© Manchots Papous - Antarctique - OceanWide Expeditions

La péninsule antarctique reste la région la moins visitée, la plus préservée et certainement la plus fascinante du monde polaire. A bord du bateau d’expédition « Plancius », quelques téméraires voyageurs viennent de mettre le cap vers ce territoire de l’extrême pour naviguer dans le sillage des baleines à bosses, des manchots, phoques et otaries. Récit en temps réel de leurs 10 jours d’épopée maritime.

 

Jeudi 7 février : le départ

 

Après un voyage de plus de 24 heures, notre groupe de 40 voyageurs arrive enfin dans la « ville du bout du monde », Ushuaïa. Une vingtaine de personnes choisissent d’abord de se rendre au parc national Lapataia, en suivant le chemin côtier, pour découvrir la dense forêt primaire de hêtres antarctiques, les anciens sites de campement des Indiens Yamana, ainsi que les barrages de castors.

Peu de temps après l’embarquement, nous sommes rassemblés dans le salon d’observation pour rencontrer l’officier en chef, François, qui nous explique les détails relatifs à la sécurité sur le bateau, ainsi que les étapes à suivre en cas d’évacuation. Cette présentation est évidemment suivie d’un exercice de mise en situation. Ensuite, le bateau largue les amarres, nous quittons le quai d’Ushuaïa et naviguons en direction du canal de Beagle, accompagnés par des pétrels géants. Avant de se diriger vers le restaurant pour notre premier repas à bord, nous rencontrons Ali Liddle, notre chef d’expédition, ainsi que le reste de son équipe qui nous guidera durant nos sorties sur le continent blanc. C’est avec une petite appréhension, il faut le reconnaître, que nous entamons notre traversée du mythique Passage du Drake car nous connaissons tous la réputation de celui-ci et ne doutons pas d’être un peu chahutés…

 

Vendredi 8 février : l’acclimatation

 

Nous avons la chance d’être réveillés par la douce voix de Céline, l’une de nos guides. C’est un matin couvert avec très peu de vent (environ 10 nœuds) et nous avançons, de bon-train, à travers le passage du Drake. Nous apprenons que nous avons beaucoup de chance car la mer devrait être relativement calme pour notre traversée. À 10h30, nous sommes invités à écouter une présentation sur la glace en Antarctique donnée par Laura. Elle nous expose les différents types de glaces que nous trouvons en Antarctique, leur dynamique et aussi l’impact du changement climatique sur la calotte glaciaire.

Puis, les premières victimes du Drake se déclarent. Nous les repérons à la mine pâle qu’ils arborent. Le médecin commence ainsi à distribuer joyeusement les premiers médicaments contre le mal de mer. Après le déjeuner, Céline nous donne une présentation sur les manchots, répondant à plusieurs de nos questions à propos de ces petites créatures charismatiques que nous allons croiser ces prochains jours.

Par la suite, l’équipe d’expédition commence la distribution des bottes en caoutchouc en nous appelant pont par pont afin d’éviter la cohue. Ces bottes nous seront indispensables pour tous les débarquements et nous éviteront d’avoir les pieds mouillés, ce qui peut être dramatique dans ces régions polaires. A la fin de la journée, nous assistons au premier récapitulatif d’Ali qui nous donne les horaires des activités du lendemain et nous présente les différentes cartes météo. C’est avec hâte que nous partons nous coucher et rêver d’albatros, d’iceberg et de manchots.

 

Samedi 9 février : deuxième jour du Drake

 

Deuxième jour dans le passage du Drake, mais soulagement général en apprenant que la mer restera calme pour notre traversée. Les quelques malades de la veille s’amarinent, et ceux qui hier restaient dans leurs cabines commencent à profiter du bateau et du paysage qu’offre la pleine mer. Nous continuons de mettre à profit le temps passé sur le bateau pour faire un point impératif avant de débarquer en Antarctique. Nous abordons dans un premier temps les procédures de débarquement en zodiac, puis dans un second temps la conduite à tenir en Antarctique vis-à-vis de la faune et de la flore.

