Lauréats des Bourses Expé 2016 (soutenues par Terdav), Alexandre Jacquet et Clément Lejealle on répondu à nos questions sur leur prochaine aventure en kayak dans les eaux glacés de l’Alaska.

Alexandre Jacquet et Clément Lejealle - ©www.coureurdesbois.fr

Clément Lejealle et Alexandre Jacquet – ©www.coureurdesbois.fr

En quoi consiste votre projet présenté aux Bourses Expé ?

Le voyage démarre en kayak sur un lac situé au nord de la Colombie Britannique à environ 1.000 kilomètres de Vancouver. De là nous allons descendre une rivière qui nous mènera jusqu’à l’embouchure de l’océan. Une fois arrivés nous naviguerons vers le nord et passerons rapidement dans les eaux territoriales d’Alaska puis continuerons notre route le long de la côte (passage intérieur) pendant environ 800 kilomètres jusqu’à Juneau, la capitale. Le départ est prévu pour juillet et l’itinéraire devrait durer environ 50 jours.

Pourquoi l’Alaska ?

Après un voyage d’une année en vélo autour du Monde, on voulait trouver un autre projet, une itinérance autre que celle que l’on avait connue sur nos vélos. L’Alaska s’est proposé comme une évidence. C’est une région fabuleuse. Elle stimule notre imaginaire depuis l’enfance, que ce soit pour les fjords, les forêts, les montagnes, les trappeurs, les baleines, les ours… C’est un terrain de jeu inépuisable pour ceux qui aiment prendre l’air. Au départ on a spontanément choisi le canoë pour descendre une rivière puis on a fait une rando en kayak de mer dans le golfe du Saint Laurent (Québec) où on a rencontré des marsouins, des phoques, des baleines à bosse… On a trouvé ca exceptionnel donc on a voulu mêler un autre environnement. Aujourd’hui notre objectif est double : associer un défi sportif en réalisant près de 1000 km de kayak sur lac, rivière puis océan à un autre, celui de vivre en autonomie prolongée en interaction permanente avec la nature. La présence humaine sera quasi absente de la grande majorité des étendues que l’on va traverser.

Comment allez-vous faire ?

Pour manger nous voulons prendre le minimum de denrées (riz, pâtes…). Pour le reste nous emporterons deux cannes à pêche et nous espérons nous nourrir de poisson, voire si cela est possible d’un peu de cueillette. On a une petite expérience de la vie dans la nature mais aucune connaissance de la région. On compte s’appuyer sur des rencontres pour nous apprendre ce qu’on ne sait pas. Et la liste est longue… J L’idée est ensuite de partager le savoir acquis sur le terrain en réalisant des petites vidéos (allumer un feu sous la pluie, monter un abri, pêcher, cuisiner…).

Vous avez prévu de réaliser un film ?

Oui, on voudrait réaliser un film sur ces thèmes. On trouve intéressant de mettre en relief les détails du ©www.coureurdesbois.fr - Bourses Expéquotidien que l’on ne voit jamais dans les films d’expé en plus du récit classique du voyage. Les meilleures vidéos seront insérées dans la globalité d’un film de 26 ou 52 minutes et les autres serviront à alimenter l’actualité de notre blog (coureurdesbois.fr) spécialisé dans les thèmes de l’aventure et de la vie en milieu naturel.

Quelles sont les plus grandes difficultés qui vous attendent ?

On devra faire face à deux grandes catégories. D’abord la progression en kayak qui nécessitera de gérer
des conditions météorologiques et de navigations souvent exigeantes. Il pleut beaucoup, la mer est froide, les niveaux de la rivière sont changeants, les courants puissants… En Alaska on est obligé de s’y confronter, on espère seulement que ce ne sera pas trop souvent. On a fait un stage de kayak pour optimiser la sécurité de ce point de vue là. Ensuite c’est la cohabitation avec la faune et plus précisément le grizzli qu’il faudra être prêt à gérer.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Pour commencer ils ne sont pas censés attaquer l’homme sans raison. A priori ils seront sortis de leur hibernation depuis quelques mois et par conséquent ils n’auront pas le ventre trop vide… Ensuite nous hisserons la nourriture dans les arbres loin du campement. Nous ne mangerons pas non plus à l’endroit où nous dormirons. En cas de rencontre un peu trop menaçante nous aurons au moins des bombes à ours (équivalent d’une bombe lacrymo au poivre) et probablement un système d’alarme autour du camp. Le but sera donc de ne pas les croiser même si paradoxalement ce serait bien d’en voir deux ou trois…mais de loin J !

Pour le reste de la faune?                          

On espère observer la faune aquatique très présente dans les eaux froides du golfe notamment des ©www.coureurdesbois.fr - Bourses Expébaleines, des dauphins, des orques, des phoques, des lions de mer… L’avantage de faire du kayak toute la journée sans un bruit est la probabilité de les voir de très près. Même si comme les grizzlis il y a une petite appréhension à voir passer une masse de 30 mètres et 200 tonnes sous nos petites embarcations.

Comment préparez-vous ce voyage ?

Nous sommes en contact avec des guides locaux pour les questions de navigation, de transports du matériel et la préparation à la « vie sauvage ». Nous cherchons des habitants là-bas qui pourraient nous montrer les choses essentielles à connaître. Autrement nous achèterons notre kayak là-bas pour limiter les frais de transport. Nous sommes aussi lauréats de la bourse Expé dont Terres d’aventure fait partie et sommes en train de solliciter d’autres partenaires. Tout cela s’annonce très bien.

© All Alaska Tours - Alaska