Le blog de glace – Grand Nord Grand Large

Plus de 30 ans d'aventures polaires

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21Oct. 2019

Direction Ittoqqortoormit, au Groenland

Le 16 septembre, je prenais l’avion pour l’Islande et passais une soirée à Reykjavik. Pur hasard ? Peut-être pas. Coïncidence ? En tout cas, en longeant le cimetière, en passant devant l’église catholique, mon esprit était forcément dirigé vers J-B Charcot et ses équipiers perdus en mer le 16 septembre 1936. Le lendemain 17, nous traversions l’Islande pour Akureyri. Puis, ce fut l’embarquement à bord du tout nouveau bateau d’expédition « Hondius ». Récit d’une aventure hors-norme, de l’Islande au Groenland, sur les traces de Charcot.

Fjord rouge, Scoresby Sund – ©Marie Foucard

Le Hondius… Un bateau magnifique, avec la classification glace maximum, qui permet des navigations en toute sécurité dans les régions polaires. Le design n’est pas en reste avec une décoration soignée liée aux zones de navigation. Une fois installés à bord, nous descendons le fjord de Eyjafjöróur et nos pensées s’envolent vers le Commandant Charcot et le « Pourquoi-Pas ? » qui quittait Akureyri chaque fois qu’il se rendait au Groenland, et ce depuis l’été 1928.

Une fois le fjord d’Akureyri dépassé, ce sont 24 heures de navigation qui nous permettent de gagner le Groenland, navigant à travers le fameux détroit de Danemark – qui se révèle être clément cette fois-ci ! Les premiers icebergs surgissent alors à l’horizon. Puis, c’est l’arrivée sur les côtes groenlandaises, magnifiques. Le Scoresby Sund est l’un des plus grands fjords du monde (près de 350 km de long), Ittoqqortoormiit, le village le plus septentrional de la côte Est du Groenland et, la côte de Blosseville, la plus haute chaîne de montagnes de l’île.

Le Groenland, terre de tous les superlatifs, forme un tableau naturel extraordinaire : fjords, sommets culminant à 2000 m, glaciers, icebergs et blocs de glace… paysages auxquels l’automne ajoute ses chaudes couleurs, rouge cramoisi et acajou, rappelant celles des montagnes environnantes. La navigation le long du « fjord Rouge » en est juste sublimée.

Scoresby Sund – ©Marie Foucard

Cette croisière au Groenland, nous fait voir les choses en grand et nous conduit sur les traces de l’explorateur qui cartographia la région ente 1925 et 1932. Sur les cartes de la région, nous trouvons la « Terre Charcot » (Charcot Land) au fin fond du Scoresby, le glacier Charcotgletscher qui débouche dans l’anse de « Port Charcot » (Charcot Havn) à l’extrême Est de l’île de Milne Land. L’explorateur a donc bien laissé son empreinte sur le paysage. En effet, le Commandant Charcot parcouru plusieurs fois la région, cartographiant, assurant la logistique pour des équipes de scientifiques. En 1925, J-B Charcot devint le 1er explorateur français à se rendre sur la côte orientale du Groenland. Il découvre la mission danoise de la baie Rosenvinge, au cap Tobin, qui prendra tout d’abord le nom danois de « Scoresbysund »  avant d’être baptisée de son nom groenlandais : « Ittoqqortoormiit » qui veut dire « là où il y a beaucoup de tourbe ».

Village d’Ittoqqortoormit – ©Marie Foucard

Ensuite, à partir de 1930, Charcot prépara la deuxième Année Polaire Internationale et installa une station de recherche française dans le Scoresby Sund. La mission, fondée par  le danois Ejnar Mikkelsen, réunissait soixante-huit Inuit originaires de Tasiilaq et quelques familles de la côte Ouest. La mission était composée de deux cabanes, de hangars où sèchent les peaux d’ours et de la grande maison cossue destinée au futur gouverneur, attendu avec le navire ravitailleur danois.