A peine cette présentation terminée, nous voilà tous invités au salon d’observation où nos guides nous attendent de pied ferme, armés d’aspirateurs. C’est une procédure de bio-sécurité qui consiste à aspirer tous les vêtements extérieurs, sac à dos et appareils photo, en particulier les zones avec velcro. Il peut rester parfois sur nos vêtements, suite à des randonnées, des graines de plantes qu’il faut éviter d’importer sur les lieux que nous visitons.

L’après-midi est également chargée car nous avons deux présentations. La première est menée par notre guide ornithologue, Régis. Il traite avec humour et simplicité du monde fabuleux des oiseaux marins. Sa passion est contagieuse et nous nous surprenons rapidement à tenter d’identifier les oiseaux qui défilent devant les fenêtres du salon d’observation. La seconde présentation a pour sujet les éléphants de mer. Céline nous parle de ce magnifique mammifère que nous espérons observer ces prochains jours, avant d’être interrompue par la vision des premiers icebergs que nous croisons enfin. A cet instant, nous pouvons sentir la proximité de l’Antarctique. Ce qui se confirme rapidement lorsque nous apercevons les premières îles : ce sont les Shetland du sud, et elles annoncent notre arrivée proche sur le grand continent blanc.

 

Dimanche 10 février : arrivée en Antarctique

 

Le jour « J » est enfin là ! Après un voyage de 4 jours, nous sommes officiellement en Antarctique. C’est non sans excitation que nous sortons vers les ponts extérieurs pour admirer le paysage. Nous ne sommes pas déçus de ce que nous découvrons. Des sommets enneigés, des fronts glaciaires, des icebergs à bâbord et une baleine à bosse à tribord ! Quel accueil !

Nous débarquons sur l’île de Danco. Une fois dans les zodiacs, nous expérimentons ce qui nous a été expliqué lors des précédentes conférences. Nous sommes tous un peu gauches, mais le pied marin viendra avec l’expérience. Nous posons enfin le pied sur ce continent si mythique, et faisons la connaissance du roi des lieux, le manchot ! Nous observons cet animal avec curiosité et bienveillance car son air curieux et sa démarche nous font penser à nos propres premières années de vie.

Des raquettes nous attendent. En voyant le chemin à parcourir, nous comprenons leur utilité. Un chemin sinueux couvert d’une neige glacée monte jusqu’au sommet de l’île. Des balises nous indiquent le chemin à prendre et les endroits où il ne faut pas aller. Nous observons plusieurs colonies de manchots Papou à différents lieux. Le sommet nous permet d’avoir une vue magnifique sur la baie et les fronts glaciaires aux alentours.

L’après-midi, petit changement de programme à cause du vent qui a atteint les 30 nœuds, la limite autorisée pour utiliser les zodiacs. La houle aussi est devenue de plus en plus importante. Le calme n’arrivant pas, Ali, notre chef d’expédition, prend la décision d’annuler notre sortie sur le site de port Lokroy. Nous nous dirigeons donc vers le canal Lemaire, mais comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, nous apprenons qu’un ensemble d’icebergs bloquent le passage. La distance pour la prochaine étape n’étant pas très loin, nous passons la nuit à proximité du canal afin de retenter notre chance le lendemain matin. Nous attendons d’affronter ce réputé canal demain dès l’aube !

 

Lundi 11 février : des phoques et des manchots

 

Il est 6h30 et nous somme réveillés par la voix de Céline nous annonçant la bonne nouvelle, le canal Lemaire est libre ! Nous allons donc pouvoir passer cet étroit canal que les premiers explorateurs on du passer avec angoisse. Nous observons avec émerveillement les falaises marquant l’entrée de celui-ci comme une garde naturelle. Tous sur le pont, nous profitons du spectacle et admirons les manœuvres du commandant pour passer ce canal.

