Le blog de glace – Grand Nord Grand Large

Plus de 30 ans d'aventures polaires

Actus Polaires

21Oct. 2019

Direction Ittoqqortoormit, au Groenland

Le 16 septembre, je prenais l’avion pour l’Islande et passais une soirée à Reykjavik. Pur hasard ? Peut-être pas. Coïncidence ? En tout cas, en longeant le cimetière, en passant devant l’église catholique, mon esprit était forcément dirigé vers J-B Charcot et ses équipiers perdus en mer le 16 septembre 1936. Le lendemain 17, nous traversions l’Islande pour Akureyri. Puis, ce fut l’embarquement à bord du tout nouveau bateau d’expédition « Hondius ». Récit d’une aventure hors-norme, de l’Islande au Groenland, sur les traces de Charcot.

Fjord rouge, Scoresby Sund – ©Marie Foucard

Le Hondius… Un bateau magnifique, avec la classification glace maximum, qui permet des navigations en toute sécurité dans les régions polaires. Le design n’est pas en reste avec une décoration soignée liée aux zones de navigation. Une fois installés à bord, nous descendons le fjord de Eyjafjöróur et nos pensées s’envolent vers le Commandant Charcot et le « Pourquoi-Pas ? » qui quittait Akureyri chaque fois qu’il se rendait au Groenland, et ce depuis l’été 1928.

Une fois le fjord d’Akureyri dépassé, ce sont 24 heures de navigation qui nous permettent de gagner le Groenland, navigant à travers le fameux détroit de Danemark – qui se révèle être clément cette fois-ci ! Les premiers icebergs surgissent alors à l’horizon. Puis, c’est l’arrivée sur les côtes groenlandaises, magnifiques. Le Scoresby Sund est l’un des plus grands fjords du monde (près de 350 km de long), Ittoqqortoormiit, le village le plus septentrional de la côte Est du Groenland et, la côte de Blosseville, la plus haute chaîne de montagnes de l’île.

Le Groenland, terre de tous les superlatifs, forme un tableau naturel extraordinaire : fjords, sommets culminant à 2000 m, glaciers, icebergs et blocs de glace… paysages auxquels l’automne ajoute ses chaudes couleurs, rouge cramoisi et acajou, rappelant celles des montagnes environnantes. La navigation le long du « fjord Rouge » en est juste sublimée.

Scoresby Sund – ©Marie Foucard

Cette croisière au Groenland, nous fait voir les choses en grand et nous conduit sur les traces de l’explorateur qui cartographia la région ente 1925 et 1932. Sur les cartes de la région, nous trouvons la « Terre Charcot » (Charcot Land) au fin fond du Scoresby, le glacier Charcotgletscher qui débouche dans l’anse de « Port Charcot » (Charcot Havn) à l’extrême Est de l’île de Milne Land. L’explorateur a donc bien laissé son empreinte sur le paysage. En effet, le Commandant Charcot parcouru plusieurs fois la région, cartographiant, assurant la logistique pour des équipes de scientifiques. En 1925, J-B Charcot devint le 1er explorateur français à se rendre sur la côte orientale du Groenland. Il découvre la mission danoise de la baie Rosenvinge, au cap Tobin, qui prendra tout d’abord le nom danois de « Scoresbysund »  avant d’être baptisée de son nom groenlandais : « Ittoqqortoormiit » qui veut dire « là où il y a beaucoup de tourbe ».

Village d’Ittoqqortoormit – ©Marie Foucard

Ensuite, à partir de 1930, Charcot prépara la deuxième Année Polaire Internationale et installa une station de recherche française dans le Scoresby Sund. La mission, fondée par  le danois Ejnar Mikkelsen, réunissait soixante-huit Inuit originaires de Tasiilaq et quelques familles de la côte Ouest. La mission était composée de deux cabanes, de hangars où sèchent les peaux d’ours et de la grande maison cossue destinée au futur gouverneur, attendu avec le navire ravitailleur danois.

