur une hausse de 2 ou 3 degrés » Celsius de la température moyenne de la planète, « mais vous devez dire aux gens – clairement et fortement – ce que représenterait une hausse de 4, 5 ou 6 degrés », a déclaré M. Stern devant plusieurs centaines de scientifiques réunis a Copenhague. « Des milliards de personnes seraient contraintes a l’exil et nous savons que cela entraînerait une longue période de conflit », a explique l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale, soulignant qu’il ne s’agissait pas d’une hypothèse farfelue. Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec), la température moyenne de la planète pourrait grimper de +1,1 a +6,4°C d’ici a 2100 par rapport a la fin du 20e siècle. Dans un « message final » publié à l’issue d’un congrès auquel ont participé quelque 2.500 délègues de près de 80 pays, les organisateurs affirment que « les récentes observations confirment que (…) les pires scénarios du Giec sont en train de se réaliser ». Afin de limiter la hausse des températures a environ 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, les experts du Giec estiment que les émissions mondiales de gaz a effet de serre devront atteindre un pic aux alentours de 2015 puis baisser drastiquement à partir de cette date. Rappelant que certains gaz a effet de serre s’accumulent dans l’atmosphère pendant des centaines d’années, Nicholas Stern, auteur d’un rapport-référence sur le coût du changement climatique publié fin 2006, a souligné que tout retard dans l’action se paierait au prix fort. « Ce n’est pas une négociation de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) ou, si les négociations échouent, vous les reprenez cinq ans plus tard pratiquement au même point », a-t-il ironise. Selon l’économiste britannique, une meilleure prise de conscience des risques associés a un scénario de « business as usual », permettrait aux populations – et aux décideurs politiques – de mieux comprendre la nécessite de consacrer, selon ses calculs, l’équivalent de 1% a 2% du PIB mondial par an a la lutte contre le réchauffement. « Le coût de l’inaction est supérieur a ce que j’avais présenté » en octobre 2006, a-t-il expliqué, tout en soulignant les avancées dans la recherche sur le climat réalisées « au cours des deux ou trois dernières années ». « Il existe un sentiment de frustration » dans la communauté scientifique, a noté Katherine Richardson, vice-recteur de l’Université de Copenhague, qui organisait cette conférence. « Nous réalisons que ce sur quoi nous travaillons est tellement compliqué mais aussi tellement urgent que nous avons le devoir de nous assurer que nos résultats soient compris. Nous ne l’avons pas très bien fait jusqu’ici », a-t-elle expliqué. Commentant les négociations internationales en cours, M. Stern a affirmé être « plus optimiste » qu’il y a deux ans en raison d’une meilleure compréhension des enjeux, de la rapidité des avancées technologiques et d’un « changement politique » sur le sujet, en particulier aux États-Unis. La communauté internationale s’est donné rendez-vous en décembre à Copenhague pour tenter de trouver un accord global sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Partagez cet article...