Collection Documentaire 4 x 52’

Episode 1 : Créatures du Sel et de l’Acide
Episode 2 : Créatures du Chaud
Episode 3 : Créatures du Froid
Episode 4 : Créatures du Noir

Une collection de
Thierry Berrod

Réalisation
Episodes 2 et 3 : Vincent Amouroux

Une coproduction
Arte France
Mona Lisa Production
CNRS Images
IRD Audiovisuel

Avec la participation de
Ushuaïa TV
RTBF
Universcience.tv – La Web TV d’Universcience
IPEV
IFREMER

Avec le soutien de
Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée
Région Rhône-Alpes
PROCIREP ANGOA

Il y a encore trente ans, les scientifiques pensaient que certains lieux sur terre étaient stériles. La vie y était tout simplement impossible comme elle est absente des autres planètes.

Pourtant, certaines créatures sont parfaitement adaptées à des conditions de « vie » mortelles pour l’immense majorité des autres organismes. Les scientifiques les ont baptisés « extrêmophiles », qui aiment les conditions extrêmes. On les retrouve principalement dans les endroits les plus inhabitables de la planète :

– les grands lacs salés et les rivières acides : Lac Rose au Sénégal, marais salants en France, Lac Natron en Tanzanie, Lacs Mono et Owens aux Etats-Unis et rivière acide en Espagne
– les sources d’eau chaude : lac bouillonnant en Nouvelle-Zélande, parc Yellowstone aux Etats-Unis, ou fosse abyssale (Océans Pacifique et Atlantique)
– les glaciers et océans de l’Arctique et de l’Antarctique : moulins du Groenland, glaciers et fonds marins
– les grottes coupées du monde : Movilé en Roumanie, Postojna en Slovénie, Villa Luz au Mexique

Pour comprendre les secrets de l’évolution, les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des environnements aussi hostiles et dangereux pour nous.
Cette collection permet de suivre différents groupes de chercheurs à travers le monde, au cœurs des expéditions les plus extrêmes.

Cette série documentaire est un choc visuel, mélangeant de très nombreuses prises de vue aériennes Cineflex aux dernières technologies de prise de vue en microscopie optique et électronique.

Peu d’endroits sur terre bénéficient en effet de l’étrangeté, de la beauté et de la variété des paysages comme ceux où vivent les extrêmophiles.
La bizarrerie des couleurs, des formes et des comportements de ces micro-organismes en font également un univers particulièrement visuel au microscope ou en prise de vue aérienne.

Un zoom continu de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

CREATURES DU FROID
Épisode 3
Synopsis

Dans les environnements froids, les micro-organismes sont les rois. Ils sont à la base d’écosystèmes fragiles menacés par le réchauffement climatique.
Les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des milieux aussi instables et éphémères que sont la neige ou la glace.

Au Spitzberg, les plantes ont des poils et poussent en coussinets pour lutter contre le froid. Dans l’eau glacée des lacs d’altitude, des crustacés comme les daphnies pullulent et pondent des œufs hyper-résistants qui n’écloront que lorsque les conditions seront redevenues meilleures.
Sur le front du glacier, la température peut descendre à -30 degrés, pourtant on trouve des collemboles capables de sécréter un antigel.

L’Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland, est un des endroits les plus hostiles de la planète. La vie a trouvé refuge dans des trous à poussière. Ils peuvent geler ou s’évaporer à tout moment de la journée. Des conditions qui n’effraient pas le tardigrade, le superchampion de la résistance au froid. Il est capable d’entrer en état de cryptobiose, c’est-à-dire qu’il peut expulser quasiment toute l’eau de son corps et quasiment arrêter son métabolisme.

En Antarctique, les micro-algues poussent même sous la banquise. Avec le plancton, c’est un menu de choix pour le Krill. Cette petite crevette qui ne craint pas l’eau glacée est la clef de toute la chaîne alimentaire antarctique. C’est une ressource énergétique colossale pour les prédateurs des eaux australes, du manchot à la baleine en passant par le poisson des glaces.

Le poisson des glaces est un véritable extrêmophile. Son sang est devenu transparent et l’oxygène est directement filtré par ses énormes branchies. Il produit aussi des protéines qui jouent le rôle d’antigel.