Maison d’Ittoqqortoormit avec peau d’ours en train de sécher – ©Marie Foucard

Le point culminant de notre navigation est bien sûr l’escale à Ittoqqortoormit. L’isolement de cette poignée de groenlandais (moins de 400 habitants) est presque total. Les peaux d’ours et de bœufs musqués continuent de sécher sur les rambardes qui entourent les maisons. J’en compte au moins cinq. Puis, en longeant l’école, je découvre par hasard (ou est-ce encore une coïncidence ?) un monument en pierre avec une plaque scellée, gravée en français :

A la Mémoire
De l’Explorateur français J-B Charcot
Et de ses compagnons
Disparus en mer le 16 septembre 1936
En souvenir de ses compagnes au Groenland
De 1925 à 1936
______
Hommage du Gouvernement Danois
De l’Université de Paris
Du Museum National d’Histoire Naturelle
Et des Anciens du « Pourquoi Pas ?

Monument dédié aux disparus du « Pourquoi-Pas ? » du Commandant Charcot – ©Marie Foucard

Cette stèle a été érigée au cœur de la communauté, en mémoire aux disparus du « Pourquoi-pas ? ». Sur l’autre versant du village, en traversant la rivière qui sépare Ittoqqortoormit en deux, se trouve le buste du danois Ejnar Mikkelsen (surnommé Miki). Il parcourut la côte orientale à partir de 1900 et devint inspecteur du Groenland oriental. Au cours de leurs explorations, Mikkelsen et Charcot se croisèrent et nouèrent une profonde amitié. Ejnar Mikkelsen et son épouse reçurent Jean-Baptiste Charcot à Copenhague, lors d’une réception pour les 60 ans de l’explorateur, et lui offrirent un tableau réalisé par le peintre danois Emmanuel Petersen.

Buste de Ejnar Mikkelsen, gouverneur de la côte orientale du Groenland – ©Marie Foucard

A présent, ces deux amis se font face tout en dominant la communauté d’Ittoqqortoormit, comme « scellés » par le destin de la communauté.

Lorsque nous quittons les côtes groenlandaises, des aurores boréales, deux soirs de suite, illuminent le ciel du détroit de Danemark.
En journée, ce sont les souffles des baleines à bosses qui nous accompagnent jusque dans la baie de Husavik et les rivages de Grimsey, pour clôturer le spectacle de ce voyage par un magnifique ballet.

Vous aussi, partez sur les traces du commandant Charcot lors d’un voyage au Groenland, là où l’immensité des paysages vous subjuguera.

24Mai. 2019

Anakena, notre nouveau yacht polaire

Lundi 20 mai, Julie et Youssef ont profité de l’escale technique d’« Anakena » à Cherbourg pour découvrir le nouveau bateau de la flotte Grand Nord Grand Large. L’occasion aussi pour eux de rencontrer (ou retrouver) le skipper, Eric Dupuis.

A bord de l’Anakena

Dans le port de Cherbourg, « Anakena » se dresse fièrement dans sa robe bleue et se fait remarquer : elle dépasse en taille, et de loin, les nombreuses petites embarcations et voiliers amarrés aux pontons du port de plaisance.

Le trajet en train fut long depuis Paris (trajet auquel il a fallu ajouter des trains en retard et beaucoup d’attente à Saint Lazare), mais finalement tout cela laisse place à l’excitation de monter à bord et découvrir pour la première fois ce yacht polaire dont on a tant entendu parlé chez Grand Nord Grand Large ces derniers mois.

Eric et sa compagne Claude se succèdent pour nous faire visiter le bateau. Il faut dire que tous les deux sont très sollicités : une escale technique n’est jamais une mince affaire et pas vraiment un moment de répit pour l’équipage. Cet arrêt à Cherbourg est l’occasion de préparer le bateau au mieux pour la première saison au Spitzberg, mais aussi de gérer tous les aspects administratifs.

Timonerie, carré, cuisine, cabines et salle de bains : les espaces communs et privatifs se succèdent et sont aussi spacieux les uns que les autres.

« Anakena » accueillera 9 passagers et 3 membres d’équipage dans des conditions de confort optimales et ce n’est qu’un début puisque Claude et Eric nous parlent déjà, emplis d’enthousiasme, des projets d’aménagement et d’amélioration qu’ils comptent mettre en place. Nul doute que le confort à bord est leur vraie priorité pour accueillir les passagers de Grand Nord Grand Large dans les meilleures conditions.


Nous découvrons des espaces extérieurs, très haut à l’abri de l’eau, qui offrent une multitude de points d’observations : le vaste pont à l’avant et l’espace détente à l’arrière avec banquettes et table, le toit de la timonerie pour prendre de la hauteur et regarder toujours plus loin… quant aux plus courageux, ils grimperont au mat et s’installeront dans le nid-de-pie !

