© Philippe Chancel - Le Plancius en terre de Graham - Antarctique

Cette semaine, un groupe de voyageurs accompagné de Marie, notre responsable Croisière, a embarqué sur le Plancius sur les traces du commandant Charcot, le « Gentleman des pôles », qui fut le premier à hiverner au début du XXe siècle en Terre de Graham. Partis pour les confins de l’Antarctique, Marie nous fait suivre leur expédition en donnant des nouvelles quotidiennes.

 

Mardi 9 janvier : Ushuaia, dernière escale avant l’Antarctique

 

 

Après un long voyage au départ de Paris, nous arrivons enfin au bout du monde… Ushuaia. Ce nom fait rêver. C’est le commencement de notre grande aventure !

En milieu d’après-midi, nous rejoignons le port à pied, sous un soleil étonnant. Une fois accueillis par l’équipage, chacun rejoint sa cabine et s’installe. L’excitation monte, les questions fusent, et la principale :

« Comment le Drake nous accueillera-t-il ? »

Lors de la réunion sur la sécurité à bord, nous rencontrons le premier officier ainsi que toute l’équipe de l’expédition. Nous retrouvons Céline, Pascaline et Lucas, nos guides francophones. Tout nous est minutieusement expliqué. Le capitaine nous offre une coupe de champagne lors du traditionnel cocktail de bienvenue. Nous essayons ensuite nos gilets de sauvetage pour l’exercice de sécurité.

Voilà, nous somme parés, le navire peut quitter le bord. Tout le monde s’amasse sur les coursives pour regarder le quai s’éloigner. Nous quittons notre petit bout du monde par le Canal Beagle pour aller encore plus loin, vers le passage du Drake, en direction des glaces éternelles.

 

Mercredi 10 janvier : Le passage du Drake

 

 

La nuit fut un peu agitée, mais le Drake est encore assoupi. Aujourd’hui, c’est journée en mer !
Chacun vaque à ses occupations, entre les coursives et le salon d’observation, pour apercevoir les albatros et les pétrels géants. D’ailleurs, Céline nous parle avec passion des oiseaux du Drake lors de sa conférence matinale. Puis dans l’après-midi, c’est Lucas qui nous raconte où débute la chaîne alimentaire avec le phytoplancton.

Après quelques vagues impressionnantes, le Drake nous rappelle tout de même que nous sommes sur son territoire. En fin de journée, nous nous retrouvons tous pour le « récap’ journalier », prêts à affronter le dernier jour de la traversée. Impatients, nous attendons de voir les premiers icebergs se dessiner…

 

Jeudi 11 janvier : Les Shetlands du Sud

 

C’est la dernière ligne droite, cap sur l’Antarctique ! Aujourd’hui, tout est brumeux. Le Drake nous a baladés durant la nuit, mais rien d’affolant ! Ce matin, on aborde le code de conduite du visiteur en Antarctique. Ensuite, Céline nous parle des manchots, puis Pascaline des glaces et du climat. Nous sommes prêts, informés et impatients. Vers 18 heures, le ciel s’éclaire et nous dévoile un décor féerique.

Les Shetlands du Sud nous saluent et laissent apparaître la majestueuse péninsule. Tout le monde se précipite sur les ponts pour s’extasier devant le ballet des baleines à bosse qui viennent nous accueillir. Puis, ô stupéfaction, ce sont les orques qui se présentent à l’avant du bateau. La croisière commence bien, une belle occasion de sabrer le champagne !

 

Vendredi 12 janvier : Premier débarquement et premier bivouac

 

 

Nous arrivons à proximité de l’île Wiencke en début de matinée. Toutes les conditions sont réunies pour un magnifique premier débarquement à la pointe Damoy. Les deux échelles de coupée ont été déployées et le débarquement s’effectue très rapidement. Nous découvrons nos premiers manchots Papou qui ont investi les versants de la colline. Les jeunes viennent juste de naître et les deux adultes se relaient au nid pour nourrir les deux poussins. Les plus intrépides d’entre nous font le tour de l’île. Nous retournons à bord à 12h30.

A 14h30, les trois personnes en charge du site de Port Lockroy (île Goudier) nous rejoignent au salon d’observation pour évoquer leurs travaux et la conservation de l’endroit. Puis c’est à notre tour de visiter la base.

