Tout commence en 1955 : Claude Lorius, jeune diplômé de physique, répond à une petite annonce sur le mur de son université de Besançon : « Recherchons étudiants pour participer aux campagnes organisées pour l’Année Géophysique Internationale ».

Il a 23 ans, et foule pour la première fois les glaciales terres de l’Antarctique, qui le changeront à jamais. Il fait partie des pionniers. A cette époque, on ne connaît rien, ou presque, de l’Antarctique. En 40 ans de carrière au CNRS, il partira 22 fois en expédition, totalisant 6 ans de campagnes sur le terrain !

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Aujourd’hui, le glaciologue est (enfin !) connu pour ses apports scientifiques sur la composition des inclusions gazeuses des glaces polaires indiquant les climats anciens de la Terre ; et surtout pour être le premier, avec Jean Jouzel, à avoir mis en évidence le lien entre la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre et l’évolution du climat. Pour la petite histoire, c’est en observant des bulles s’échapper des glaçons (pris sur la banquise) de son verre de whisky que Claude Lorius eut l’intuition initiale de ses futurs travaux. Durant toute sa vie, il ne cessera d’alerter l’opinion publique sur les conséquences futures du réchauffement climatique, sans être pris au sérieux.

Chez Grand Nord Grand Large, nous sommes des inconditionnels de la première heure de cet homme hors du commun, qui a donné l’alerte sur les changements climatiques dès les années 70. Son message sera-t-il mieux entendu à la COP21 ? Nous l’espérons comme lui de toutes nos forces.

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