On a adoré :
– La plateforme à l’arrière (marina) qui permettra des accès faciles à bord depuis les zodiacs ou les pontons
– La grande Suite de l’Armateur, avec son grand lit double et sa salle de bains privative
– Le nid-de-pie : idéal pour guetter la faune ou s’isoler en observant l’horizon

Cet après-midi sous le soleil de Cherbourg se termine en souhaitant à « Anakena » et ses futurs passagers de belles navigations ! En effet, le bateau s’apprête notamment à explorer les glaces du Spitzberg cet été avant de se diriger au cœur de l’archipel des Lofoten.

25Avr. 2019

Bientôt le départ à bord du Noorderlicht !

Découvrez le récit de Julie, qui s’apprête à embarquer le 28 juin prochain à bord du Noorderlicht pour accompagner un petit groupe de voyageurs sur la découverte de la côte Nord Ouest du Spitzberg.

Le Noorderlicht près des côtes du Spitzberg

Le Noorderlicht près des côtes du Spitzberg

« C’est avec hâte et grand enthousiasme que j’envisage ce périple. Ce sera déjà pour moi l’occasion de fouler pour la première fois le sol (et les eaux) du Spitzberg après avoir écouté et lu avec attention les récits de mes collègues de l’équipe croisière, que j’ai rejointe il y a quelques mois.

Situé bien au dessus du cercle polaire arctique, l’archipel du Svalbard est particulièrement isolé et est encore aujourd’hui très peu habité. Ses paysages grandioses, sommets acérés et glaciers par centaines en font une destination incontournable pour tous les passionnés de destinations polaires et de nature sauvage (dont je fais bien évidemment partie).

La saison pendant laquelle le voyage se déroule est propice à de nombreuses découvertes et observations. Durant cette période de jour permanent, nous pourrons profiter d’une belle lumière (pour les amateurs de photographie) et aurons d’autant plus de chances d’apercevoir la faune. La banquise, quant à elle sera peut être encore présente au nord de l’île. J’espère que nous aurons l’opportunité de nous en approcher et d’y apercevoir l’ours polaire, le seigneur de l’Arctique.

A bord du Noorderlicht

A bord du Noorderlicht

Pour comprendre cet incroyable environnement, Gérard Bodineau, notre guide tout au long de la navigation, nous fera profiter de ses riches connaissances, de ses anecdotes et de sa grande expérience dans les milieux polaires.

Enfin, le bateau sur lequel nous allons naviguer, le Noorderlicht (signifiant « Lumière du Nord »), merveilleuse goélette construite en 1910 et réaménagée en deux mats, a un cachet indéniable qui confère au voyage une ambiance particulière et goûte l’aventure à plein nez. Il me tarde de m’y poser sur le pont pour observer les paysages défiler et les cétacés danser.

Les charmes de la goélette

Les charmes de la goélette

Il reste encore quelques places à bord ! N’hésitez pas à contacter l’agence Grand Nord Grand Large pour avoir davantage d’informations ou à consulter notre voyage : Au pays des ours polaires du Spitzberg »

01Avr. 2019

Dans les coulisses du Sillage

Sillage, notre voilier de 16 mètres, hiverne dans un petit port du nord de la Norvège à Finnsnes près de Tromsø depuis octobre dernier, en attendant de reprendre sa route vers le Grand Nord.

Le Sillage en hivernage

Après plusieurs semaines de préparatifs en avril pour contrôler le matériel, ré-équiper, avitailler le bateau et caréner, le grand départ pour une nouvelle saison de croisières en Arctique dans l’archipel du Svalbard est envisagé début mai 2019. L’arrivée de Sillage et de son équipage à Longyearbyen au Spitzberg est prévue aux alentours du 15 mai où à nouveau, les préparatifs du bateau iront bon train pour accueillir les passagers de la première croisière de la saison « En route vers les glaciers, au cœur du Spitzberg » prévu du 19 au 26 Mai 2019.

Préparation de la saison, au cœur des vastes étendues blanches.

Cette croisière est une belle opportunité pour découvrir le monde polaire à travers le Spitzberg, sa faune, sa flore et ses glaciers, une destination facile d’accès, sur un bateau confortable et de qualité. Les sorties quotidiennes à terre se feront possiblement en raquettes en fonction de la météo et des conditions de neige.

