Image_11.pngA bord du M/S Pr. Multanovskiy Au départ de l’Islande, nous filons vers le Groenland, la région de Tasiilaq et naviguons le long de la côte orientale du Groenland. En apercevant d’abord la fameuse calotte glaciaire, enjeu de nombreuses recherches scientifiques et d’aventures sportives, nous traversons le cercle polaire pour tenter d’atteindre le célèbre fjord de Kangerlussuatsiaq.

Image_22.pngLa croisière complète:
A bord du M/S Pr. Multanovskiy.
Au départ de l’Islande, nous filons vers le Groenland, la région de Tasiilaq et naviguons le long de la côte orientale du Groenland. En apercevant d’abord la fameuse calotte glaciaire, enjeu de nombreuses recherches scientifiques et d’aventures sportives, nous traversons le cercle polaire pour tenter d’atteindre le célèbre fjord de Kangerlussuatsiaq.

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La croisière jour/jour :
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Jeudi 17 septembre (13)
En mer, arrivée à Keflavik Le vent s’est un peu calmé au cours de la nuit mais la houle ne s’est pas vraiment calmée. Ce matin le vent s’oriente sud-est, c’est à dire de face et lève à nouveau les vagues. Le bateau roule encore beaucoup ; Malgré les mouvements, Rémy nous présente une conférence sur les ours. Dans l’après midi, Stéphane nous parle du Centre Paul Émile Victor de Prémanon, dont il est le directeur. Puis nous assistons à un diaporama récapitulatif de ce voyage et enfin à un autre diaporama « Lumières Arctiques », un condensé de plus de vingt ans de voyages dans l’Arctique par Gérard. Vers 17h15, le Pr. Multanovskiy s’amarre au quai de Keflavik.
Position du bateau à 21h49 Mercredi 16/09 (12)
Le capitaine a levé l’ancre de bonne heure, bien avant le petit déjeuner. Assez rapidement, nous commençons à sentir la houle du large qui pénètre dans le fjord. Lorsque nous débouchons en vue de la mer libre, la houle s’amplifie. Nous arrivons en milieu de matinée devant le grand glacier Sveenstrup Nord. Le vent et le courant repousse les icebergs le long de la côte. Nous longeons cette bande de glace. Le front est impressionnant, parcouru de crevasses d’un bout à l’autre. Entre les énormes icebergs, la mer est complètement couverte par les sarrasins et les bourguignons. Nous continuons la navigation vers le nord en direction du cap Gustav Holm. Peu avant celui-ci, nous arrivons à la latitude 66°33,6°, soit celle du cercle polaire. A ce point précis, le capitaine actionne la corne de brume. Nous changeons de cap en direction de l’Islande. Nous avons une dépression qui crée un vent de nord-nord-est de force 7 avec une houle bien marquée de coté. Le navire roule d’un bord sur l’autre, ce qui rend malade une bonne partie d’entre nous. Le déjeuner a un succès limité. Dans l’aprËs-midi, Rémy nous fait une présentation des phoques de l’Arctique.
Position du bateau à 10h51
Mardi 15/09 (11)
En début de matinée, nous arrivons devant le village de Sermiligaaq. Nous débarquons sur une petite plage, battue par un peu de houle. Le village semble encore endormi puisqu’il n’est que 8 heures locales. Nous pouvons parcourir les chemins qui mènent aux dernières maisons. Peu à peu, la nouvelle que certains d’entre nous cherchent à acheter des « ulu » (le couteau traditionnel des femmes pour découper le phoque) doit se répandre et quelques Groenlandais sortent des maisons. Également, certains nous proposent des objets réalisés en perles. Les enfants sortent alors de l’école pour la récréation. Nous représentons une attraction pour eux et viennent jouer et se faire prendre en photo avec nous. Après l’indispensable passage par la poste pour le courrier, nous pouvons repartir à bord. Après le déjeuner, nous apercevons des souffles de baleine. Le capitaine essaye de le suivre, mais ce sont des rorquals communs, très rapides et difficile à suivre. Nous n’insistons pas. Francis, le maitre d’hôtel, dispose dans le bar les souvenirs de bord : polos, vestes en polaires, tee-shirts et autres souvenirs. Ensuite, Gérard nous présente une conférence sur la glace en mer, à propos des icebergs et de la banquise. Nous arrivons enfin en vue du lieu d’hivernage en 1936 de Paul-Émile Victor. Nous débarquons dans une petite crique, mal protégée de la houle. Près de là, des restes de maisons de pierre et de tourbe sont visibles, ainsi que des cabanes en bois, visiblement beaucoup plus récentes. A l’aide des photos prises lors de l’hivernage, nous reconnaissons les lieux avec précision. Tout concorde, les montagnes en arrière plan, la hutte en second plan et les cailloux du premier plan. Stéphane Victor est ému de pouvoir enfin revenir sur des lieux si importants à ses yeux. Après le diner, nous profitons de la lumière encore présente pour approcher en zodiac un énorme iceberg qui vient de se fragmenter en partie et de basculer. Une multitude de petits morceaux de glace (sarrasins et bourguignons) partent à la dérive, poussés par les courants. Le bruit du choc de ces petits morceaux de glace contre la coque du zodiac est surprenant. Nous faisons le tour à distance de sécurité avant de revenir à bord à la nuit tombante. En soirée, Stéphane Victor nous projette le documentaire qu’il avait fait réaliser il y a trois ans, sur une précédente tentative de venir sur les lieux d’hivernage de son père.
