Le Spitzberg en kayak, tout un programme ! Gwen Masson Schaeffer, guide et coordinateur dans l’archipel du Svalbard, nous en dit plus. Enseignant à l’Université Savoie Mont Blanc, spécialiste des activités outdoor, adepte et passionné de trail, il aime par dessus tout explorer les grands espaces.

 

 

Pourquoi privilégier le kayak pour un voyage polaire ?

 

Le kayak et le trek sont deux activités complémentaires. Chacune offre ses spécificités, son point de vue, son type d’exploration et de progression. Ensemble, elles proposent de voir le meilleur des terres polaires. Vous pourrez ainsi longer les nuances blanches, grises et bleues des fronts glaciaires en kayak, puis surplomber les ombres des séracs, crevasses et bédières depuis un sommet en randonnée. Vous pouvez aussi naviguer entre un banc de bélugas, approcher un phoque barbu sur son lit de glace, observer la diversité des espèces pélagiques en kayak, puis pique-niquer au milieu des rennes, surprendre des renardeaux en plein jeu, découvrir les couleurs des pavots arctiques, des silènes, des saxifrages en randonnée… Pourquoi privilégier le kayak en région polaire ? Pour ne pas passer à côté de la moitié du voyage !

 

Comment se passe une journée typique de randonnée en kayak ?

 

Les journées s’adaptent au niveau du groupe, aux conditions météorologiques, et à l’envie du guide qui reste un passionné. On peut distinguer deux types de journée « kayak » : les journées d’exploration, et les journées de transfert (même si l’une n’empêche pas l’autre).

Après un petit déjeuner collectif et la présentation du programme de la journée, les participants préparent leurs affaires et revêtent leur combinaisons étanches. Une à deux heures de navigation le long des côtes, entre les icebergs ou aux abords d’un front glaciaire, permettent d’observer la faune marine (phoques, belugas) et les espèces migratrices comme les eiders, sternes arctiques, guillemots… Le groupe s’arrête ensuite pour une pause déjeuner avec un point de vue généralement extraordinaire. Pourquoi pas une petite sieste, avant de partir randonner aux alentours pour attraper quelques points de vue en hauteur, ou poursuivre l’exploration à la pagaie.

Si la journée se prolonge, on s’arrête pour se réchauffer avec un thé ou un café, avant de rentrer au camp pour quelques moments de méditation sur la journée passée. Pendant le repas du soir, on débriefe, on échange et on partage chacun nos impressions.

Les journées de transfert, c’est à dire de changement de lieu de bivouac, s’articulent de la même manière, avec le démontage du camp et de chargement des kayaks en début de journée, et sa réinstallation avant le repas du soir.

 

Quels sont les lieux d’intérêt du Spitzberg ?

 

Assurément, ce qui fait l’identité du Spitzberg, c’est avant tout la proximité avec la faune et l’omniprésence de l’ours polaire, mais aussi l’absence de civilisation sur-développée, et un retour aux nécessités de base : dormir, se nourrir, se réchauffer, se protéger.

Les lieux d’intérêts sont divers et chacun est source de nombreuses possibilités. Les falaises à oiseaux draine par exemple une vraie vie tant au niveau de la faune que de la flore, comme la falaise d’Alkhornet à l’entrée de l’Isfjord. On peut citer aussi la traversée nord de l’Isfjord, offrant une découverte sur plusieurs glaciers aussi différents les uns que les autres : Esmark, Bore, Nansen, Walhenberg, Svea… Je pense aussi à la baie du Roi, associant glaciers, faune, flore et communauté scientifique de Ny Alesund, village de départ de nombreuses expéditions vers le pôle. Et bien entendu Longyearbyen, ville alliant culture d’expédition, musées et esprit norvégien.

Découvrir le Spiztberg en kayak

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