26Mar. 2019

Trésors fragiles de l’Alaska

Géographe de formation, breveté Capitaine 200 de la Marine Marchande, Didier Forest est marin de cœur, mais par-dessus tout voyageur. Il est de ces guides à l’épaisse teneur. Ses 69 printemps et ses nombreuses navigations sur les mers du globe, surtout les plus froides, dans les régions de l’Arctique ou de l’Antarctique, lui ont donné un bagage sur des sujets aussi variés que la faune, la flore ou l’ethnologie. Si les pôles sont la grande passion de sa vie, il n’a rien du vieux loup de mer glacé que l’on pourrait s’imaginer. Il peut emmener jusqu’à 6 passagers en sillonnant la côte pacifique de la Colombie britannique à l’Alaska. C’est dans ces contrées que vous pourrez mettre les voiles à ses côtés…

Voilier, Baie du Prince William, Alaska - ©Didier Forest

Voilier, Baie du Prince William, Alaska

Nous sommes en 1984 et Didier Forest s’élance dans sa première expédition, le Spitzberg, qu’il traverse dans sa partie nord en tirant une pulka 17 jours durant. A bord de son voilier, il atteint la banquise à 81°20.  A cette latitude, son moteur très malmené par les glaces sera définitivement hors d’usage et du même coup les batteries, rendant l’électronique inutilisable. Un retour tardif et épique dans le gros temps vers l’Islande fut toutefois facilité par une providentielle éruption volcanique montrant la direction à suivre…

En Polynésie, Didier fait la connaissance du légendaire Paul-Emile Victor et entame son histoire avec l’Antarctique. Il y sera journaliste free-lance, multipliant les reportages sur les bases scientifiques installées dans les contrées gelées de la calotte sud.

Coucher de soleil sur le fjord, Baie du Prince William, Alaska - ©Didier Forest

Coucher de soleil sur le fjord, Baie du Prince William, Alaska

« J’ai beaucoup travaillé sur le réchauffement climatique lorsque j’étais en Antarctique. De 1991 à 1994, alors que j’y faisais des reportages, il existait une base anglaise : Faraday, connue pour être la Mecque de l’ozone. Il y avait là des scientifiques qui analysaient le rétrécissement de la couche d’ozone mais leurs travaux étaient tenus sous le boisseau par les autorités anglaises car à cette époque, c’était le développement du pétrole offshore en Angleterre. On taisait toutes les informations qui condamnaient ces entreprises génératrices de l’effet de serre. On me donnait alors beaucoup d’informations à publier puisqu’eux ne pouvaient pas le faire. J’ai alors développé une conscience plus aiguisée du réchauffement et de ses bouleversements. »

Orques dans la baie du Prince William - ©Didier Forest

Orques dans la baie du Prince William

Aujourd’hui, Didier a à cœur de vous faire connaître les trésors de l’Alaska, victimes eux aussi d’un terrible compte à rebours. Il sera votre skipper sur la croisière Prince William Sound et péninsule de Kenai. « De magnifiques glaciers et une faune exceptionnelle s’offrent à notre vision, mais pour combien de générations encore ? L’été un courant chaud venu du Japon, le Kuro Shivo, génère un micro-climat très doux pour le plus grand bonheur du visiteur, mais accélère le phénomène. Je contribue à faire ma part grâce à cette forme de tourisme : je pense qu’il fait énormément de bien à la cause environnementale parce que tous ceux qui foulent ces terres polaires restent marqués par ce qu’ils voient et deviennent à leur tour d’ardents défenseurs de l’environnement… »

08Fév. 2019

Un voyage en raid à ski au Spitzberg ? Victor vous dit tout.

Comment se déroule un raid à ski au Spitzberg ?

 

Quel que soit l’itinéraire, le principe reste le même : on démonte le campement le matin pour progresser en ski et pulka la journée, et on remonte le camp le soir. Ce qui change, en revanche, c’est le type de paysages traversés, la météo, l’observation de la faune… Progresser en itinérance a quelque chose d’unique, on a conscience que l’on ne passera qu’une seule fois à cet endroit, ce qui nous pousse à en profiter au maximum.

Geerdalen, Spitzberg, Norvège

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24Jan. 2019

L’hiver en 8 expressions québécoises

Nos amis québécois sont prolixes quand il s’agit d’évoquer l’hiver et ses plaisirs ! Les métaphores météorologiques sont légion. Certaines expressions sont même de véritables petits bijoux d’images qui prêtent à sourire. Petit lexique québécois de la froide saison.