Aux alentours de 9h, nous débarquons sur l’île Petermann. C’est un lieu emblématique, surtout pour nous les Français car c’est ici même que le commandant Jean-Baptiste Charcot a hiverné lors de sa deuxième expédition avec le « Pourquoi Pas ? ». Les guides nous donnent, à l’arrivée, les instructions de déplacement, les lieux où se trouvent les manchots Adélie et les manchots Papou, et le comportement à adopter face à la faune de cette île. Nous profitons des 3 heures qui nous sont imparties pour la parcourir. Au bout de l’île, la vue sur une immense baie parsemée d’icebergs de toutes tailles nous coupe littéralement le souffle. Il y est même difficile de la quitter des yeux, les 3 heures passant comme des secondes.

L’après-midi, nous devions débarquer à Port Charcot mais un ensemble d’icebergs nous bloquent le passage et rend impossible le débarquement. Nous arrivons finalement sur l’île Pléneau où nous passons 1h30 à nous promener parmi les colonies de manchots Papou. Avant de remonter à bord, nous terminons par une sortie en zodiac dans le dédales d’icebergs. Notre embarcation semble si petite à côté des immeubles flottants que nous croisons. Nous tombons nez-à-nez avec plusieurs groupes de phoques crabiers lovés contre des morceaux de glace flottants. Nous avons même la chance de croiser la route d’un phoque léopard ! Cette vision fut inoubliable et clôtura d’une belle manière la journée.

 

Mardi 12 février : Port Lockroy et baie paradis

 

Les hauts-parleurs résonnent ce matin un peu plus tôt que d’habitude : à 7h, les résidents du Plancius s’éveillent doucement pour une nouvelle journée polaire. Le temps est très couvert avec peu de visibilité, et il neige à petits flocons. Cela nous rappelle les fameux « jours blancs » des sports d’hiver. Il est prévu ce matin de retourner à port Lockroy, étape que nous avions dû annuler à cause du mauvais temps. Cette base du Bristish Antartic Survey (organisme de recherche anglais) reste emblématique car là s’y trouve le seul bureau de poste de tout le continent antarctique. Afin de mieux comprendre le rôle de cette base, nous écourtons le petit-déjeuner pour échanger avec l’une des personnes qui séjourne dans cette base 4 mois durant, sans internet ni eau chaude..!

Nous embarquons sur les zodiacs, prêts à affronter le climat extrême avec nos masques de ski. Nous découvrons une nouvelle espèce de manchots lors de notre approche de Port Lockroy, caractérisés par une ligne noire qui longe le dessous du bec jusqu’à l’arrière du cou. Puis, en atteignant la base, nous nous retrouvons en présence d’une armée de manchots papous. C’est la première fois que nous pouvons les observer de si près, ils cohabitent véritablement avec les chercheurs de la base. Transformée en musée, la base nous transporte dans les conditions de vie de l’époque, lorsqu’elle servait à observer l’activité ennemie durant la Seconde Guerre mondiale.

L’après-midi nous réserve une belle surprise : l’opportunité de poser le pied sur le continent pour la première fois. Jusqu’à présent nos débarquements s’effectuaient uniquement sur des îles de la péninsule. Nous arrivons à la station Brown (argentine, et ouverte seulement pendant l’été austral) d’où part une randonnée vers un point de vue dominant la baie Paradis. Le paysage là-haut y est fabuleux, et tout le monde en profite pour immortaliser ce moment. Nous terminons la sortie par une virée en zodiac pour se rapprocher des glaciers de la baie, observer des cormorans impériaux nichés sous la falaise ainsi que quelques phoques crabiers nageant le long de la côte.