Maison d’Ittoqqortoormit avec peau d’ours en train de sécher – ©Marie Foucard

Le point culminant de notre navigation est bien sûr l’escale à Ittoqqortoormit. L’isolement de cette poignée de groenlandais (moins de 400 habitants) est presque total. Les peaux d’ours et de bœufs musqués continuent de sécher sur les rambardes qui entourent les maisons. J’en compte au moins cinq. Puis, en longeant l’école, je découvre par hasard (ou est-ce encore une coïncidence ?) un monument en pierre avec une plaque scellée, gravée en français :

A la Mémoire
De l’Explorateur français J-B Charcot
Et de ses compagnons
Disparus en mer le 16 septembre 1936
En souvenir de ses compagnes au Groenland
De 1925 à 1936
______
Hommage du Gouvernement Danois
De l’Université de Paris
Du Museum National d’Histoire Naturelle
Et des Anciens du « Pourquoi Pas ?

Monument dédié aux disparus du « Pourquoi-Pas ? » du Commandant Charcot – ©Marie Foucard

Cette stèle a été érigée au cœur de la communauté, en mémoire aux disparus du « Pourquoi-pas ? ». Sur l’autre versant du village, en traversant la rivière qui sépare Ittoqqortoormit en deux, se trouve le buste du danois Ejnar Mikkelsen (surnommé Miki). Il parcourut la côte orientale à partir de 1900 et devint inspecteur du Groenland oriental. Au cours de leurs explorations, Mikkelsen et Charcot se croisèrent et nouèrent une profonde amitié. Ejnar Mikkelsen et son épouse reçurent Jean-Baptiste Charcot à Copenhague, lors d’une réception pour les 60 ans de l’explorateur, et lui offrirent un tableau réalisé par le peintre danois Emmanuel Petersen.

Buste de Ejnar Mikkelsen, gouverneur de la côte orientale du Groenland – ©Marie Foucard

A présent, ces deux amis se font face tout en dominant la communauté d’Ittoqqortoormit, comme « scellés » par le destin de la communauté.

Lorsque nous quittons les côtes groenlandaises, des aurores boréales, deux soirs de suite, illuminent le ciel du détroit de Danemark.
En journée, ce sont les souffles des baleines à bosses qui nous accompagnent jusque dans la baie de Husavik et les rivages de Grimsey, pour clôturer le spectacle de ce voyage par un magnifique ballet.

Vous aussi, partez sur les traces du commandant Charcot lors d’un voyage au Groenland, là où l’immensité des paysages vous subjuguera.

01Août. 2019

Spitzberg : un récit de 10 jours d’expédition

Ça y est, l’heure du départ a sonné et le Plancius a mis le cap sur l’archipel du Svalbard afin de faire vivre aux passagers une expérience unique. Sur la croisière Tour du Spitzberg, aux côtés de l’invité de marque Yann Queffélec, ils auront la chance de côtoyer montagnes acérées, ours polaires et anciens sites baleiniers.

Vous pouvez suivre ici cette expédition d’exception jour après jour.

Le Plancius, au Spitzberg


Mardi 30 juillet 2019 : Bienvenue à Longyearbyen, Spitzberg !

Nous retrouvons le Plancius à quai, avec Tarik, le chef d’expédition saluant tous les passagers embarquant en leur souhaitant la bienvenue à bord.
Profitant véritablement d’un bateau à taille humaine, nos 108 passagers privilégiés vont très vite rejoindre leurs cabines et facilement se repérer à bord.

Au programme de cette première soirée de navigation, le traditionnel briefing de sécurité, la présentation de la vie à bord et le mot de bienvenue de notre capitaine. Mais c’est aussi un voyage d’expédition : les bottes pour nos débarquements nous sont distribuées, les guides répondent aux premières questions sur la faune (et quelques chanceux observeront des baleines au loin)… ce voyage s’annonce prometteur !

Mercredi 31 juillet 219 : Cap vers le Sud, avant le Nord

Pour profiter d’une mer dégagée des glaces, notre chef d’expédition décide de mettre le cap vers le Sud et nous entamons notre première journée de débarquements dans le Hornsund. Ce matin, les 10 zodiacs du bateau sont mis à l’eau. Ils peuvent accueillir la totalité des passagers et nous naviguons au milieu des glaces jusqu’au front glaciaire. Riches des renseignements fournis par nos guides experts, nous en savons désormais plus sur les glaciers, ses phénomènes associés (vêlage) mais aussi sur les impacts du réchauffement climatique.