Position du bateau à 22h02
Lundi 14/09 (8) (9) (10)
Pour une fois, nous devons nous lever de bonne heure : dès 6h30, la voix de Stéphane nous réveille. Nous commençons cette longue journée par un débarquement sur l’ancienne base militaire américaine d’Ikateq. Du bateau, nous devinons une piste d’atterrissage longue de plus d’un kilomètre et des empilement de bidons rouillés. Un ponton en partie endommagé, rappelle que cette base était ravitaillée par bateau. Après une petite marche, nous arrivons dans ce qui était la base proprement dites : à perte de vue, des bidons de carburant vides, des camions dont le moteurs a été retiré, des bâtiments dont seul le plancher est encore visible, un hangar avec sa charpente métallique tordue. Ces restes datant d’un demi-siècle donne une atmosphère étrange au paysage qui parait si pur et naturel à première vue. De retour à bord, Stéphane nous présente un résumé de l’histoire du Groenland pendant et depuis la seconde guerre mondiale : occupation par les Américains, construction des aéroports et bases secrètes, construction des station radars, abandon ou rétrocession de ces stations au Danois ou Groenlandais. Nous reprenons notre navigation vers le nord pour visiter le fond du fjord de Sermiligaaq. Après le déjeuner. Nous remettons les zodiacs à l’eau pour rejoindre à pied la base d’une langue de glace. Après 15 minutes de marche dans les moraines, nous arrivons près de la sortie du torrent sous-glaciaire. Un flot d’eau riche en sédiments sort de la base de la grotte de glace. Nous partons sur le côté du glacier et nous pouvons alors marcher quelques pas sur la langue de glace, en partie recouverte de graviers et de poussières. Au retour, Stéphane nous montre de magnifiques cristaux de mica enchaussés dans des pierres de quartz. Après un bref retour à bord, nous sortons une fois de plus les zodiacs, cette fois-ci pour longer le front du glacier Kaarale, long de plus de deux kilomètres. Il est parcouru de multiples crevasses et de blocs en équilibre précaire. Nous espérons assister à la naissance de quelques icebergs, appelée vêlage. Rien ne se passe pendant cette sortie d’une petite heure.
Compte tenu de la météo peu favorable, nous restons pour la soirée dans le fond de ce fjord. Le capitaine trouve un endroit approprié pour ancrer devant le front d’un autre glacier. L’équipage sort les tables, le braséro et installe un barbecue sur le pont avant. Pendant ce temps, Stéphane Victor nous fait une lecture de passages du livre de son père « Boréale et Banquise ». Après le diner sur le pont avant, la soirée est animée par une musique qui nous fait danser.
Position du bateau à 12h09
Position du bateau à 16h35
Position du bateau à 22h30
Dimanche 13/09 (7)
Cette nuit encore fut très calme. Après une présentation du village, par Stéphane, nous pouvons débarquer sous la pluie. Le chemin principal du village conduit du port à la plate-forme d’atterrissage de l’hélicoptère, distante d’environ 500 m. Peu d’habitants sont dehors, mais un certain nombre de pêcheurs sont en activité bien que l’on soit dimanche et relativement tôt. Autour des maisons, beaucoup de chiens. La cloche de l’église déclenche un concert de hurlements. Nous rencontrons un des deux Français de Tiniteqilaaq : Michel Audibert. Deux journalistes hollandais sont en reportage pour quelques jours. Nous les invitons tous les trois, à déjeuner à bord. Après le repas, Michel répond aux multiples questions que nous lui posons et propose quelques objets réalisés par ses voisins, ainsi que des peaux de phoques. Pour l’après-midi, nous avons prévu de naviguer dans le fjord Iksagtivaq et de faire une lecture de paysage à l’extérieur. Les conditions météorologiques ne le permettant pas, nous nous réfugions en salle de conférence pour une présentation des glaciers par Gérard. A peine la séance de questions terminée, le commandant nous appelle pour une baleine. Malheureusement, elle reste à distance et nous ne pouvons pas l’observer de près. En soirée : séance de cinéma avec « La planète blanche » présentée par Rémy .