Paysage hivernal, Bas-Saint-Laurent, Québec

 

« Il tombe des peaux de lièvre »

Lorsque la neige tombe en très gros flocons, elle rappelle le pelage des lièvres qui devient blanc en hiver.

 

« Enfiler des pelures »

S’habiller par couches pour se protéger efficacement du froid.

 

« Il fait frette »

Quand l’hiver est rude et qu’il fait plus froid que « froid », on use et abuse de ce superlatif.

 

« Avoir la guédille au nez »

Quand le rhume pointe le bout de son nez, la goutte n’est pas loin ! Cela signifie qu’il est grand temps de se moucher.

Chute blanche, Saint-Edmond-les-Plaines – Lac Saint-Jean, Québec

 

« Attacher sa tuque avec d’la broche »

Alerte tempête de neige ! Attachez bien votre tuque (bonnet) avec de la broche (lanières) pour ne pas qu’elle s’envole.

 

« On ne voit ni ciel ni terre »

Se dit lorsque la neige et le vent rendent la visibilité nulle ou presque.

 

« Être gelé comme une crotte »

De façon (très) imagée, avoir extrêmement froid.

 

« Pas chaud pour la pompe à l’eau »

 Un climat frisquet qui sera même perceptible par les organes génitaux.

Balade en traîneau à chiens, Saint-Edmond-les-Plaines, Lac Saint-Jean, Québec

Vous aussi, partez à la découverte du Québec :

24Jan. 2019

Rencontre avec Michel, installé à Tinitequilaaq, au Groënland

Avant de partir en territoire inuit hors des sentiers battus, plongez vous dans ces Questions/Réponses avec Michel, installé à Tinitequilaaq depuis des années !

Depuis quand vis-tu au Groenland, à Tinitequilaaq ?

Je vis dans le petit village de Tiniteteqilaaq (80 habitants environ) depuis 2001.

Peux-tu nous dire ce qui t’a poussé à partir à Tinitequilaaq, et surtout, pourquoi tu n’en es jamais reparti ?

Mon arrivée au Groenland résulte en fait d’un énorme hasard ! Un contact que j’avais sur place m’a proposé de venir passer un mois dans le pays pour m’occuper de ses chiens de traîneau tandis que lui partait en vacances en France. J’ai tout de suite aimé l’endroit. A l’époque, je faisais de la photo et l’idée m’est venue de faire un reportage photo sur ce petit village de Tinitequilaaq, ses habitants et leur mode vie. Je suis donc resté 1 an à travailler sur ce projet et, à l’issue de cette période, j’ai décidé de prolonger mon séjour… et j’y suis encore !

Mes déplacements en traîneau à chiens

Mes déplacements en traîneau à chiens

On me pose souvent la question : « Pourquoi as-tu choisi de vivre au Groenland ? Et plus précisément dans un village si isolé, toi qui est originaire de Marseille ? »

Pour être honnête, les raisons sont multiples ! D’abord, je n’ai rien contre la France, c’est un pays que j’aime, simplement, la vie dans ce village me correspond mieux. La nature grandiose, sa puissance, les paysages fantastiques et époustouflants, les Inuits et leur culture, une grande tranquillité et liberté, sont les raisons principales de mon choix.

Depuis 18 ans que je vis sur Tinitequilaaq, je suis retourné une fois en France pour une petite dizaine de jours, c’était bien, mais le Groenland m’a beaucoup manqué…

A quoi ressemble ta vie aujourd’hui au Groenland ?

Je vis comme les Inuits ! Je chasse pour me nourrir, tout comme mes proches et amis ainsi que mes 16 chiens de traîneau. La chasse, qui est un mode de vie ancestral au Groenland, est le seul moyen d’avoir de la nourriture fraîche et adaptée au climat. En revanche, elle ne permet pas de régler financièrement ses dépenses : il faut avoir une autre activité. Comme plusieurs Inuits, cette activité est le tourisme. Le tourisme me permet de montrer cet endroit magnifique aux visiteurs. Notre région est l’une des plus belles du Groenland. C’est aussi un échange agréable car les voyageurs français que je reçois me parlent de la France, ce qui est assez plaisant et me convient parfaitement !

As-tu remarqué depuis ton arrivée des changements au niveau du climat ?