A terre, cet après midi, nous partons découvrir un autre endroit : Burgerbukta.

Grands marcheurs, en niveau intermédiaire ou contemplatifs, chacun fait le choix du niveau d’intensité physique souhaité. Mais pour tous, il ne faut pas manquer l’incontournable cabine du trappeur ainsi que la falaise à guillemots.

Côté observation : 4 renardeaux de très près, des milliers d’oiseaux (guillemots à miroir, mouettes tridactyles, Macareux…) mais aussi, remontant le fjord, une femelle ours.

Pas si mal pour une première journée !

Burgerbukta, Spitzberg

 

Jeudi 1er août : Cap à l’Est du Spitzberg

La présence de l’ours est signalée à terre pour le débarquement de ce matin à Edgeoya. Nous pouvons l’apercevoir alors que nous nous apprêtons à embarquer sur les zodiacs : dans ces conditions, et par mesure de sécurité, le débarquement est interdit.

Les zodiacs mis à l’eau, nous partons néanmoins observer les nombreux morses et les quelque rennes présents.

Nos activités en dehors du bateau ayant été écourtées, c’est l’occasion de faire la connaissance de notre invité d’honneur, Yann Quéffelec qui nous renseigne sur son histoire et son parcours, ainsi que sur son prix Goncourt. S’en suit un échange passionnant avec les voyageurs.

Après le déjeuner, le débarquement prévu à Barentsoya doit à nouveau être annuler car nous repérons un ours à terre.

Notre équipe d’expédition, réactive, met en place un nouvel itinéraire : cap sur Negribreen et son glacier en pleine activité. Mais, avant cela, quelques heures de navigation sont nécessaires. L’occasion alors pour Stéphane, notre spécialiste des glaces, de nous en apprendre plus sur les glaciers; une bien belle introduction au très beau spectacle qui nous attend sur place. Finalement, l’ours nous ayant empêché de débarquer plus tôt dans la journée nous aura permis de découvrir cet incroyable endroit où nous naviguons en zodiacs pendant plus de deux heures, en plein cœur des glaces, des bourguignons et des icebergs. Un spectacle époustouflant qui aura très vite fait oublier les aléas du jour, avec en prime de nombreuses mouettes ivoires observées ainsi que quelques, lointains mais bien présents, bélugas.

Morses a Edgeoya / Glacier Negribreen, Spitzberg

 

Vendredi 02 août : soleil & banquise

Cette journée est consacrée à la navigation du Plancius dans la banquise. Au réveil, nous nous émerveillons déjà depuis nos cabines de la beauté de cette mer recouverte de plaques de glace au milieu desquelles notre bateau se fraye aisément un chemin.

Alors que le petit déjeuner est annoncé, un morse est repéré. Tant pis, le buffet gargantuesque attendra et nous nous précipitons à l’extérieur pour l’observer et le photographier. Sous un superbe ciel bleu, que nous laissons parfois pour traverser rapidement une zone un peu plus brumeuse, notre journée s’écoule bien trop rapidement et les plaques de glaces défilent. Nos guides profitent également de ce temps pour nous faire partager leurs connaissances ; Gérard se lance ainsi, ce matin, dans une grande explication sur la banquise et Chloé, cet après-midi, nous livre ses connaissances sur la vie secrète des planctons.

Une baleine franche, très rarement observée (notre chef d’expédition n’en aura vue que 3 fois en 20 ans de voyages au Spitzberg), nous accompagne plusieurs minutes, et de nombreux phoques seront visibles tout au long de la soirée alors que le soleil n’en finit pas de briller au-dessus de notre bateau, pour le plus grand bonheur de tous.

Navigation au milieu de la banquise

 

Samedi 03 août : Torellneset et falaises d’Alkefjellet

Nous mettons le pied à terre en matinée à Torellneset à proximité d’une échouerie où nous photographions environ une trentaine de morses. Puis, nous nous divisons en petits groupes afin de continuer cette belle balade au milieu de ce désert polaire. Ce denier est si vaste et étendu qu’il est difficile de se rendre compte de son immensité tant la perception des distances est difficile sans point de repère. Les plus grands marcheurs iront jusqu’à entamer une randonnée sur le glacier.

