© Jean-Paul Bonvarlet - Baie de Disko - Groenland - réchauffement climatique

Les conséquences du réchauffement climatique dans 100 ans

En 2115, comment nos petits enfants, verront-ils nos côtes ? La Normandie, les Landes, la Camargue… sauront-ils encore en dresser les contours, qu’elles avaient cent ans plus tôt ?

L’élévation du niveau marin, est une des conséquences du réchauffement climatique. Elle est due principalement à trois processus :

  • la fonte des glaciers dans l’Arctique et l’Antarctique
  • la dilatation de l’eau
  • et la répartition des masses d’eau sous l’effet des grands courants et des vents

Il ne faut pas confondre :

LA GLACE DE BANQUISE

C’est de l’eau de mer gelée, elle n’est pas buvable car salée, lorsqu’elle fond (c’est le principe des vases communiquant), le niveau des mers reste le même.

L’effet Albédo :

  • Plus un corps réfléchit la lumière (plus il est clair) et plus il a un pouvoir de refroidissement ; c’est le cas de la banquise arctique, qui par sa blancheur réfléchit la lumière en ayant un pouvoir refroidissant.
  • Moins un corps réfléchit la lumière (plus il est de couleur sombre) et plus il absorbe la lumière, provoquant un réchauffement ; c’est le cas de l’océan Arctique : en absence de banquise, le rayonnement solaire réchauffe l’océan.

Conséquence : plus la banquise diminue, plus le rayonnement est absorbé par l’océan qui se réchauffe et la réaction ne peut aller qu’en s’amplifiant.

Un rapport, compilé par 63 scientifiques de 13 pays, met en évidence grâce à un processus connu sous le nom d’Amplification Arctique, que les températures dans l’Arctique ont augmenté deux fois plus vite que la moyenne mondiale cette année.

LA GLACE PROVENANT DES ICEBERGS

Elle n’est pas salée et est buvable. Lorsqu’un iceberg fond, son eau de fonte vient s’ajouter à celle des océans.

Sans parler des glaciers de l’Antarctique, où, là, la hauteur serait bien plus importantes encore (on parle de 60 mètres !), on a calculé que si la totalité de la calotte du Groenland fondait, le niveau de tous les océans du monde, s’élèverait de 7 mètres !

Le réchauffement climatique selon les scientifiques

Selon un trio d’organisations danoises, en 2014, la perte de la masse glaciaire de la calotte du Groenland était inférieure à 2012 (la pire année à ce jour) mais elle restait supérieure à la moyenne annuelle ; toujours pour la calotte du Groenland, en 2014, la perte de masse glaciaire a provoqué une élévation du niveau de toutes les mers de la planète, de 1,2 mm, alors que la moyenne annuelle pour la décennie 2002-2012 était de 0,7 mm.

Mais ces chiffres ne prennent en compte que les problèmes liés à la fonte de la calotte du Groenland et lorsque l’on y additionne les autres lieux et causes (les glaciers de l’Antarctique, la dilatation de l’eau du fait du réchauffement…), on arrive alors à un minimum de 3,2 mm par an.

Sans titre

En 2007, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, créé en 1988 par l’OMM) Organisation Météorologique Mondiale et le PNUE (Programme pour l’Environnement des Nations Unies) synthétisent les travaux publiés par des milliers de chercheurs analysant les tendances et prévisions mondiales en matière de changements climatiques. Ces rapports estimait que les océans allaient s’élever de 18 à 42 cm entre maintenant et 2100, mais devant l’ampleur que prend ce phénomène, ils ont dû revoir ces chiffres à la hausse et en 2012, car il est passé à une hauteur variant entre 50 cm et 1 m, mais il n’est pas impossible qu’il ait à revoir une nouvelle fois, ces chiffres à la hausse.

Le niveau des mers

Depuis la dernière glaciation, il y a 18 000 ans, le niveau de toutes les mers s’est élevé de 120m environ ; à l’époque, le détroit de Béring, se passait à pieds secs. La montée des eaux s’est surtout faite jusqu’à 4000 BP ( terme utilisé en archéologie pour désigner les âges exprimés en nombre d’années comptées vers le passé à partir de l’année 1950. Cette date a été fixée arbitrairement comme année de référence et correspond aux premiers essais de datation par le carbone 14. Cette date est également légèrement postérieure aux premiers essais qui ont perturbé la répartition d’isotopes utilisés en radiothérapie) et depuis 1000 BP jusqu’au début du XIXe siècle, le niveau de la mer n’a pratiquement plus bougé, n’augmentant que de 0,1 à 0,2 millimètre par an. Mais depuis1900, il est reparti à la hausse, augmentant de 1 à 3 mm par an, avec une nouvelle augmentation, à partir des années 2000.
En 2115, une personne sur dix, dans le monde, habitera dans une zone inondable. La période de 1983 à nos jours est probablement la plus chaude depuis 1400 ans.

En fait, les gaz à effet de serre que nous avons émis en quantités massives depuis le début de la révolution industrielle conduisent ainsi à une dérive climatique dont nous avons simplement observé les prémices à partir des années 1970. Les mesures effectuées depuis des décennies indiquent que le réchauffement global a tendance à s’accélérer.
Entre 1990 et 2005, les émissions anthropiques (c’est-à-dire provoquées par l’Homme, d’où l’ère Anthropocène définie par le glaciologue Claude Lorius ) de CO2 ont augmenté de 1,6% par an, (de 20,878 Gigatones/an de CO2 à 26,402/an). En 2007, les émissions de CO2 étaient deux fois plus importantes qu’en 1971 et les rejets mondiaux dus à la déforestation étaient d’environ 6 Gt. Le total des émissions de CO2 dans l’atmosphère était donc de 35 Gt de CO2 alors que la Terre ne peut en absorber qu’environ 11 Gt , soit un excès dans l’atmosphère de 24 Gt !

«Claude Lorius» par Lorius Claude — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - httpcommons.wikimedia.orgwikiFileClaude.Lorius.jpg#mediaviewerFileClaude.Lorius.jpg

Selon les routes que nous, terriens déciderons d’emprunter, la communauté scientifique mondiale prévoit un accroissement de température se situant n’importe où entre +1 et +5 °C à la fin du siècle. Pour enrailler ce processus, et avoir une petite chance d’y arriver, il ne faut pas que les températures augmentent de plus de 2°C.

Pour atteindre cet objectif, les émissions totales cumulées ne devront pas dépasser une fourchette de 1000 à 1500 gigatonnes de carbone d’ici 2100, ors en 2011, le total de ces émissions cumulées avait déjà atteint 531 gigatonnes. Nous devrons donc aussi réduire nos émissions de gaz à effet de serre, de 10% par décennie…

Alors quelle sera l’augmentation du niveau des océans en 2115, comment seront nos côtes ? Nul ne peut encore le dire avec certitude mais ce dont nous sommes sûrs par contre, c’est que nous disposons maintenant d’une très courte «fenêtre» d’à peine cinq ans pour rectifier le tir !

En 2115 nous ne serons plus là pour le vérifier, ni rendre des compte aux générations d’alors, mais une chose est sûre, l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre pourrait entraîner des changements majeurs au niveau des températures, et par réaction en chaîne, également des changements majeurs du niveau des mers dus à la fonte des icebergs !

C’est loin d’être gagné !

1. Actionner l’indicateur de montée des eaux :
2. http://sboisse.free.fr/planete/simulateur-de-montee-des-oceans.php
3. Calculez votre consommation de gaz à effet de serre :
4. http://www.fge-carbone.com/calcul.php#logement_definition

(source GIEC , wikipédia et divers)