Un premier groupe débarque sur la petite île rocheuse (64°49’S & 63°29’). Une boutique-poste nous permet de faire quelques achats souvenirs.

Nous visitons la pointe Jougla, péninsule rocheuse occupée par des manchots Papou et quelques cormorans à yeux bleus. Sur ces deux sites, les marques du passé sont toujours visibles à travers des ossements de baleine et les chaînes d’amarrage des anciens baleiniers.

Après le dîner, les passagers qui ont choisi l’option camping se saisissent de tout leur équipement (triple sac de couchage, double matelas) pour la grande expérience de bivouac à Dorian Bay !

 

 

Samedi 13 janvier : Port Charcot

 

 

Les campeurs sont debout de très bonne heure après un sommeil plus ou moins réparateur selon les personnes. Le déjeuner est pris avant d’entrer dans le fameux canal Lemaire, que nous abordons à vitesse réduite. Le bateau montre toute sa manœuvrabilité à contourner les icebergs et à écarter les glaçons plus ou moins denses à la dérive. Tout le monde est sur le pont lorsque nous franchissons les Humphries Heights et le cap Renard, avant de déboucher devant le mouillage de Port Charcot et de débarquer sur l’île Booth.

L’île est chargée d’histoire puisque c’est le lieu choisi par Charcot pour hiverner en 1904. Nous montons jusqu’au cairn et hissons les couleurs avant de gagner l’anse du Français en contre-bas. Beaucoup d’émotion face à ce paysage d’icebergs à perte de vue, échoués tout autour de l’île. Et bien sûr, une population de manchots Papou occupe les versants de la colline.

Nous sommes de retour à bord pour une courte durée puisque dès 14h30 nous débarquons sur l’île Petermann, à port Circoncision, second lieu d’hivernage de Charcot et de son navire polaire, le Pourquoi-Pas ?, en 1909. Sur la grève, on peut encore observer des restes de l’expédition française. Nous continuons à bénéficier d’un temps exceptionnel. A terre, nous observons des manchots Papou, des manchots Adélie et des cormorans à yeux bleus.

 

 

 

Dimanche 14 janvier : Ode aux baleines

 

Le réveil a lieu beaucoup plus tôt que prévu car Lynn, notre chef d’expédition, nous annonce à 6h du matin qu’un groupe de baleines à bosse est en train de se gaver de krill autour de notre navire. Pendant plus d’une heure, les baleines se déplacent ainsi autour du Plancius, se nourrissant tout en émettant des sons très particuliers. Le capitaine Alexey ralentit la navigation pour que nous puissions profiter de ce spectacle grandiose, le soleil étant de la partie.

Nous débarquons ensuite sur l’île de Cuverville, occupée par une immense colonie de manchots Papou et quelques éléphants de mer. Certains téméraires terminent la matinée par un bain revigorant -le plus austral du monde-, tête la première dans une eau à zéro degré.

Quant à l’après-midi, il restera pour tous un moment extraordinaire. Partis longer les fronts glaciaires de la baie Paradis sous un grand soleil, nous croisons d’abord deux baleines à bosse. Puis, c’est le grand show : un impressionnant pan de glacier se détache sous nos yeux, s’enfonce dans la mer avant de resurgir à toute vitesse, se hissant complètement en dehors de l’eau et générant une immense vague qui, par bonheur, ne bouscule pas nos bateaux pneumatiques. La fin de l’après-midi se déroule sur le continent Antarctique, sur la base argentine d’Admirante Brown. Une journée magnifique.

 

 

Lundi 15 janvier : la vie au rythme de l’Antarctique

 

Toute la nuit, les baleines ont tourné autour du bateau et ce matin au réveil, elles étaient toujours avec nous. Nous ancrons à Neko Harbour par un grand beau soleil et gravissons la colline pour dominer le glacier depuis le versant opposé. C’est juste grandiose. Le glacier est extrêmement fracture et les séracs laissent apparaître des couleurs bleues extraordinaires. Au retour, nous longeons la côte en bateau pneumatique pour découvrir des icebergs aux couleurs et formes surprenantes.

De retour à bord pour le déjeuner et il est déjà temps d’enfiler son équipement pour débarquer sur l’île Danco, au milieu du canal Errera. Le ciel s’est un peu couvert, il neigeote un peu mais cela nous permet de découvrir une autre facette de l’Antarctique. Des centaines de manchots Papou sont installés en haut de l’île et ils font des allers-retours dans la neige pour se nourrir en mer. C’est superbe ! Et en fin d’après-midi, tous reviennent de la mer pour nourrir leurs petits. Spectacle garanti.