De retour sur le Plancius, nous nous apprêtons à passer une soirée spéciale dont tous les passagers se souviendront longtemps : un barbecue austral sur le pont arrière. Le soleil a pointé le bout de son nez afin d’embellir le décor. Ultime bouquet final, la musique donne l’impression d’attirer les baleines à bosses qui dansent en rythme à nos côtés ! Portées par cet enthousiasme, une trentaine de personnes décident de passer la nuit à terre, en improvisant un campement sur la neige…

 

Mercredi 13 février : Orne Harbour et Orne Island

 

Avec les festivités de la veille, le réveil est laborieux pour une bonne partie d’entre nous. Ce matin, il est prévu un débarquement à Orne Harbour puis une balade en zodiac avant de remonter à bord pour le déjeuner. Nous débarquons donc à nouveau sur le continent Antarctique, accueillis par une vingtaine d’otaries à fourrure. Nous faisons attention à ne pas trop nous approcher pour ne pas les déranger, mais aussi et surtout pour notre propre sécurité car elles peuvent se montrer très agressives. Après quelques photos, nous entamons le petit chemin zigzaguant dans la neige jusqu’au sommet de l’île. Semblables à des manchots, nous grimpons en file indienne.

Là-haut, la vue sur la baie d’un côté et sur le glacier de l’autre est impressionnante. Une colonie de manchots à jugulaire est également présente, fait étrange quand on voit la hauteur à laquelle nous sommes. Généralement les manchots recherchent des endroits caillouteux où la neige se retire rapidement afin de ne pas être sur un site trop humide. Au bout d’une heure au sommet nous décidons de redescendre de la façon la plus amusante qui soit, à savoir sur les fesses ! Nous redevenons tous des enfants à cet instant, on entend des rires et des cris lorsque certains contrôlent avec plus ou moins d’assurance leur descente. Au retour, nous croisons des sterns antarctiques, des skuas, des manchots à jugulaire et des cormorans impériaux.

De retour sur le navire, nous prenons la route pour le détroit de Gerlache en espérant pouvoir observer des baleines. Le déjeuner est interrompu par une annonce que nous n’attendions plus. « Des orques en vue » nous annonce Ali, notre chef d’expédition. Nous nous dépêchons de rejoindre le pont extérieur. Pendant plus d’une heure, deux familles d’orques gravitent autour du bateau. En les observant de plus près, nous comprenons qu’ils sont en chasse. Une dizaine de manchots papous nagent aussi à proximité du bateau et attirent les orques…

Au cours de l’après-midi, le vent commence à se lever et la houle prend forme. Le couperet tombe rapidement, Ali annonce que le débarquement est annulé pour des raisons de sécurité. Beaucoup sont un peu déçus car il était prévu une baignade (glacée !) en fin d’excursion. Sarah, l’une de nos guides, met à profit ce temps libre pour nous faire une présentation sur les orques et leur comportement.

En fin de journée, nous avons droit à des nouvelles de l’état du passage du Drake pour notre retour. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, sauf pour ceux qui veulent vivre des sensations fortes. En effet une tempête est en train d’arriver sur nous. Ali décide avec le commandant de remonter vers le nord afin d’atteindre l’île de la Déception. Cette modification d’itinéraire nous permet d’être déjà bien au nord au moment de la remontée du Drake, et ainsi d’éviter de peu le noyau dur de la tempête.

 

Jeudi 14 février : Shetland du sud

 

Voici venu notre ultime jour en région antarctique. Comme prévu, suite au changement de planning dû à une forte dépression que nous pourrions rencontrer dans le Drake, le Plancius jette l’ancre à l’île de la Déception. Très tôt dans la nuit, nous sommes entrés dans la vaste caldeira créée par l’effondrement de cette « île volcan ».

Après un petit-déjeuner sur le pouce au salon d’observation, nous débarquons à Telefon Bay. Ce site est incomparable à tout ce que nous avons vu jusqu’ici. Les couleurs, les lumières, les reliefs, tout y est différent. L’activité volcanique a façonné les lieux, la dernière éruption date de 1967. Nous posons le pied sur une plage noire. Nous évoluons dans une vallée pour ensuite prendre un peu de hauteur. Là, le panorama est à couper le souffle. Nous surplombons un cratère, ceint par des pentes sombres de roches volcaniques ou de glace.

