© Vaihere - Le Vaihéré au large de la péninsule Antarctique
Passer le cap Horn en voilier et prendre la direction de l’Antarctique, plus d’une personne en rêve. Le vivre c’est être le témoin d’une aventure exceptionnelle. Cédric, parti sur le voilier Vaïhéré, partage ses plus beaux moments et nous donne volontiers envie d’embarquer pour une croisière. 

Cap vers l’Antarctique

 

« Voici 13 jours que le Vaïhéré a quitté Ushuaia, et 13 jours que nous savourons chaque nouvelle journée dont aucune n’a ressemblé à la précédente.
Descente du Beagle, passage du cap Horn puis traversée du Drake par un temps rarement aussi favorable. Une belle manière pour nous familiariser avec la vie du bord, les conditions de navigation, connaître nos équipiers, et bien sûr expérimenter les quarts de jour et de nuit qui constituent toujours un temps fort de ces traversées. Traversées d’ailleurs constamment accompagnées par les albatros hurleurs, les goélands, les pétrels géants, les cormorans et autres damiers du Cap.

La mélodie de baleines

 

Depuis notre arrivée sur la péninsule le 24 décembre en fin de soirée, la magie opère tous les jours. Nous avons été accueillis aux premières heures par le ballet d’une douzaine de baleines à bosse autour du bateau, le souffle puissant à travers leurs évents pour toute mélodie.
Comme aime à nous le dire Eric, il est toujours difficile de prévoir son programme en Antarctique. Malgré le beau temps exceptionnel dont nous bénéficions depuis le départ, nous n’échappons pas à la règle, ce qui nous pousse à modifier régulièrement les plans établis : gros sérac menaçant au-dessus du mouillage à Melchior, ou densité d’icebergs dans le canal Lemaire et dans la baie de la Salpêtrière nous obligeant à faire demi-tour ou à rester à la dérive, avec quart de nuit obligatoire.
Nous côtoyons quotidiennement les manchots papous et quelquefois à jugulaire, ainsi que les phoques crabiers ou de Weddell, les baleines, sans compter tous les oiseaux. Hier nous avons croisé nos premiers éléphants de mer, véritables colosses posés sur leur rocher.

© Vaihéré - Antarctique

Les glaciers de l’Antarctique

 

Bien sûr, nous évoluons en permanence au milieu de l’immensité blanche avec ses centaines de glaciers qui tombent dans la mer, ses icebergs partout présents, ses montagnes de basalte couvertes de neige millénaire et tous ces canaux remplis de glace plus ou moins compacte qui serpentent autour des innombrables îles qui nous entourent. Ces dernières répondent aux noms de Melchior, d’Anvers, d’Enterprise ou de Cuverville. De temps en temps le bruit d’une avalanche ou d’un sérac qui s’effondre dans la mer vient troubler la quiétude des lieux, à condition qu’une manchotière ne pousse, elle aussi, ses vocalises bien caractéristiques…

ATA_1

L’Antarctique foulé

 

Nous quittons le bateau tous les jours pour de longues promenades à pied ou en raquettes, voire même en bateau pneumatique dans les canaux. Jeudi dernier nous avons atteint Port Charcot qui fait face au mont Français et ses 2825m d’altitude ; l’impression de marcher sur les traces de ce pionnier qui a laissé quelques marques de son passage. Hier, c’était la visite incontournable, sur la base britannique, de Port Locroy où nous avons dignement arrosé le passage à 2017. Très beau moment partagé avec les passagers d’un autre navire dans notre mouillage de fortune accroché à de la glace. Pour nous permettre d’éliminer les derniers effets des festivités de la veille, balade bien venue à l’anse de Dorian avec son refuge, véritable vestige d’un passé pas si ancien. Ce soir nous mouillons devant la base chilienne de Videla dans Paradise Harbour.
Et bien sûr toujours en point final de ces journées bien remplies, juste après le traditionnel apéro, nos skippers rivalisent de virtuosité aux fourneaux. »

  • Découvrir notre croisière « Faune et glaces de l’Antarctique »
  • Lisez nos articles sur l’Antarctique

© Manchot - Antarctique