© Ours polaire au large de Nordaustlandet sur la banquise dérivante - Spitzberg - Norvège - Nathalie Neyrolles

Comme chaque année, le Plancius a mis le cap sur l’archipel du Svalbard pour faire vivre aux passagers une expérience unique. Sur cette croisière Tour du Spitzberg et île Blanche, ils auront la chance de côtoyer montagnes acérées, ours polaires et anciens sites baleiniers. Chaque jour, suivez ici cette expédition d’exception.


Jeudi 2 août 2018 : C’est parti !

Amarré au port de Longyearbyen, le Plancius sera notre vaisseau pour les 10 prochains jours. Malgré l’heure avancée de la nuit, c’est sous une lumière claire du soleil de minuit qu’il plante fièrement le décor de notre croisière autour de l’archipel du Svalbard. Le plaisir et l’excitation d’embarquer enfin nous font oublier les courbatures occasionnées par le périple Paris-Oslo-Longyearbyen.

Après 5 minutes de traversée en bateau pneumatique, nous sommes accueillis à bord par les membres de l’équipage, dont le chef d’expédition Tarik Chekchak et son assistant et guide Gérard Bodineau. Autour d’une sympathique collation, le chef d’expédition nous fait part des consignes de sécurité et nous explique le déroulement de cette première journée en mer…


Vendredi 3 août 2018 : Premiers pas dans l’Arctique

Notre première sortie se déroule dans la ville de Ny Alesund, une base scientifique autrefois symbole de la chasse à la baleine puis de l’exploitation minière. Elle est également le lieu de départ des explorations polaires, notamment en ballon dirigeable comme celle d’Amundsen en 1926. L’occasion pour nous d’envoyer une carte postale timbrée à l’effigie d’un ours polaire et expédiée de la poste la plus septentrionale au monde.

La poste la plus septentrionale au monde

Arrêt cartes postales tout au nord du monde

De retour à bord du Plancius, nous entamons l’approche du Glacier du Roy qui révèle indéniablement l’impact du réchauffement climatique. En effet à sa droite la langue glaciaire n’atteint plus la mer. Elle s’étire de tout son effort sans succès, laissant la terre à nu jusqu’à l’eau.


Samedi 4 août 2018 : Vers le fjord de l’amour

79° latitude nord. Nous nous dirigeons sur une mer d’huile vers le Lieldefjorden, le « fjord de l’amour ». Nous débarquons sur un terrain de nature argilique constitué de sédiments venus se poser sur le socle du Svalbard. Une partie se couvre de végétaux aux couleurs déjà automnales, de plantes grasses et de petites fleurs – silène acaule, saxifrage, oxyriade.

Côté oiseaux, nous observons un jeune Harelde boréale, distinctif par son plumage blanchâtre qu’il perdra à la première mue. Parés de jumelles et d’appareils photo grand zoom, les passionnés d’ornithologie se réjouissent à la vue d’oies à bec court.

Au cours de l’après-midi, nous rejoignons en bateau pneumatique le glacier Albert de Monaco, formé de trois langues de glace. En s’approchant, nous prenons la mesure de ces géants. Dans un vacarme tonitruant, des millions de bulles d’air retenues dans la glace éclatent et des icebergs sont vêlés sous nos yeux. Sous pression, la glace est éjectée à plusieurs mètres du front. Nous contournons les icebergs éparpillés ci-et-là, avant d’approcher un joli phoque barbu roux qui se laissera volontiers prendre en photo.

Jeune phoque photogénique

Un phoque photogénique


Dimanche 5 août 2018 : Ours en vue !

Sur l’île de Torellresfjellet, nous partons en promenade observer une grande colonie de morses appelés aussi « canaries des mers » en raison de leur capacité à effectuer près de 300 vocalises. Pour ne pas les troubler, nous formons trois groupes. Nageurs hors paire, ces mammifères se caractérisent par leur gigantisme, pouvant atteindre une tonne pour certains. Agglutinés sur la plage, ils laissent le temps filer, le pelage bruni après une baignade.

Grande colonie de morses

Colonie de morses

Puis, dans l’après-midi, une simple sortie en bateau pneumatique nous réserve une surprise de taille. Sur le flanc de la falaise, des taches blanches attirent notre regard et trois mots font petit à petit écho dans les bateaux : ours en vue ! Durant 30 minutes, nous avons en effet la chance et l’honneur d’observer une oursonne et ses deux petits descendre puis longer la côte. Un instant précieux que nous fixons tous sur nos mémoires numériques, et surtout dans nos pensées.

Deux adorables bébés ours

Deux adorables bébés ours


Lundi 6 août 2018 : La plus haute latitude jamais atteinte

De bon matin, nous atteignons déjà la fin de la banquise. Nous évoluons désormais à travers elle dans l’espoir d’apercevoir d’autres ours polaires. Notre progression sur les flots a lieu dans des conditions météorologiques extraordinaires : le ciel dégagé permet aux rayons du soleil de scintiller sur la surface de l’eau et de la glace.

Bientôt, les guides repèrent un ours à travers les jumelles. Nous dévions alors de notre cap pour l’approcher. Silence se fait. L’ours ne se trouve plus qu’à quelques mètres du Plancius. Il lève son museau, renifle et nous considère. Agglutinés à bâbord nous vivons un moment inouï, le sourire aux lèvres.