Position du bateau à 13h55 Samedi 12/09 (5) (6)
Après une nuit bien calme à l’ancre devant le village de Tasiilaq, nous appareillons vers 5 heures, pour se rendre dans le grand fjord Sermilik. Sitôt le réveil, nous sommes à pied d’œuvre à l’entrée du fjord. La quantité d’icebergs qui dérivent est déjà impressionnante, alors que nous sommes encore à près de 100 kilomètres du grand front glaciaire Helheim. C’est de celui-ci que proviennent la plupart d’entre eux. Ce glacier s’écoule depuis la grande calotte glaciaire qui recouvre plus des trois quarts du Groenland. Le capitaine engage le bateau avec précaution dans le dédale. Bien que cela paraisse une mission quasi impossible, il arrive à trouver un passage entre les monstres qui font plusieurs fois la taille de notre navire. Nous approchons le village de Tiniteqilaaq. Nous y arrivons en fin de matinée. Nous voulons vérifier que le passage étroit devant le village est dégagé de glace. Effectivement cela semble possible. Nous avons besoin d’emprunter ce détroit pour éviter un long détour autour de l’île d’Ammassalik. Nous renonçons à remonter plus au nord. Entre les icebergs, la banquise commence déjà à se former. Il ne s’agit que d’une fine pellicule de glace d’eau douce qui flotte à la surface de l’eau de mer salée, mais cela indique que la navigation vers le nord sera de plus en plus délicate. Nous partons alors vers l’ouest en direction de la baie Johan Petersen, moins englacée. Après le déjeuner nous sommes en vue d’un front glaciaire qui s’écoule de la calotte. Nous mettons les zodiacs a l’eau pour approcher, puis longer à distance de sécurité ce front, en espérant assister au vêlage, ce qui veut dire la naissance d’un iceberg. Nous ne pourrons assister qu’à la chute de petits morceaux. Nous débarquons sur une petite île en face du glacier. Le sol est composée de superbes dalles de granit polies par le glacier et qui sont restées en l’état depuis que le glacier a reculé. Nous pouvons remonter ces dalles jusqu’au sommet de l’île. Le panorama est à couper le souffle. Au loin la calotte forme la ligne d’horizon, d’où s’écoule plusieurs langues de glaces en formant un cascade de séracs de plus de 600 m de haut. Sur le fjord, une myriade d’icebergs de taille modeste très denses. Autour de nous, des montagnes de granit et de gneiss aux formes adoucies par l’érosion glaciaire. Il est temps de regagner le bord pour sortir de la baie Johan Petersen La traversée du fjord Sermilik pose encore des difficultés de navigation et nous touchons plusieurs fois ces icebergs. Heureusement, la coque de notre navire est renforcée et elle résiste bien à ce genre de choc. Nous revenons devant le village de Tiniteqilaaq pour s’engager dans le détroit, qui mesure à peine quelques centaines de mètre de large. Le capitaine engage doucement le Pr. Multavovskiy entre les icebergs et les rochers, doit par moment pousser les icebergs pour dégager la route. La voie est dégagée et nous pouvons le féliciter et l’applaudir pour cette manœuvre délicate. Nous pouvons alors poser l’ancre pour la nuit.
Position du bateau à 23h00
Vendredi 11/09 (4)
La nuit à l’ancre, dans la baie bien protégée où se trouve le village de Tasiilaq, a été calme. Dès le réveil, nous pouvons profiter de superbes lumières du soleil levant sur les maisons colorées. Le programme de la matinée consiste en un aperçu du village et surtout une visite du musée avec la présence du conservateur. La reconstitution d’une maison traditionnelle de pierre et de tourbe nous est ouverte pour l’occasion. Pour l’après-midi, trois options sont proposées : une randonnée d’environ deux heures dans la vallée des fleurs pour les marcheurs, une balade en haut d’un belvédère auprès du village ou une visite libre dans le village. Les randonneurs profitent au maximum du beau temps pour avoir un beau point de vue sur un paysage de montagnes, de lacs et de toundra fleurie bien que la saison soit déjà bien avancée. En soirée, nous assistons à la projection du film « les Noces de Palo », réalisé en 1931 par Knut Rasmussen , dans la région ou nous nous trouvons actuellement.