Puis, notre navigation se poursuit et nous profitons des talents de conteurs de Yann Quéffelec avant d’aborder les falaises d’Alkerfjellet. C’est ici que nichent les guillemots de Brunnich, pas moins de 120.000 y trouvent refuge, alors que de petits renardeaux et Goélands de Bourgmestre errent a proximité, à l’affût de la moindre occasion de pouvoir dérober un œuf ou de profiter de la chute d’un petit. Nous approchons également le glacier et les cascades à proximité puis croisons de nouveau des phoques sur notre trajet retour vers le bateau.
En soirée, toujours dans le détroit d’Hinlopen, deux baleines bleues nous saluent.

Guillemots de Brunnich, falaises d’Alkefjellet

Torellneset

 

Dimanche 04 août : dans le détroit de l’Hinlopen

Ce matin, le ciel bleu des derniers jours laisse place à une brume très dense avec peu de visibilité. Le débarquement prévu à terre est remplacé par une sortie en zodiac au fond du Fjord de Wahlenberg. Nous approchons ainsi ce grand champ d’icebergs, de toutes tailles et de toutes formes et naviguons dans une ambiance particulière de début du monde. Puis, la rumeur se propage : un ours a été repéré, nageant le long du front glaciaire. Nous ne le suivons que quelques minutes afin de ne pas troubler sa tranquillité.

De retour à bord du Plancius, nous mettons le cap vers le désert polaire du fjord Palenderbukta que nous atteignons en milieu d’après-midi. La sortie à terre, qui dure plus de trois heures, s’avère exceptionnelle et, sous un temps splendide, nous entamons l’ascension du glacier qui nous offre un point de vue superbe sur le fjord depuis son sommet.

Fjord de Wallenberg, sortie en zodiac vers les icebergs

Ascension du glacier, fjord Palenderbukta

 

Lundi 05 août : 80ème et au delà !

C’est à 00h30 que notre bateau passe le 80ème, cap vers la banquise.

Au réveil, les plaques de glace sont tout autour du bateau et le capitaine Arthur Yakovlev slalome au milieu de cette banquise très dense. Sur les ponts extérieurs, toutes les jumelles scrutent l’horizon à la recherche de l’ours blanc dans une météo faite de brume qui s’installe aussi vite qu’elle repart.

Au fil de la journée, notre équipe d’expédition nous en apprend plus sur les observations des derniers jours (guillemots, renards…) et aussi sur les grandes expéditions ayant eu lieu au Spitzberg. En fin de journée, toujours pas d’observation d’ours polaires, la déception est grande…mais laisse vite place à l’excitation du débarquement organisé sur une plaque de glace dérivante.

Demain est un nouveau jour, et chacun espère, en se couchant, avoir la possibilité d’admirer un bel ours polaire le lendemain.

Navigation dans la banquise 81

Débarquement sur la banquise

 

Mardi 06 août : ours en vue !

Il aura fallu presque attendre la fin du voyage pour faire une observation exceptionnelle d’un ours polaire (nous en avions vus, mais dans l’eau ou plus éloignés).

Ce matin, le débarquement à terre est remplacé par une sortie en zodiac car un ours a été repéré près d’un glacier non loin de nous. Nous l’approchons, puis patientons plusieurs minutes qu’elle (il s’agissait d’une femelle) veuille bien sortir de l’eau. L’attente est récompensée, nous sommes à moins de 70m et c’est un véritable bonheur pour l’objectif de nos appareils photos. Pendant plus d’une heure, nous l’observons et la suivons, tout en veillant à ne pas troubler sa tranquillité. Quelle beauté !

Dans l’après-midi, enthousiasmés par notre belle observation du matin, nous enfilons nos chaussures de randonnée et partons pour une belle balade à terre sous une fine pluie (la seule et unique demi journée pluvieuse du voyage !), dans le Raudfjord à Alice Hamna. Pour les plus courageux (et ils sont 17 tout de même !), la sortie à terre se prolonge par un bain polaire dans une eau à moins de 5 degrés.

