Rencontre avec Isabelle Murat, médecin à bord du Planciusisabelle

« Après mes études de médecine à Strasbourg, je suis arrivée à Paris en 1975 pour une formation en pédiatrie, puis en anesthésie. Chef du service d’anesthésie de l’hôpital Trousseau pendant plus de 20 ans, j’ai pris ma retraite en 2013. Pendant toute ma vie professionnelle, j’ai enseigné dans le monde entier, notamment dans les pays en voie de développement. Aujourd’hui, je continue de travailler en faisant des missions d’anesthésie pédiatrique pour l’association la Chaîne de l’Espoir au Laos 3 à 4 fois par an. Par ailleurs, depuis 2011, je participe régulièrement aux croisières polaires, en Arctique et Antarctique, en tant que médecin.

Quelles sont, en quelques mots, les difficultés pour prodiguer des soins en haute mer ?
Premier constat, le médecin est une personne comme une autre, qui peut avoir le mal de mer et qui doit prendre ses marques à bord 🙂 Quand ça bouge, « l’hôpital » n’est pas vraiment l’endroit le plus accueillant, il faut arrimer les chaises et le matériel, et suturer relève de l’exploit !

Quels sont les soins médicaux les plus fréquents ?
En dehors du mal de mer, les problèmes médicaux courants sont « la bobologie », viroses, angines, mal de dents… Les clients qui ont un traitement au long cours doivent apporter leurs médicaments.

Comme gérer le mal de mer ?
Nous disposons de deux médicaments efficaces. Le premier est le patch de Scopolamine qui se place derrière l’oreille. En pratique un patch à l’aller et un au retour de l’Antarctique. Les effets secondaires sont bien connus mais rarement très gênants. Le second est la Cinnarizine, vieille molécule non disponible en France mais facile à trouver en Hollande, Suisse, Belgique, Italie, Espagne…

Est-ce que l’on soigne de la même façon, un Français, un marin russe ou une cliente chinoise ?
A partir du moment où l’on arrive à comprendre le problème, on traite tout le monde de la même façon. Les membres de l’équipage viennent voir le médecin quand ils sont malades mais aussi pour se faire une petite réserve de médicaments contre le mal de mer, paracétamol et anti-inflammatoire pour les petits maux de la vie à bord.

As-tu une anecdote insolite à partager avec nous ?
Lors de mon premier voyage en Antarctique, on était tous fascinés par les « autoroutes » à manchots. Ils descendaient de la colline à toute allure pour chercher la nourriture pour leurs petits et remontaient plus lentement. Une passagère a voulu les imiter en descendant sur les fesses… et a atterri contre un bloc de glace. Plus de peur que de mal. La conclusion de cette mésaventure est que nous ne sommes pas des manchots 🙂 »

© Gerard Bodineau - Plancius - Spiztberg

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