Tous ces organismes et ces écosystèmes sont fragiles, on sait aujourd’hui qu’un degré d’élévation de la température moyenne sur l’ensemble de la planète correspond à une augmentation de 2 degrés au niveau des pôles. Les organismes adaptés au froid seront certainement les premiers sur la planète à subir lourdement les effets des variations climatiques actuelles.

DES IMAGES SPECTACULAIRES
Une première scientifique et technique

Des nouvelles technologies photographiques et cinématographiques

Les créatures des extrêmes ont rarement été filmées ou photographiées vivantes à de très forts grossissements. En fait, ces organismes sont très fragiles en dehors de leurs environnements habituels. D’autres perdent leurs couleurs naturelles dès qu’on les change d’habitat, comme certaines algues, rouges sang dans la glace du Groenland. Il a donc fallu amener les loupes binoculaires et les microscopes dans les lieux mêmes où les extrêmophiles vivent.
Nos microscopes ont ainsi été installés sur les glaces de l’Arctique, le sable de la vallée de la mort en Californie, ou encore à l’entrée des grottes toxiques de Movilé en Roumanie et de Villa Luz au Mexique.

D’autre part, ces organismes ont été également filmés, certains pour la première fois en microscopie électronique ou au micro-scanner. Ces techniques nous permettent d’approcher des détails insoupçonnés, de faire des gros plans sur certains organes ou certaines parties du corps de façon totalement inédite. L’objectif de ces images uniques est de montrer les secrets, les particularités anatomiques, et d’expliquer leurs formidables capacités d’adaptation tout en sublimant leur beauté plastique.

Mais le microscope électronique confirme aussi que certains organes ont totalement disparu, comme les yeux de la nèpe de Movilé.

Pour obtenir ces extraordinaires agrandissements avec une netteté sur tous les différents plans, la microscopie électronique à balayage utilise les électrons au même titre que la microscopie optique utilise les photons pour former une image. La différence est que les électrons sont si petits qu’ils peuvent atteindre les moindres reliefs et donc révéler les détails, là où les particules de lumière auraient du mal à accéder. Les images obtenues sont en noir et blanc, puis elles sont colorisées à l’ordinateur.

Un procédé breveté

Bien que la photographie au microscope électronique existe depuis de nombreuses années, il a fallu attendre 1998 pour voir le premier film avec des insectes et des acariens vivants, réalisé avec le brevet déposé par Thierry Berrod et Mona Lisa Production, grâce à une nouvelle génération de microscopes électroniques environnementaux développés par FEI. Mona Lisa Production est régulièrement consultée par la BBC, National Geographic, car elle est la seule société à maîtriser ces techniques qu’elle continue de perfectionner au fil des années.

Pour la première fois un micro-scanner à été utilisé sur des créatures de l’extrême afin de les montrer en transparence.
Cette innovation a permis de voir un monde inédit.

Les entrailles des créatures de l’Extrême visibles avec le Micro-Scanner

Une question reste en suspens : quelles sont les adaptations de certains de ses animaux pour vivre dans ces Enfers ?

La réponse est cachée sous leur peau ou sous leur cuticule…
Seule la technique du micro-scanner nous permet de voir le foie démesuré du protée qui transforme la nourriture en super carburant.
De même lorsqu’on observe un poisson des glaces pris dans la glace, on s’aperçoit que ses entrailles sont indemnes contrairement aux viscères d’un poisson normal qui sont transpercées par des cristaux.

Ces techniques sont donc non seulement intéressantes par leur esthétique souvent étonnantes mais aussi par l’avancée scientifique évidente de leur lecture.

DES CONDITIONS DE TOURNAGE EXTRÊMES

Si les Extrêmophiles sont parfaitement adaptés aux conditions les plus extrêmes de la planète, nos organismes et nos matériels de tournage ne le sont pas.

Lors de ces 2 ans et demi de tournage, nous avons affronté des températures avoisinant plus 50°C et moins 25°C. Certaines expéditions ont nécessité de transporter 1,4 Tonne de matériel pour pouvoir vivre et dormir plusieurs semaines de façon autonome isolé au milieu des glaces du Groenland…

Certains d’entre nous ont perdu 8 kilos par tournage, d’autres ont dû attendre les rares rotations bateau pendant plusieurs semaines ou décaler leur retour à cause d’une tempête de neige interdisant l’héliportage.