Notre équipe de guides

Observation de l’ours polaire

 

Mercredi 07 août : Ny Alesund

C’est à Ny Alesund que notre bateau fait sa dernière escale. L’occasion pour tous les passagers de visiter cette cité, communauté la plus nordique au monde où vivent entre 30 et 150 scientifiques représentants de 10 pays différents. Le passage à la boutique est l’occasion de faire quelques achats souvenirs ou de déguster une bonne gaufre. A la poste, le tampon indiquant Ny Alesund est convoité et s’affiche sur toutes les cartes postales envoyées. Le Plancius met ensuite le cap sur Longyearbyen que nous atteignons en soirée. Ces derniers moments de navigation nous laissent non seulement le temps de profiter d’une dernière intervention de Yann Queffélec, mais également de faire un bilan du voyage dans la bonne humeur (et tout en humour !) grâce aux interventions et aux présentations préparées par notre équipe d’expédition. Sur le quai, nous nous éloignons du Plancius pour rejoindre l’aéroport et déjà beaucoup rêvent certainement de leur prochaine expédition polaire.

Le bureau de poste de Ny-Alesund

Le petit train qui servait à transporter le charbon, à Ny-Alesund

 

Jeudi 08 août : fin de l’aventure polaire

Une fois que le Plancius a gagné le quai de Longyearbyen, tous les passagers débarquent  pour un retour sur Oslo, puis Paris, des souvenirs plein la tête et le cœur.

Le Plancius, de retour à quai à Longyearbyen

 

24Mai. 2019

Anakena, notre nouveau yacht polaire

Lundi 20 mai, Julie et Youssef ont profité de l’escale technique d’« Anakena » à Cherbourg pour découvrir le nouveau bateau de la flotte Grand Nord Grand Large. L’occasion aussi pour eux de rencontrer (ou retrouver) le skipper, Eric Dupuis.

A bord de l’Anakena

Dans le port de Cherbourg, « Anakena » se dresse fièrement dans sa robe bleue et se fait remarquer : elle dépasse en taille, et de loin, les nombreuses petites embarcations et voiliers amarrés aux pontons du port de plaisance.

Le trajet en train fut long depuis Paris (trajet auquel il a fallu ajouter des trains en retard et beaucoup d’attente à Saint Lazare), mais finalement tout cela laisse place à l’excitation de monter à bord et découvrir pour la première fois ce yacht polaire dont on a tant entendu parlé chez Grand Nord Grand Large ces derniers mois.

Eric et sa compagne Claude se succèdent pour nous faire visiter le bateau. Il faut dire que tous les deux sont très sollicités : une escale technique n’est jamais une mince affaire et pas vraiment un moment de répit pour l’équipage. Cet arrêt à Cherbourg est l’occasion de préparer le bateau au mieux pour la première saison au Spitzberg, mais aussi de gérer tous les aspects administratifs.

Timonerie, carré, cuisine, cabines et salle de bains : les espaces communs et privatifs se succèdent et sont aussi spacieux les uns que les autres.

« Anakena » accueillera 9 passagers et 3 membres d’équipage dans des conditions de confort optimales et ce n’est qu’un début puisque Claude et Eric nous parlent déjà, emplis d’enthousiasme, des projets d’aménagement et d’amélioration qu’ils comptent mettre en place. Nul doute que le confort à bord est leur vraie priorité pour accueillir les passagers de Grand Nord Grand Large dans les meilleures conditions.


Nous découvrons des espaces extérieurs, très haut à l’abri de l’eau, qui offrent une multitude de points d’observations : le vaste pont à l’avant et l’espace détente à l’arrière avec banquettes et table, le toit de la timonerie pour prendre de la hauteur et regarder toujours plus loin… quant aux plus courageux, ils grimperont au mat et s’installeront dans le nid-de-pie !

