© Gerard Bodineau - Plancius - Spiztberg

Jour 1 : L’embarquement

Position GPS à 20h00: 78°14.1’N / 015°36.8’E

Météo: partiellement nuageux Vent: NE, Force 3 Température: +10°C

Nous arrivons vers 18h30 et sans encombre à Longyearbyen après 4h30 de vol direct. Deux bus nous attendent et nous mènent directement au quai où Céline et Christophe nous accueillent. La bateau n’étant pas à quai mais ancré un peu plus loin dans la baie, c’est en bateau pneumatique que nous arriverons à bord ! Delphine, notre chef d’expédition nous souhaite la bienvenue et les hôtesses nous mènent à notre cabine.

Notre première activité sera la partie théorique de l’exercice d’évacuation du navire avec l’officier en charge de notre sécurité ; la partie pratique de l’exercice étant prévue pour le lendemain. Ensuite, notre chef d’hôtellerie Michael nous invite au salon d’observation pour nous familiariser avec notre nouvelle maison !

A 21h00, le ventre un peu…(ou beaucoup) creux, nous nous dirigeons vers la salle restaurant pour notre premier repas !

Le premier contact avec le jour permanent surprend les couche-tard : il n’y a pas la moindre obscurité. Bien que le soleil ne soit pas visible, il fait complètement jour…dur dur de rejoindre sa couchette.

© Gérard Bodineau - Spitzberg - Norvège

Jour 2 : Cap vers le front du glacier

Position GPS à 12h00: 78°54.2’N / 012°24.8’E

Météo: nuageux Vent: O, Force 2 Température: +6°C

Le Plancius progresse dans le Kongsfjorden constitué de terrains appartenant au socle très ancien du Svalbard en rive droite alors que la rive gauche présente des formations récentes (Carbonifère et Permien).

Nous nous dirigeons vers le front du glacier encombré de brash. Quelques phoques barbus, que le navire approche avec précision, reposent sur des plaques de glace.

L’après-midi, nous débarquons à Ny-Alesund en bateau pneumatqiue.

Cette base scientifique internationale, ancien site d’exploitation minière fut, dès 1926, le point de départ de nombreuses expéditions aéroportées vers le pôle nord (Byrd, Amundsen et Nobile…).

Les alentours humides sont une zone de reproduction pour de nombreuses espèces d’oiseaux ; bernaches nonnettes, sternes arctiques, eiders à duvet…

Nous avons la chance d’observer un fuligule milouinan (moins de 20 observations de cette espèce au Spitzberg) 🙂

En fin d’après-midi Delphine présente un exposé bref mais essentiel sur le comportement de l’ours polaire.

Jour 3 : Le Spitzberg sous tous ses angles !

Au cours de la nuit, toujours jours à cette période de l’année, notre navire fait le tour de la partie Nord-ouest de l’île du Spitzberg, la Terre du Prince Albert. A 6 heures les plus courageux sont sur les ponts pour voir se développer le long fjord « Woodfjorden » droit devant nous. Une couche de nuage de basse altitude nous empêche de voir les sommets alentours. Seule la base des glaciers apparaissent fantomatiques. La mer est complètement lisse comme une chape de plomb. Le petit déjeuner est servi à partir de 07h30 et dès 09h00, les bateaux pneumatiques se positionnent au pied de la passerelle. Les guides sont prêts pour faire le tour des petites îles d’Andøyane, l’objectif : l’ours blanc. Les bateaux pneumatiques se séparent en deux groupes qui tourneront en sens inverse. De nombreuses observations d’oiseaux sont faites : plongeons camarin, eider, guillemots, sternes. Au bout d’1h30 nous rejoignons le Plancius sans avoir trouvé d’ours… ce n’est que partie remise.

Une fois tout le monde à bord, l’encre relevée, le navire reprend sa route en direction du fond du fjord, au pied du glacier de Monaco. Tout en restant à distance raisonnable, en plus du fait que les cartes marines soient inexistantes, nous apprécions ce spectacle de glace que beaucoup découvre pour la première fois. La langue glaciaire fait 4 km de large. Le soleil fini par apparaître. C’est sous une autre lumière que nous découvrons maintenant le système glaciaire au nom francophone, qui nous rappelle que le prince Albert I fréquenta le Spitzberg de 1898 jusqu’en 1907 pour faire de la recherche océanographique.

© Gérard Bodineau - Glacier de Monaco - Spitzberg - Norvège

Après le déjeuner, un briefing est organisé et Delphine, notre chef d’expédition, annonce l’organisation qui sera proposée à terre. La découverte d’une petite baie Idabukta puis du glacier du même nom se fera en 3 groupes. Le groupe « renard », ou des marcheurs, s’élancera sur la moraine, rive gauche, le groupe « renne » prendra le même chemin mais sans faire le même dénivelé et le groupe des  » saxifrages » profitera de la plage et des premières hauteurs pour une découverte en douceur. Le fjord de Liefdefjorden (« Fjord de l’Amour », peut-être appelé ainsi du nom d’un bateau navire l’Amour venue au XIXe siècle) s’étire devant nous. Le soleil est de plus en plus généreux.

Nous sommes tous de retour à bord à 18h00. La journée n’est pas terminée. Nous nous retrouvons tous au salon d’observation pour « un récap » avec toute l’équipe de naturaliste.

Après le dîner à 21h00, Jean-Christophe Victor, notre conférencier fait une présentation « L’arctique devient-il géopolitique ? ». Il brosse le décor du bassin arctique en abordant les questions des peuples arctiques et leurs souverainetés, les ressources naturelles, les questions de transitions énergétiques, économiques.

A la fin de l’intervention, nous ouvrons les rideaux du salon d’observation et découvrons notre navire au milieu des glaces. La surprise est totale. Nos premiers morses apparaissent sur des plaques de glace. Le commandant approche son navire lentement en jouant avec les zones d’eau libre. L’approche est parfaite, nous observons de près, sans dérangement, ses animaux massifs jusqu’à minuit, nos lunettes de soleil sur les yeux. Notre navire continue sa course plein Nord pour rejoindre la petite île de Moffen qui sera en vue à partir de 23H00. Cette île est aujourd’hui une réserve naturelle (1983) et ne peut-être approchée à moins de 300m.

 

suivi expe¦ü  - 8 et 9 aou¦ét