Pour lutter contre le réchauffement du climat, rien de tel que de ne plus chauffer chez soi… Ou du moins, éviter que les immeubles restent des passoires à calories ! Imposer la taxe carbone aura sans doute peu d’effet sur la fonte des glaces. En revanche, prendre la mesure du gaspillage énergétique que représente le chauffage – et souvent le surchauffage – des immeubles permet d’envisager des mesures plus concrêtes.

Selon l’adjoint à l’environnement Denis Baupin (Verts), la consommation énergétique des 100.000 immeubles parisiens équivaut à la production de quatre centrales nucléaires. Sachant, bien-sûr, que bon nombre de ces immeubles emploient des énergies fossiles avec leur dose de dispersion de GES. Stopper l’hémorragie s’impose et pour ce faire, une carte thermographique de 500 immeubles a été réalisée – des immeubles d’époques et de tailles très différentes. Cette carte permet de visualiser les déperditions d’énergie tant des toits (relevés aériens) que des façades (relevés à partir de la rue). Et donc, d’évaluer le travail… Identifier le mal ne lui apporte pas remède, mais il faut bien commencer par là. Courant 2010, chaque parisien pourra accéder à un site présentant le bilan énergétique de son immeuble. Bon nombre de villes en banlieue et en province ont par ailleurs commencé à établir leur carte thermographique, ce qui permettra bientôt de visualiser la qualité de son habitat. L’opération ne remplace pas un diagnostic thermique, mais elle représente un argument efficace pour, par exemple, stimuler un syndic à entreprendre des travaux. Savez-vous, d’ailleurs, que chauffer à plus de 19°C est interdit par la loi ? Une loi réglementaire qui expose le contrevenant à une amende de 1500 Euros… Non, ce n’est pas une blague ! Voyez plutôt le site des Robinsons des glaces, vous y trouverez le texte de loi. Les pouvoirs publics n’en parlent pas, mais la multiplication partout en France de projets de cartes thermographiques est peut-être un signe… L’état des lieux exigera vraisemblablement l’application de la loi sur la réglementation du chauffage, laquelle ne nécessite aucun travaux et fait faire des économies à tout le monde. Et puis, du sommet de Copenhague risque fort de sortir l’engagement de la France à réduire ses émissions de CO2 non plus de 20% par rapport à 1990, mais de 40%… Ce qui ne se fera pas sans mettre un frein à notre vilaine petite conception du confort. Se chauffer à 19°C, ce n’est pas la mort, c’est juste une petite laine. Et c’est un grand pas pour l’avenir de tous. Lequel passe, comme nous l’avons compris, par le maintien des glaces sur le toit du monde. Sinon, la carte thermographique de Paris sera présentée lors des deuxièmes journées parisiennes énergie et climat, du 23 au 25 octobre au Palais Brongniart. J’irai faire un tour…

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