On a adoré :
– La plateforme à l’arrière (marina) qui permettra des accès faciles à bord depuis les zodiacs ou les pontons
– La grande Suite de l’Armateur, avec son grand lit double et sa salle de bains privative
– Le nid-de-pie : idéal pour guetter la faune ou s’isoler en observant l’horizon

Cet après-midi sous le soleil de Cherbourg se termine en souhaitant à « Anakena » et ses futurs passagers de belles navigations ! En effet, le bateau s’apprête notamment à explorer les glaces du Spitzberg cet été avant de se diriger au cœur de l’archipel des Lofoten.

02Mai. 2019

Les îles anglo-normandes à la voile

Hauteville House, la maison où habita Victor Hugo durant son exil à Guernesey, vient de rouvrir ses portes après 18 mois de rénovation. L’occasion de partir naviguer entre les îles anglo-normandes au charme so british avec Grand Nord Grand Large, à bord du Spirit of Conrad, un navire de légende.

La "Crystal Room", où Victor Hugo travaillait, face à la mer  - ©Marianne Furlani

La « Crystal Room », où Victor Hugo travaillait, face à la mer – ©Marianne Furlani

Victor Hugo habita 15 ans sur la « sévère et douce » île de Guernesey, où il investit une magnifique demeure : Hauteville House. La vente des Contemplations lui permit en effet d’acquérir cette maison en 1856, où il investit toute son énergie pour l’aménager du sol au plafond. Après 18 mois de rénovation, Hauteville House vient de rouvrir ses portes au public. On peut y redécouvrir le look-out principal, la pièce de travail où il écrivit ses chefs d’œuvre, attablé face à la mer, la serre où il recevait les notables et autres proscrits, ou encore le jardin où il planta le chêne des Etats Unis d’Europe juste avant son retour d’exil.

Les décors dans lesquels Victor Hugo vécut pendant 15 ans – ©Marianne Furlani

Mais les îles anglo-normandes ne se limitent pas à Guernesey. Jersey, l’île la plus grande et la plus méridionale parmi le millier d’îles et îlots que compte l’archipel, offre une kyrielle de chemins de randonnée le long de ses falaises, à travers sa campagne fleurie et jusqu’à ses tours de guet. À Sercq et Herm, le temps semble s’être arrêté car les véhicules à moteur y sont interdits ; c’est un vrai bonheur de s’y balader au printemps, lorsque partout les fleurs resplendissent de mille couleurs.

A bord du Spirit of Conrad - ©Spirit of Conrad

A bord du Spirit of Conrad – ©Spirit of Conrad

C’est à bord du Spirit of Conrad, un Challenge 67’, que l’on vogue d’île en île. On peut participer aux manœuvres : larguer les amarres, envoyer les voiles, barrer… ou bien juste profiter du plaisir d’être en mer. Et, le soir venu, on apprécie le mouillage dans des petites criques sauvages ou bien l’escale dans les ports animés de Jersey et Guernesey !

25Avr. 2019

Bientôt le départ à bord du Noorderlicht !

Découvrez le récit de Julie, qui s’apprête à embarquer le 28 juin prochain à bord du Noorderlicht pour accompagner un petit groupe de voyageurs sur la découverte de la côte Nord Ouest du Spitzberg.

Le Noorderlicht près des côtes du Spitzberg

Le Noorderlicht près des côtes du Spitzberg

« C’est avec hâte et grand enthousiasme que j’envisage ce périple. Ce sera déjà pour moi l’occasion de fouler pour la première fois le sol (et les eaux) du Spitzberg après avoir écouté et lu avec attention les récits de mes collègues de l’équipe croisière, que j’ai rejointe il y a quelques mois.

Situé bien au dessus du cercle polaire arctique, l’archipel du Svalbard est particulièrement isolé et est encore aujourd’hui très peu habité. Ses paysages grandioses, sommets acérés et glaciers par centaines en font une destination incontournable pour tous les passionnés de destinations polaires et de nature sauvage (dont je fais bien évidemment partie).

La saison pendant laquelle le voyage se déroule est propice à de nombreuses découvertes et observations. Durant cette période de jour permanent, nous pourrons profiter d’une belle lumière (pour les amateurs de photographie) et aurons d’autant plus de chances d’apercevoir la faune. La banquise, quant à elle sera peut être encore présente au nord de l’île. J’espère que nous aurons l’opportunité de nous en approcher et d’y apercevoir l’ours polaire, le seigneur de l’Arctique.