En soirée barbecue le plus australe du monde.

 

Mardi 16 janvier : cap vers le Nord

 

 

Quel changement ! Ce matin nous nous réveillons sous la neige et l’horizon complètement bouché, dans la zone de Foyn harbour, lieu qui avait été occupé par les baleiniers entre 1916 et 1930. Nous décidons de faire un tour en bateau pneumatique pour voir l’épave du Governoren, bateau baleinier qui avait pris feu en 1916. Nous découvrons d’anciennes baleinières sur l’île de Nansen, des lieux d’amarrage et nous trouvons toute la zone insolite. Presque fantasmagorique avec le brouillard et la neige qui se sont invites. L’histoire est très présente et nous donne une vision de l’Antarctique très différente des jours précédents.

Le ciel se dégage légèrement en début d’après-midi lorsque le bateau met le cap vers le Nord. Nous quittons le continent Antarctique avec beaucoup de nostalgie et quelques baleines à bosse viennent nous saluer, peut-être pour rendre ce départ plus facile. Les conditions sont clémentes pour ce début de traversée et nous sommes tous réunis au salon d’observation pour visionner le film Endurance, l’expérience légendaire de Sir Ernest Shackleton. Tout le monde est fasciné par cette épopée illustrée de photos exceptionnelles.

La fin d’après-midi se passe à consulter ses photos, le carte de la péninsule antarctique pour retrouver l’ itinéraire suivi durant ces 5 jours.

 

Mercredi 17 janvier : reprise des conférences

 

Ce matin, le réveil s’effectuant en mer, nous avons la possibilité de dormir un peu plus tard et le petit-déjeuner démarre à 8 heures.
Puis le cycle des conférences reprend, avec tout d’abord Céline qui nous présente :  » Les effets polluants sur les oiseaux marins ».

Chacun doit rapporter ses bottes qui ont été bien pratiques durant tout notre séjour en Antarctique. Nous prenons le temps de faire un tour sur les ponts extérieurs car les oiseaux des hautes latitudes nous accompagnent durant cette remontée. Nous avons en particulier le plaisir de retrouver les albatros à sourcils noirs.

Puis j’évoque les 2 hivernages du Cdt Jean-Baptiste Charcot avec le Français et le Pourquoi-Pas ? C’est l’occasion de découvrir des documents d’archive, avec le quotidien d’un hivernage en région polaire.
A 16 heures 30, Céline nous présente un film Les profondeurs du climat. Le sujet est hautement d’actualité car nous suivons tous l’évolution de la météo pour les prochains jours. Actuellement, la mer est très peu formée et le Capitaine Alexey cherche à gagner le cap Horn et la Terre de Feu le plus vite possible car du mauvais temps est attendu pour l’après-demain.
Comme nous en avons pris l’habitude depuis le début de cette croisière, nous nous retrouvons tous au salon d’observation à 18 heures 30 autour de notre chef d’expédition Lynn, pour le « recap » quotidien.

 

Jeudi 18/01 : le cap Horn

 

© Lakutaia - cap Horn - Argentine - Antarctique

 

Notre Capitaine Alexey a été bien avisé de nous faire quitter l’Antarctique un peu plus tôt que prévu car nous avons eu une excellente traversée et avons atteint la Terre de Feu avant l’arrivée de la nouvelle dépression. La nuit a donc été très calme et comme nous arrivons un peu plus tôt au cap Horn, notre super capitaine obtient l’autorisation de passer à quelques encablures du fameux rocher. Nous devenons tous Cap-horniers et tous les passagers sont sur le pont pour immortaliser le passaged, dont certains très émus.

Ensuite nous remontons tranquillement l’archipel Wollaston pour rejoindre le canal Beagle. Les conférences se succèdent et nous devons commencer à penser au débarquement de demain matin ; avec déjà un peu nostalgie.

 

Vendredi 19 janvier :

 

L’arrivée à Ushuaia s’est faite à 6 heures ce matin, amarrage au port et débarquement à 8 heures 30, ce qui nous laisse un peu de temps pour un dernier shopping avant de prendre l’avion pour Buenos Aires. »