Lors de notre descente, certains s’attardent pour observer les quelques espèces pionnières qui recolonisent peu à peu ces nouveaux espaces. Des suivis scientifiques sont d’ailleurs menés sur l’île pour étudier ce phénomène. Peu à peu, mousses et lichen se développent, jusqu’à la prochaine éruption…

A notre retour à bord, un second petit-déjeuner, plus copieux, nous attend. Puis, Ali et Céline organisent rapidement une nouvelle réunion afin de nous informer d’une nouvelle modification de parcours. Les prévisions météo pour remonter le Drake sont loin de s’améliorer et le capitaine a décidé de quitter la zone plus tôt. Il nous faut donc annuler notre débarquement sur Halfmoon Island (trop éloignée). L’équipe d’expédition propose alors un dernier débarquement à la baie des Baleiniers, plus proche.

Ce site, également soumis aux aléas volcaniques, abrite les vestiges d’une station baleinière norvégienne qui fonctionna de 1906 à 1931. On peut également y voir quelques bâtiments de la base britannique « B ». Construite en 1944, elle avait dû être abandonnée par ces occupants lors d’une éruption en 1969.

Sous un vent forcissant et des averses de neige, nous évoluons le long de la plage, évitant les nombreuses otaries à fourrure venues se reposer à terre. Une ascension est proposée vers le Pas de Neptune, une ouverture dans la roche située un peu plus haut, pour observer les lieux sous un autre angle…

Après cette dernière visite, nous remontons à bord pour déjeuner. Le Plancius lève l’ancre et entame sa remontée vers Ushuaïa. Dans l’après-midi, Céline nous en apprend plus sur les menaces qui pèsent sur les oiseaux marins.  Elle nous présente des travaux auxquels elle a participé, montrant l’impact des pollutions sur le cycle des oiseaux. Laura quant à elle, nous parle de géologie en Antarctique.

Puis vient le temps de la réunion de fin de journée. Un point est fait sur les conditions en mer que nous risquons de rencontrer dans les jours à venir. Eduardo nous présente un sujet sur les pionniers de l’aviation en Antarctique, puis nous explique pourquoi nous ne pouvons pas observer d’aurores australes en péninsule. Après le repas, ceux qui le souhaitent peuvent profiter d’un documentaire projeté au salon d’observation sur Port Lockroy.

Chacun se prépare à une bonne nuit de sommeil avant d’affronter un Passage du Drake quelque peu houleux…

 

Vendredi 15 février : journée en mer

 

Au programme aujourd’hui : une journée entière dans le passage du Drake. Nous sommes partis plus tôt la veille et nous avons bien progressé vers le nord. Notre objectif est de passer devant la tempête pour ensuite être protégés par le continent. A bord, nous commençons à sentir le mouvement de roulis du navire…

Vers 10h, Céline donne une conférence sur les effets des contaminants sur les oiseaux marins polaires. La conférence met en lumière l’impact de notre consommation quotidienne sur la faune antarctique. En effet, même si l’Antarctique est très éloigné des grands centres industriels mondiaux, il en subit les pollutions. Puis nous enchaînons avec l’un des épisodes de la série « Frozen Planet » de la BBC sur l’Arctique et l’Antarctique.

En début d’après-midi, Ali donne une conférence captivante sur les femmes qui ont marqué l’histoire de l’exploration. Parallèlement, dans le restaurant, est projeté un documentaire sur la vie de Charcot. Il permet de mieux comprendre l’homme qu’il était à travers le témoignage de sa petite-fille, Anne-Marie, à laquelle nous rendons hommage à la fin de la diffusion. Plusieurs photos d’archives, gentiment prêtées par la famille Charcot, sont ensuite présentées et commentées.