Position du bateau à 12h40
Jeudi 10/09 (2) (3)
Après une nuit plutôt calme, nous nous réveillons dans l’entrée du fjord Kangerdluaq. La météo est bonne : pas de vent, un ciel légèrement nuageux, ce qui donne une superbe luminosité sur le paysage environnant et surtout sur les nombreux icebergs qui se sont accumulés dans la baie. Après un bref rendez-vous au bar où Stéphane nous rappelle le programme de la matinée, nous sommes enfin prêts pour descendre par la coupée dans les zodiacs. Ce seront le moyen de débarquer chaque jour pendant ce voyage. Nous nous rendons sur la côte est de la baie où, d’après une carte réalisée en 1931, existe une cabane C’est dans celle-ci que Paul-Émile Victor et ses compagnons se sont reposés à la fin de leur traversée de la calotte glaciaire du Groenland en 1936. Nous observons attentivement la côte sans voir la cabane. Nous descendons à terre dans une petite anse, ce qui nous permet de se dégourdir les jambes et surtout de découvrir la toundra arctique et sa végétation : saules nains, bouleaux nains, épilobes, camarine noire, genévrier. Des traces de vie sont aussi repérée : un renard a laissé ses empreintes de pas dans la boue, des oies ont laissé leur déjections caractéristiques. Un petit terre-plein nous permet de gagner un peu de hauteur et de pouvoir contempler le panorama constitué de la calotte et des montagnes environnantes. Il est temps de rentrer à bord pour le déjeuner. Nous reprenons les zodiacs pour aller voir de près le front de la calotte glaciaire. Nous pouvons remarquer tous les dégradés de bleu et de blanc de la glace. Nous reprenons alors notre navigation en direction du village abandonné d’Ikkateq. Nous pouvons observer à plusieurs reprises des phoques qui viennent respirer à la surface. L’entrée du fjord Sermilik est encombrée de nombreux icebergs encore plus beaux les uns que les autres. L’un deux comporte deux superbes arches que nous prenons le temps d’admirer. Sitôt le dîner fini, nous débarquons dans le petit village abandonné d’Ikkateq. Nous profitons des superbes lumières du soleil couchant. Nous visitons l’intérieur de quelques maisons, de l’école et du temple qui sont encore en bon état ; d’un côté le cimetière, de l’autre le séchoir à poissons. Quelques vestiges de maisons traditionnelles en pierre et tourbe sont encore visibles.
Position du bateau à 18h10
Mercredi 09/09 (1)
La brise de nord qui nous malmenait hier soir s’est calmée. Il reste néanmoins un peu de houle et le navire roule modérément. Sur le pont quelques apparitions du soleil et toujours les pétrels nous accompagnent. Nous progressons à une vitesse de 12 nœuds environ. Vers 10h15, une voix “des baleines”. Nous localisons trois baleines que nous identifierons avec un peu de difficulté, des cachalots. Très probablement des mâles, ils font route vers le sud vers les eaux chaudes. Stéphane nous présente une conférence sur le Groenland. A peine celle-ci terminée, nous apercevons encore des souffles de baleines. Il s’agit d’un petit groupe de quatre rorquals communs. Nous cherchons à les approcher mais la manœuvre n’est pas facile parce que cette espèce nage vite et change fréquemment de direction. Nous avons la chance que les conditions météo soient très clémentes : presque pas de vent, peu de houle et surtout une très bonne visibilité. Après le déjeuner, Stéphane nous visionne « Le dessous des cartes » sur l’Arctique et l’Année Polaire Internationale. Nous avons ensuite une discussion ouverte sur le Groenland et les Inuit. L’après-midi se termine par une présentation de la descente à terre avec les zodiacs et des mesures de sécurité à prendre en cas de rencontre éventuelle d’un ours blanc. En soirée, Rémy nous explique le B.A.BA de la photo et de la vidéo avec exemples à l’appui, entre autres sur les baleines et les icebergs. Vers 21h15, les montagnes du Groenland sont aperçues à l’horizon entre les nuages, puis vers 22h, les premiers icebergs apparaissent sur l’écran radar.
Position du bateau à 21h00
Mardi 08/09
Atterrissage avec 20 min d’avance à l’aéroport de Keflavik. Tous les bagages sont présents. Rapidement le bus est prêt pour nous emmener au port distant de 5 kilomètres. Le bateau nous attend sagement au quai. L’équipe de guides nous invite pour une réunion de bienvenue autour d’un verre. Ensuite, nous participons à un exercice d’évacuation du navire. La météo est très bonne et nous pouvons larguer les amarres tout de suite. Bien que la houle ne soit pas très forte, certains ont du mal à assister au diner. Aucun film ce soir compte tenu du décalage horaire et de la houle. Position du bateau à 16h30