A bord du Noorderlicht

A bord du Noorderlicht

Pour comprendre cet incroyable environnement, Gérard Bodineau, notre guide tout au long de la navigation, nous fera profiter de ses riches connaissances, de ses anecdotes et de sa grande expérience dans les milieux polaires.

Enfin, le bateau sur lequel nous allons naviguer, le Noorderlicht (signifiant « Lumière du Nord »), merveilleuse goélette construite en 1910 et réaménagée en deux mats, a un cachet indéniable qui confère au voyage une ambiance particulière et goûte l’aventure à plein nez. Il me tarde de m’y poser sur le pont pour observer les paysages défiler et les cétacés danser.

Les charmes de la goélette

Les charmes de la goélette

Il reste encore quelques places à bord ! N’hésitez pas à contacter l’agence Grand Nord Grand Large pour avoir davantage d’informations ou à consulter notre voyage : Au pays des ours polaires du Spitzberg »

01Avr. 2019

Dans les coulisses du Sillage

Sillage, notre voilier de 16 mètres, hiverne dans un petit port du nord de la Norvège à Finnsnes près de Tromsø depuis octobre dernier, en attendant de reprendre sa route vers le Grand Nord.

Le Sillage en hivernage

Après plusieurs semaines de préparatifs en avril pour contrôler le matériel, ré-équiper, avitailler le bateau et caréner, le grand départ pour une nouvelle saison de croisières en Arctique dans l’archipel du Svalbard est envisagé début mai 2019. L’arrivée de Sillage et de son équipage à Longyearbyen au Spitzberg est prévue aux alentours du 15 mai où à nouveau, les préparatifs du bateau iront bon train pour accueillir les passagers de la première croisière de la saison « En route vers les glaciers, au cœur du Spitzberg » prévu du 19 au 26 Mai 2019.

Préparation de la saison, au cœur des vastes étendues blanches.

Cette croisière est une belle opportunité pour découvrir le monde polaire à travers le Spitzberg, sa faune, sa flore et ses glaciers, une destination facile d’accès, sur un bateau confortable et de qualité. Les sorties quotidiennes à terre se feront possiblement en raquettes en fonction de la météo et des conditions de neige.

28Mar. 2019

[Le saviez-vous ?] Aux origines du kayak

Qui a inventé le kayak ? Comment est-il fabriqué ? Quelle est sa fonction première ? Eric Chazal, guide kayak et passionné du Groenland, lève le voile sur l’histoire et la culture du kayak.

Lire la suite…

28Mar. 2019

Randonnée kayak au Spitzberg

Le Spitzberg en kayak, tout un programme ! Gwen Masson Schaeffer, guide et coordinateur dans l’archipel du Svalbard, nous en dit plus. Enseignant à l’Université Savoie Mont Blanc, spécialiste des activités outdoor, adepte et passionné de trail, il aime par dessus tout explorer les grands espaces.

Lire la suite…

26Mar. 2019

Trésors fragiles de l’Alaska

Géographe de formation, breveté Capitaine 200 de la Marine Marchande, Didier Forest est marin de cœur, mais par-dessus tout voyageur. Il est de ces guides à l’épaisse teneur. Ses 69 printemps et ses nombreuses navigations sur les mers du globe, surtout les plus froides, dans les régions de l’Arctique ou de l’Antarctique, lui ont donné un bagage sur des sujets aussi variés que la faune, la flore ou l’ethnologie. Si les pôles sont la grande passion de sa vie, il n’a rien du vieux loup de mer glacé que l’on pourrait s’imaginer. Il peut emmener jusqu’à 6 passagers en sillonnant la côte pacifique de la Colombie britannique à l’Alaska. C’est dans ces contrées que vous pourrez mettre les voiles à ses côtés…

Voilier, Baie du Prince William, Alaska - ©Didier Forest

Voilier, Baie du Prince William, Alaska

Nous sommes en 1984 et Didier Forest s’élance dans sa première expédition, le Spitzberg, qu’il traverse dans sa partie nord en tirant une pulka 17 jours durant. A bord de son voilier, il atteint la banquise à 81°20.  A cette latitude, son moteur très malmené par les glaces sera définitivement hors d’usage et du même coup les batteries, rendant l’électronique inutilisable. Un retour tardif et épique dans le gros temps vers l’Islande fut toutefois facilité par une providentielle éruption volcanique montrant la direction à suivre…

En Polynésie, Didier fait la connaissance du légendaire Paul-Emile Victor et entame son histoire avec l’Antarctique. Il y sera journaliste free-lance, multipliant les reportages sur les bases scientifiques installées dans les contrées gelées de la calotte sud.