Depuis 18 ans que je vis ici, le climat a bien changé ! La tendance est indéniablement au réchauffement : les fjords gèlent moins ou plus tardivement. D’une manière générale, les saisons sont un peu décalées. L’hiver, le temps est stable, puis ne l’est plus : on a parfois beaucoup de glaces dérivantes qui peuvent perturber la navigation ; ou au contraire, très peu de glaces. C’est un peu déconcertant et imprévisible. Il faut donc être bien attentif, mais ce n’est pas du tout un problème car ici nous vivons au jour le jour et c’est la nature qui dicte nos décisions. Le plus gros changement sur Tinitequilaaq étant sur le fjord Sermilik, qui est immense, et qui chaque hiver gèle systématiquement. Ce n’est plus le cas à présent, seuls les fjords annexes au Sermilik gèlent.

Comment les Inuits voient-ils le changement climatique ?

Nos amis journalistes qui viennent l’été veulent souvent savoir si les changements climatiques qui sont très visibles au Groenland, rendent la vie plus difficile aux inuits. Les inuits n’ont pas tendance à se plaindre, ce n’est pas dans leur culture. Ils s’adaptent aux changements, il fait un peu plus chaud et ce n’est pas vraiment un problème pour eux… Lorsqu’on évolue à traîneau sur des fjords gelés, en montagne ou que l’on navigue entre les icebergs et les glaces dérivantes du Pôle nord, il a toujours fallu s’adapter au terrain et au climat…

Les inuits qui ne sont plus sur le terrain et qui ont une vie plus « aseptisée » avec un travail dans un bureau par exemple et des horaires fixes pourront peut être se plaindre un peu qu’il fait trop chaud l’été…

Peux-tu nous confier le meilleur souvenir de ta vie Groenlandaise ?

Mes très bons souvenirs ici sont multiples, en citer un en particulier semble difficile ! Un bon souvenir qui me revient : c’était un jour de décembre où tous les chasseurs chassaient en bateau juste devant le village. Tout le monde était réuni dans une toute petite zone d’une bonne centaine de mètres carrés, car le fjord Sermilik était très encombré en glace et allait devenir inaccessible durant de nombreuses semaines suite à l’englacement qui augmentait heure après heure. Nous étions tous en attente de voir un phoque depuis des heures et la nuit commençait à tomber. Puis, un gros phoque barbu a fait surface, mais il était très loin et faisait surface par intermittence, caché derrière une glace. J’ai tenté ma chance pour le prendre et j’ai fait un tir exceptionnel, peut-être mon meilleur tir à ce jour ! De retour au village, les autres chasseurs m’ont ensuite aidé à le ramener près de chez moi, car ce phoque ne faisait pas loin de 300 kg. Puis, il y a eu un partage de la viande avec tout le monde. Ce fut le dernier phoque pris durant plusieurs semaines, ce partage ayant d’autant plus d’importance. Un très bon souvenir parmi tant d’autres !

As-tu des anecdotes à nous donner ?

Lorsque je suis arrivé sur Tinitequilaaq, j’avais été surpris par la réponse d’une Inuit qui avait du mal à se rappeler de son âge, lorsque je lui ai posé la question. Quelques années plus tard, il en était de même pour moi, le temps n’a pas la même influence ici.

Un point intéressant est aussi la très grande tolérance des Inuits, tous sujets confondus. C’est très surprenant pour un endroit si isolé et quand même bien coupé des médias. C’est, je pense, dû à un trait de leur culture.

Un autre point impressionnant est la résistance et la ténacité des Inuits à ne jamais baisser les bras.

Une autre anecdote ! Un jour, suite à une tempête, le bateau d’un chasseur avait coulé au port, et celui-ci était hilare. J’étais interloqué de le voir ainsi  rire du fait que son bateau avec tout son matériel se trouvait au fond de l’eau. La situation ne lui était pas plaisante du tout, mais il préférait en rire, c’était bien plus positif pour lui et ceux qui étaient là, que de se plaindre. Il a ensuite tout mis hors de l’eau et tout remis en état.

Il faut vraiment que ce soit très grave pour qu’un Inuit n’ait pas le sourire, ce sont des gens très souriants, ils rient beaucoup…et de tout !

Alors… Une envie de voyage au Groenland, à la découverte du mode de vie des Inuits ?