Seigneur de la banquise

Une heure plus tard, c’est l’effervescence à la capitainerie. Nous scrutons nous aussi la terre jusqu’à remarquer la carcasse d’un bébé narval. C’est l’étonnement dans l’équipe car le narval fréquente rarement les eaux du Spitzberg. Le soir, notre chef d’expédition nous annonce que nous avons passé la latitude le plus haute jamais atteinte par le Plancius : 82°38,7202’N.


Mardi 7 août 2018 : Comprendre le réchauffement climatique

La météo et la mer ne nous sont pas favorables aujourd’hui. La journée est donc consacrée à des conférences mettant en lumière les impacts du changement climatique sur l’environnement polaire. Nous apprenons notamment que le plus grand danger pour l’ours polaire est la perte de son habitat. Quant aux oiseaux qui nichent en Arctique, ils dépendent d’habitats marins présents sur l’ensemble de la planète. Nous avons également la chance d’assister à une conférence spontanée de Philippe Dubois, grand ornithologue, qui nous parle des oiseaux migrateurs. Alors que la météo redevient clémente, nous approchons la troisième plus grande calotte glaciaire du monde après l’Antarctique et le Groenland.

Les regards captivés par l’immensité calme de la calotte glaciaire


Mercredi 8 août 2018 : Sortie sur l’île Blanche

Les conditions climatiques rendent les transferts en bateau pneumatique relativement arrosés ! Nous débarquons aujourd’hui sur l’île Blanche pour une visite éclair car la présence d’un ours ainsi que la météo capricieuse écourtent notre sortie. Entièrement couverte d’une calotte glaciaire, cette fascinante île constitue la partie la plus orientale du Spitzberg. A noter que c’est ici que l’on a retrouvé les restes de l’expédition suédoise Andrée qui avait pour objectif d’aller du Svalbard à la Russie en ballon à hydrogène.

L’après-midi est consacrée aux conférences : la première sur la géologie en Arctique et la seconde sur l’histoire de l’archipel.

Après le dîner, nous dévions légèrement notre trajectoire afin de nous rapprocher d’un ours polaire trônant fièrement sur son iceberg, puis d’un morse, se prélassant également en maître sur son morceau de glace.

Nos pas sur l’île Blanche


Jeudi 9 août 2018 : A la découverte de la toundra

Aujourd’hui est une journée dédiée à la marche dans un environnement constitué de toundra. Le matin, c’est à Sundnest que nous débarquons. Dans un décor teinté de vert, de jaune et d’autant de nuances qu’il est possible d’en voir, des oies à bec court se mêlent à des rennes, donnant des airs de conte au paysage nous entourant. L’après-midi, nous abordons ensuite le Cap Lees, un lieu composé de dolérites et de toundra. Encore une fois, nous avons la chance d’approcher un troupeau de rennes et d’admirer leurs spectaculaires bois. La sortie se conclut en beauté par le passage devant des morses ayant élu domicile juste à côté des cabanes de trappeurs sur la plage.

Au retour, l’équipe nous a concocté une séance de conférences dont une sur l’ouverture récente de l’Espace des Mondes Polaires, à Prémanon dans le Jura.

Un renne aux bois spectaculaires


Vendredi 10 août 2018 : Dernière soirée à bord

Pour ce qui est des contemplations nocturnes, nous avons eu la chance d’apercevoir très nettement une baleine blanche, de l’évent à la queue.

Aujourd’hui, une sortie en bateau pneumatique dans le fjord de Burgerbukta dans le Hornsund nous laisse époustouflés. Un magnifique paysage d’icebergs, de front glaciaire et de roche s’étend sous nos yeux. Le froid s’intensifie au fur et à mesure que nous nous approchons du front glaciaire, mais l’émerveillement, lui, se démultiplie. Nous en profitons jusqu’au bout, c’est notre dernière approche de la croisière. Nous reprenons ensuite notre route vers Longyearbyen.

Flirter avec le front glaciaire

Lors de notre dernière soirée à bord du Plancius, c’est emplis de souvenirs et déjà nostalgiques que nous nous réunissons tous au salon d’observation afin d’effectuer un grand tour d’horizon de notre semaine d’exploration. C’est un moment émouvant pour tout le monde et c’est également l’occasion de remercier Tarik, notre chef d’expédition, ainsi que son équipe : Gérard, Marie, Bernard, Stéphane, Fabrice, Céline, Lucas, Laurent et Aymeric. Au cours de la soirée, nous avons également l’honneur de trinquer avec le commandant de bord pour célébrer notre remarquable tour du Spitzberg 2018.


Samedi 11 août 2018 : Cap sur Barentsburg

Il est à présent temps de dire au revoir au Plancius ainsi qu’à tout son équipage. Nous embarquons ensuite sur un autre bateau en direction de Barentsburg. D’abord une ville baleinière et de chasseurs, elle devint à partir de 1916 une ville minière néerlandaise puis en 1932, russe. L’architecture y est encore typiquement russe, marquée par l’époque communiste.

Notre séjour se conclut à Longyearbyen par la découverte de la ville, où nous effectuons nos derniers achats et dégustons un copieux dîner. Nous évoquons, les yeux émerveillés, les meilleurs moments de ce voyage incontestablement inoubliable.

La ville de Barentsburg dans la brume


Dimanche 12 août 2018 : Le temps des adieux

Vol sans encombre, puis dernière accolade entre compagnons de route avant que chacun ne reprenne son chemin après cette parenthèse d’exception.

Notre groupe d’aventuriers

Si vous souhaitez participer à cette fabuleuse aventure en 2019, n’hésitez pas à nous contacter et nous échangerons ensemble sur votre projet de croisière au Spitzberg !