Coucher de soleil sur le fjord, Baie du Prince William, Alaska - ©Didier Forest

Coucher de soleil sur le fjord, Baie du Prince William, Alaska

« J’ai beaucoup travaillé sur le réchauffement climatique lorsque j’étais en Antarctique. De 1991 à 1994, alors que j’y faisais des reportages, il existait une base anglaise : Faraday, connue pour être la Mecque de l’ozone. Il y avait là des scientifiques qui analysaient le rétrécissement de la couche d’ozone mais leurs travaux étaient tenus sous le boisseau par les autorités anglaises car à cette époque, c’était le développement du pétrole offshore en Angleterre. On taisait toutes les informations qui condamnaient ces entreprises génératrices de l’effet de serre. On me donnait alors beaucoup d’informations à publier puisqu’eux ne pouvaient pas le faire. J’ai alors développé une conscience plus aiguisée du réchauffement et de ses bouleversements. »

Orques dans la baie du Prince William - ©Didier Forest

Orques dans la baie du Prince William

Aujourd’hui, Didier a à cœur de vous faire connaître les trésors de l’Alaska, victimes eux aussi d’un terrible compte à rebours. Il sera votre skipper sur la croisière Prince William Sound et péninsule de Kenai. « De magnifiques glaciers et une faune exceptionnelle s’offrent à notre vision, mais pour combien de générations encore ? L’été un courant chaud venu du Japon, le Kuro Shivo, génère un micro-climat très doux pour le plus grand bonheur du visiteur, mais accélère le phénomène. Je contribue à faire ma part grâce à cette forme de tourisme : je pense qu’il fait énormément de bien à la cause environnementale parce que tous ceux qui foulent ces terres polaires restent marqués par ce qu’ils voient et deviennent à leur tour d’ardents défenseurs de l’environnement… »

24Jan. 2019

L’hiver en 8 expressions québécoises

Nos amis québécois sont prolixes quand il s’agit d’évoquer l’hiver et ses plaisirs ! Les métaphores météorologiques sont légion. Certaines expressions sont même de véritables petits bijoux d’images qui prêtent à sourire. Petit lexique québécois de la froide saison.

Paysage hivernal, Bas-Saint-Laurent, Québec

 

« Il tombe des peaux de lièvre »

Lorsque la neige tombe en très gros flocons, elle rappelle le pelage des lièvres qui devient blanc en hiver.

 

« Enfiler des pelures »

S’habiller par couches pour se protéger efficacement du froid.

 

« Il fait frette »

Quand l’hiver est rude et qu’il fait plus froid que « froid », on use et abuse de ce superlatif.

 

« Avoir la guédille au nez »

Quand le rhume pointe le bout de son nez, la goutte n’est pas loin ! Cela signifie qu’il est grand temps de se moucher.

Chute blanche, Saint-Edmond-les-Plaines – Lac Saint-Jean, Québec

 

« Attacher sa tuque avec d’la broche »

Alerte tempête de neige ! Attachez bien votre tuque (bonnet) avec de la broche (lanières) pour ne pas qu’elle s’envole.

 

« On ne voit ni ciel ni terre »

Se dit lorsque la neige et le vent rendent la visibilité nulle ou presque.

 

« Être gelé comme une crotte »

De façon (très) imagée, avoir extrêmement froid.

 

« Pas chaud pour la pompe à l’eau »

 Un climat frisquet qui sera même perceptible par les organes génitaux.

Balade en traîneau à chiens, Saint-Edmond-les-Plaines, Lac Saint-Jean, Québec

Vous aussi, partez à la découverte du Québec :