16Jan. 2019

Ushuaïa, une porte ouverte sur l’aventure

Julie, de notre équipe Grand Nord Grand Large, est intarissable sur son voyage en Patagonie, dont elle revient tout juste ! Elle nous livre aujourd’hui son expérience à Ushuaïa, cette porte d’entrée vers l’aventure, la vraie.

Par les airs, par les eaux ou par la terre… Quelque soit le moyen de s’y rendre, l’arrivée à Ushuaïa reste une aventure à part entière.

Vers la Laguna Esmeralda

Vers la Laguna Esmeralda

C’est par les terres que j’arrive, début décembre, au sud de l’île de Terre de feu, dans la ville du bout du monde. Près de douze heures de bus en partant de Punta Arenas. Douze heures qui passent à une vitesse folle, à admirer les paysages qui défilent, du grandiose détroit de Magellan, en passant par la pampa fuégienne…

C’est le soleil et le turquoise du lac Fagnano qui nous accueillent au sud de l’île lorsque le bus arrive à Tolhuin.

Puis, la route change. Le plat de la pampa disparaît pour laisser soudainement place aux montagnes et aux forêts. Les paysages et la route qui se tortille autour des reliefs me rappellent un peu les montagnes françaises, voire parfois même le Canada.

Port Ushuaia

Port Ushuaia

Enfin, la fameuse : Ushuaïa, cette petite ville à flanc de montagne, en bordure du canal de Beagle. Sans doute pas la plus jolie des villes, mais un charme indéniable, une ambiance unique qui me touche immédiatement.

C’est un beau point de départ vers d’autres découvertes, des jolies randonnées que l’on peut faire en partant directement des rues ushuaienses, aux incroyables expéditions vers cette autre planète, de l’autre côté de l’océan Antarctique.

Vue depuis l'avion

Vue depuis l’avion

C’est par les airs que je quitte Ushuaïa. Sur la péninsule, le décollage de l’unique piste de l’aéroport Ushuaïa est impressionnant ; pas un passager n’ose ouvrir la bouche. Un dernier coup d’œil sur les paysages Ushuaïa et de l’île Navarino, sur le Canal Beagle et les voiliers et bateaux d’expéditions sur le départ.

Il n’y a pas à dire, par les airs, par les eaux ou par la terre, le départ Ushuaïa reste une aventure en elle-même.

Vous aussi, embarquez au départ Ushuaïa, direction le Cap Horn et le détroit de Magellan.

19Déc. 2018

La Route du Whisky

Certains vous diront que la route du whisky passe par les Highlands, ils auront raison. Mais notre parti pris est celui des whiskies tourbés au caractère affirmé, ceux que l’on trouve dans les Hébrides intérieures.

Notre préférence va à Islay, où nous pouvons mouiller dans le loch Indaal, au pied de la distillerie Bowmore. La visite se révèle très intéressante puisque nous assistons à la fabrication du whisky : de la germination du grain jusqu’à la distillation finale. Une visite de la cave est également réalisée et nous pouvons y voir certains fûts qui renferment des millésimes très anciens. Islay offre un grand choix de whisky parmi les plus connus : Lagavulin, Ardbeg, Caol Illa; Laphroaig …

Ile d'Islay, Ecosse

Ile d’Islay, Ecosse

Ce choix nous permet aussi – et surtout ! – de visiter l’une des plus belles régions d’Europe. La côte ouest de l’Ecosse recèle un nombre d’îles impressionnant. Au départ d’Arzal en Bretagne sud, nous ferons route rapidement vers le nord. Nous apprécierons l’ambiance de la navigation en haute mer, le rythme des quarts, les manœuvres de voile, nous apprendrons à utiliser les vents et les courants.

Après l’escale d’Islay, nous continuerons vers l’île de Jura et les belles randonnées dans le Loch Tarbert. Nous pourrons admirer les falaises de basalte de l’île Staffa, mouiller à Mull, Skye, Rum, Eigg. Le seul désagrément de ce voyage réside dans le choix des escales, il faudrait plus d’un été pour profiter de cette si belle région.

À bord de l'Algol, en Écosse

À bord de l’Algol, en Écosse

Irons-nous côté Est du Minch ou côté Ouest sur les traces de Peter May ? Sa trilogie a pour décor les Hébrides extérieures aux côtes très découpées par des lochs offrant de très nombreux mouillages.

Lors de cette croisière, nous choisirons les escales au gré de nos envies, qui seront souvent guidées par la météo !

Alors… Une envie de partir à l’aventure sur La Route du Whisky ?