Pour finir, Ali nous fait le bilan de la journée et nous met à jour sur les conditions météorologiques qui nous attendent. Il nous confirme que nous allons commencer à ressentir les effets de la tempête vers minuit. Après son intervention, il y a un mélange d’appréhension et d’excitation chez les passagers. Plusieurs vont vivre leur première expérience de vagues de plus de 10 mètres de haut, et des vents de plus de 50 nœuds.

 

Samedi 16 février : en route vers Ushuaïa

 

La tempête tant attendue depuis deux jours est arrivée, avec des pointes de vent à 70 nœuds et des creux à plus de 10 mètres. On nous annonce qu’il faut être prudents sur le bateau puisqu’il y a beaucoup de houle et le bateau a tendance à tanguer. Certains d’entre nous décident de rester au lit, tandis que d’autres ont le courage de monter au salon d’observation. Passer simplement de la salle de bains au couloir est une aventure puisque l’ont doit garder l’équilibre entre chaque vague.

Du salon d’observation, nous avons une vue impressionnante sur les vagues qui avancent comme un mur vers le bateau. A la passerelle, le bruit du vent couplé à celui des vagues rend cette expérience encore plus surréaliste. Cependant, Arthur, notre capitaine, est d’un calme légendaire, ce qui nous rassure et nous permet d’apprécier la force et la grandeur de l’océan Austral. Le Plancius est dans son élément et coupe la vague facilement. Nous regardons, ébahis, les vagues qui déferlent autour de nous, rassurés d’être sur ce navire et non sur un voilier. Hypnotisés par le spectacle, la matinée passe rapidement. Après le déjeuner, le vent commence à faiblir tranquillement mais la mer, elle, reste démontée. Nous continuons notre navigation vers le nord en direction du canal de Beagle qui va nous offrir un peu plus de protection.

Une fois le canal atteint, la vie reprend sur le bateau. Nous allons redonner nos bottes aux membres de l’expédition, ce qui nous fait ressentir que la fin du voyage approche. La journée se termine par le cocktail du capitaine au cours duquel nous portons un toast à ce magnifique voyage que nous venons de vivre. Sara a préparé une vidéo avec les photos prises par les guides durant la croisière. C’est avec beaucoup d’émotions que nous regardons les clichés défiler. Susanna nous appelle pour notre dernier dîner sur le bateau et, pour la dernière fois, nous l’entendons nous dire « bon appétit ».

 

Dimanche 17 février 2019 : fin de l’aventure

 

Il est 7h et nous voilà arrivés à bon port après une aventure humaine que nous n’oublierons pas de sitôt. Il fait un temps magnifique et Ushuaïa semble se lever tranquillement. Nous prenons notre dernier petit-déjeuner avec un léger sentiment de tristesse car nous quittons un navire où nous avons tissé tant de liens.

Tous vont nous manquer, nos guides, les marins, les serveurs, Ali notre chef d’expédition, et bien évidemment le Plancius. Nous descendons une dernière fois du bateau, cette fois pour monter dans un bus. Dernières embrassades à nos guides sur le quai puis nous quittons le cœur lourd le quai pour nous rendre dans le centre d’Ushuaïa afin de passer quelque heures à nous promener et faire nos derniers cadeaux avant de nous rendre à l’aéroport.

Dans l’avion, nous faisons défiler dans nos têtes le film de l’aventure et prenons conscience de la chance que nous avons eue et que nos enfants n’auront pas si nous ne protégeons pas notre planète. Comme Céline nous l’a fait comprendre lors de l’une de ses interventions, le fait d’avoir eu la chance d’aller sur ce continent si préservé et si fragile nous impose d’être les ambassadeurs de celui-ci à présent.

Nous ne le disons pas mais espérons que ce n’est qu’un au revoir et non un adieu à l’Antarctique, car ne pas y revenir nous semble impossible.

 

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